Le séisme d'une intensité de 8,9 qui a frappé le Japon le 11
mars 2011 et ses multiples répliques ont provoqué l'arrêt d'urgence de 11
réacteurs situés entre 50 et 350 km au nord de Tokyo. En l'absence de courant
électrique et de pannes des groupes électrogènes (certains n'ont pu être
alimentés en carburant), les pertes de contrôle de ces réacteurs ont entraîné
une surchauffe progressive des cœurs des réacteurs. Malgré les tentatives
désespérées des ingénieurs qui ont essayé de faire baisser la pression en
ouvrant des soupapes, ou en noyant les bâtiments sous l'eau de mer, la
catastrophe n'a pas pu être évitée. Les informations diffusées ont été
extrêmement confuses… Le Réseau Sortir du nucléaire a rappelé que Tepco, l'EDF local, a
été condamné 27 fois par la justice japonaise pour avoir diffusé de fausses informations
lors d'accidents précédents.
En résumé, à Fukushima, trois fusions partielles de cœurs, deux
incendies de combustible usé et cinq explosions d'hydrogène sont survenues.
Depuis le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, ceci relâche des quantités
colossales de radioactivité dans l'atmosphère. L'agglomération de Tokyo, 35
millions d'habitants est aujourd'hui contaminée. Dans certains quartiers, le
niveau d'exposition atteint 300 fois la normale.
Rappel : Il avait fallut 20 jours pour noyer le
réacteur de Tchernobyl sous le sable, 600 000 personnes y ont été sacrifiées.
25 ans après, selon une récente étude américaine, on approche le million de
morts. La région de Kiev où se trouve le réacteur de Tchernobyl ne comptait que
deux millions d'habitants. La région de Gomel au nord en comptait environ 1,5
million. Il y a donc dix fois plus de personnes exposées aujourd'hui.
Chronologie - Mars
11 mars
- 22h47 (toujours en heure française), l'alerte est atteinte au réacteur n°1
de Fukushima-Daiichi (6 réacteurs, 3 à l'arrêt au moment du tremblement de
terre). Ce réacteur de 439 MWe, mis en route en 1970, présente alors une
radioactivité à l'extérieur de l'enceinte mille fois supérieure à la
normale.
12 mars
- 7h36, l'enceinte du bâtiment réacteur n°1 explose.
La télévision japonaise filme en direct : on voit des flammes
gigantesques sortir du bâtiment et un immense nuage de poussières s'élever
à plusieurs centaines de mètres. Les autorités ont déjà évacué la
population à 10km à la ronde et étendent la mesure à 20 km (50 000
personnes). Elles demandent aux personnes habitant dans un rayon de 50 km
de s'enfermer chez elles. Le vent souffle de sud-est, emmenant le nuage
radioactif au large… et vers l'Alaska et le Canada. A noter que les
réacteurs japonais sont plus résistants aux séismes que les réacteurs
français (cinq enceintes au lieu de trois). Officiellement, c'est une
bulle d'hydrogène qui a fait sauter le bâtiment. Le cœur est alors en
fusion… à l'air libre ! (détection de césium dans le nuage). De l'eau de
mer enrichie en bore est injectée pour essayer de noyer le cœur. La
radioactivité sur le site est alors mesurée à 10 000 fois la normale.
L'utilisation de l'eau de mer provoque une corrosion qui condamne
définitivement le réacteur.
- 13h30, l'alerte est donnée sur le site de Fukushima-Daini (4 réacteurs),
12 km plus au sud et une évacuation des populations commence dans un rayon
de 20 km (50 000 personnes de plus). A la même heure, en France,
l'Autorité de sûreté nucléaire promet la transparence.
- 16h, début de la distribution de pastilles d'iode dans un rayon de 50
km autour des deux sites nucléaires. L'iode protège du cancer de la
thyroïde mais pas des autres cancers : le césium et le strontium
attaquent la moelle osseuse, le plutonium les poumons, le carbone va
partout. L'accident est d'abord estimé de niveau 4 (par
comparaison : Three Mile Island a été classé au niveau 5,
Tchernobyl au niveau 7, le plus haut niveau). Il passera à 6 le
14 mars.
- 16h10 : le gouvernement allemand invite ses ressortissants habitant Tokyo
ou plus au nord à partir vers le sud du pays.
- 21h50, l'AIEA annonce que 140 000 personnes au total ont déjà été
évacuées.
13 mars
- 0h, le gouvernement japonais annonce que sur onze réacteurs arrêtés en
urgence un seul s'est arrêté selon une procédure correcte. Il annonce
également que des délestages électriques (3h par jour à tour de rôle au
moins jusqu'à fin avril, sauf dans le centre de Tokyo) vont être effectués
sur l'ensemble du pays. Il lance un appel à la Russie pour que celle-ci
fournisse plus de gaz.
- 7h47, la radioactivité dans la ville de Miyagi, à 80 km du site de
Fukushima-Daiichi, est annoncée par Tepco comme étant 400 fois supérieure
à la normale.
- 9h, l'ambassade de France à Tokyo incite les résidents français
(environ 9000) à quitter la capitale pour aller plus au sud.
- 10h, Greenpeace s'interroge sur l'usage de l'eau de mer, une solution
"catastrophe" car le sel va non seulement corroder les métaux,
mais en se déposant risque de bloquer des conduites assez rapidement.
- 15h, l'état d'urgence est déclaré à la centrale d'Onagawa, plus au
nord que l'autre, suite à une hausse de la radioactivité (700 fois la
normale). Il pourrait s'agir du nuage radioactif du réacteur n°1 de
Fukushima-Daiichi
- 15h50, six journalistes japonais ont réussi à rejoindre une commune à
2km de Fukushima-Daiichi. Ils se sont arrêtés quand les compteurs de
mesure se sont bloqués à plus de 1000 mSV/heure (cela veut dire qu'en une
heure on reçoit 1000 fois la limite annuelle autorisée pour le public).
Ils dénoncent le fait qu'ils n'ont vu aucun panneau sur la route, ni aucun
barrage policier pour les empêcher de passer.
- 18h, manifestation de 3 à 500 personnes à Paris, place du Trocadéro, à
l'appel du Réseau Sortir du nucléaire. Présence de Dominique Voynet, Eva
Joly, Jean-Luc Mélanchon.
- 20h, au JT de France 2, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de
l'écologie dénonce l'opportunisme des antinucléaires français et se
félicite du "retour d'expériences qui va permettre d'améliorer la
sûreté des centrales en France". Henri Guaino, conseiller spécial du
président Nicolas Sarkozy, déclare lui : "L'accident nucléaire
au Japon pourrait favoriser l'industrie française dont la sécurité est une
marque de fabrique". Jean-François Coppé : "En aucun cas,
ces accidents ne doivent remettre en cause les choix stratégiques du pays
en matière d'énergie". Eric Besson : "Cet accident n'a rien
à voir avec Tchernobyl".
- 21h, l'autorité de sûreté nucléaire du Japon annonce que 6 réacteurs
au moins sont en difficulté : les réacteurs 1, 2 et 3 de
Fukushima Daiichi, les réacteurs 1, 2 et 3 de Fukushima Daini (à
12 km du premier site) où des soupapes ont été ouvertes pour éviter
l'explosion des bâtiments, libérant autant de nuages radioactifs.
- 21h, Nicolas Hulot et `Daniel Cohn-Bendit demandent un référendum sur
la question du nucléaire.
- 23h30, explosion du réacteur n°3 de Fukushima Daiichi (760 MW). Celui-ci
fonctionne depuis le 22 septembre 2010, avec un combustible mixte
uranium-plutonium (Mox) fourni par Areva, beaucoup plus toxique que le
premier réacteur. Sept personnes travaillant sur la centrale sont portées
disparues. Le système de refroidissement est détruit. Au moins 90
personnes intervenant dans la zone évacuée ont été irradiées.
14 mars
- 4h, la radioactivité monte au nord de Tokyo : le nuage parti de
Fukushima 1 revient du large à la suite du changement de sens du
vent. Il semble aussi que le nuage qui sort de Fukushima 3, plus
radioactif que l'autre, soit plus important.
- 5h, le gouvernement des Etats-Unis annonce que son porte-avion Ronald Reagan placé en secours au large du Japon pour
l'alimentation des hélicoptères, a traversé un nuage radioactif important
et que son équipage a reçu une dose équivalant au maximum autorisé en un
mois.
- 14h, le gouvernement japonais annonce que 180 000 personnes sont
déplacées autour des différents sites nucléaires et au moins 187 personnes
contaminées.
- 16h, le réacteur n°2 de Fukushima semble maintenant en péril.
L'exploitant annonce son intention de relâcher des gaz pour éviter une
explosion plus grave.
- 18h, Angela Merckel annonce la suspension des autorisations de
prolongement des réacteurs nucléaires allemands… pour trois mois.
Concrètement, deux centrales devraient donc être arrêtées. Des
manifestations pour l'arrêt du nucléaire se déroulent spontanément dans
450 villes, réunissant plus de 100 000 personnes.
- 20h, les associations qui ont participé au Grenelle de l'Environnement
ont rencontré Nicolas Sarkozy lors d'une réunion prévue de longue date.
Elles ont demandé l'ouverture d'un débat sur la question du nucléaire et
de l'énergie en général (pétrole, gaz de schistes, renouvelables,
économies d'énergie…). En réponse, Sarkozy a répondu "Pas question de
sortir du nucléaire". Sarkozy s'est même vanté devant des
parlementaires UMP : «Si on a perdu des marchés et des appels
d’offres, c’est parce qu’on est les plus chers. Et si on est les plus
chers, c’est parce qu’on est les plus sûrs !» Et le plus gros
mensonge : «L’EPR, je connais bien le chantier, j’y suis allé
plusieurs fois. Je suis désolé de dire ça, mais on a la double coque ! Le
principe de la double coque, c’est que si un Boeing 747 s’écrase sur une
centrale, le réacteur n’est pas touché». Rappelons que le Réseau Sortir du
nucléaire a été poursuivi en justice (mais a bénéficié d'un non-lieu) pour
avoir rendu public en 2003 un document "confidentiel défense"
qui dit exactement le contraire.
- 20h, le gouvernement suisse annonce la suspension des projets de
nouveaux réacteurs dans le pays et une étude sur la poursuite des cinq
réacteurs actuellement en fonctionnement. Le gouvernement indien annonce
une inspection générale de ses installations (20 petits réacteurs pour
4780 MW au total)
- 20h, la plupart des grandes entreprises françaises, Areva en tête, ont
fait évacuer leurs salariés vers la Corée du Sud, Hong-Kong ou la France.
Air-France annonce que ses vols sont saturés.
- 21h45, la fusion des cœurs des réacteurs 1 et 3 de
Fukushima-Daiichi est officielle. Comme ces réacteurs sont à l'air libre,
cela signifie que le nuage qui en sort est de plus en plus radioactif.
15 mars
- 0h03, explosion du réacteur n°2 de Fukushima-Daiichi. Le personnel
avait été en partie évacué. Selon Tepco, il reste 50 personnes sur le site
de Fukushima-Daiichi. 800 ont quitté leur poste. C'est la confusion
totale, plus rien n'est sous contrôle. L'armée américaine est appelée en
renfort. La radioactivité au niveau de la centrale est 10 000 fois
supérieure à la limite autorisée.
- 0h30 : le vent tourne et le nuage radioactif se dirige vers Tokyo. Le
gouvernement lance un appel : les femmes et les enfants sont
encouragés à partir vers le sud de l'archipel ou à l'étranger.
- 1h30 : les journalistes sont interdits à moins de 30 km de la centrale.
200 000 personnes vivant entre 20 et 30 km du site sont en cours
d'évacuation. Le survol des lieux est interdit dans un rayon de 30 km.
- 2h : nouvelle explosion sur le réacteur n°2 avec brutale hausse de la
radioactivité. La radioactivité au niveau de la centrale est 70 000
fois supérieure à la limite autorisée. Une telle exposition pendant douze
heures est considérée comme mortelle. Le cœur du réacteur n°2 pourrait
être à l'air libre.
- 7h : le site du Spiegel en Allemagne publie une première carte de la dispersion
du nuage radioactif et des entretiens avec des spécialistes
allemands : ceux-ci pensent qu'il ne peut s'agir d'une explosion
d'hydrogène, mais bien d'une explosion nucléaire, et ceci pour les trois
réacteurs.
- 8h50, Le Monde annonce que les habitants de la côte ouest des
Etats-Unis se jettent sur les pastilles d'iode.
- 9h44, alors que les réacteurs 4 à 6 de Fukushima-Daiichi sont à
l'arrêt, des déchets du réacteur n°4 stockés dans une piscine proche du n°3
se retrouvent à l'air libre, l'eau s'évaporant, l'agence de presse Kyodo
annonce que des déchets se sont enflammés. Or ces déchets sont très
radioactifs. Les réacteurs 5 et 6 présentent aussi une chaleur
anormale.
- 10h15, Le niveau de radioactivité relevé dans la préfecture de Chiba,
située juste à l'est de Tokyo, est plus de dix fois supérieur à la
normale, rapporte l'agence de presse Kyodo. A Kanagawa, 10 fois plus que
le normal. A Ibaragi, 100 fois la normale. La pluie commence à tomber,
précipitant les particules radioactives au sol.
- 10h25, Deux brèches de huit mètres de large sont apparues dans
l’enceinte extérieure du réacteur n°4 de la centrale Fukushima-Daiichi,
réacteur à l'arrêt mais soumis à une chaleur extrême.
- 10h49, selon l'AFP, Dominique de Villepin a interpellé le gouvernement
en l'accusant d'être dans le déni.
- 12h, Le gouvernement allemand a décidé d'arrêter provisoirement sept
réacteurs nucléaires construits avant 1980 (il en resterait donc 10 en
activité).
- 12h, "On s'achemine vers une catastrophe nucléaire" déclare
à la presse Nathalie Kosciusko-Morizet.
- 13 h, des rassemblements silencieux se tiennent dans une trentaine de
villes en France (200 personnes à Marseille, Lyon, Bordeaux, Mulhouse, 100
à Paris, Grenoble…)
- 17h, Le titre Areva a perdu 18 % à la bourse en deux jours. C'est
Areva qui avait fourni le Mox pour le réacteur n°3 de Fukushima-Daiichi.
Celui de Tepco a perdu 42 %.
- 17h15, Radio-France donne l'ordre à ses sept journalistes présents au
Japon de quitter le pays. France-Télévision fait de même à 22h30. RTL,
Europe 1, i-télé annoncent le repli de leurs équipes à Osaka. Alors
que France 24 donne l'ordre à ses journalistes d'essayer d'aller plus
au nord !
- 22h45, début d'incendie visible sur le toit du réacteur n°4 de
Fukushima-Daiichi. Des techniciens collectent des données à partir d'un
abri situé à l'extérieur des réacteurs et en allant sur place quelques
minutes seulement.
16 mars
- 0h20, l'incendie sur le réacteur n°4 semble éteint.
- 2h, le vent tourne et le nuage épargne maintenant Tokyo. La
radioactivité y est toutefois encore de 300 fois plus haute que la
normale. Dans les gares, les trains partent bondés vers le sud.
- 3h30, après une baisse de la radioactivité locale, 700 personnes sont
mobilisées et se relaient par groupe de 70 pour injecter de l'eau sur les
réacteurs 1 et 3. Ces "liquidateurs" sont médicalement
condamnés.
- 4h56, nouveau séisme de niveau 6 dont l'épicentre est au sud-ouest
de Tokyo.
- 7h45, la Chine bloque les mots "fuite" et
"nucléaire" sur son réseau internet.
- 8h45, Tepco annonce que la température des piscines de stockage des
déchets des réacteurs 5 et 6 est en hausse.
- 9h45, la direction d'urgence du département Fukushima annonce que dans
l'eau potable à la ville de Fukushima (environs 60 km du site), on mesure déjà
de l'iode (177 Becquerel/kg) et du césium (58 Becquerel/kg).
- 12h, déclaration de Nicolas Sarkozy : "La France a fait le
choix de l'énergie nucléaire, qui constitue un élément essentiel de son
indépendance énergétique et de la lutte contre les gaz à effet de
serre". Cocorico ! Le réseau Sortir du nucléaire réagit
immédiatement : "le président Sarkozy privilégie la santé de
l'industrie nucléaire à celle des Français". Réaction de Jean-Luc
Mélanchon : "Une autruche dirige notre pays".
- 13h15, Tepco annonce que les ouvriers se relaient à l'intérieur des
réacteurs, mais que la radioactivité est telle qu'ils ne restent chacun
qu'une minute !
- 13h02, la députée de Moselle et secrétaire nationale du PS à l'Energie,
Aurélie Filippetti, déplore une "vision dépassée" de son parti
sur "le risque nucléaire", appelant les socialistes à "une
prise de conscience" et à "enfin changer de doctrine".
"Montrons aux Français que la gauche socialiste et écologiste sait
travailler main dans la main sur des sujets aussi majeurs à l'heure d'une
crise inédite". Le Bureau national du PS, le 15 mars, a refusé l'idée
d'un moratoire sur l'EPR et de fixer une limite d'âge pour les réacteurs,
proposition faite par Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes et amateur
d'aéroport. Martine Aubry l'engueule publiquement dans les heures qui
suivent et affirme que le nucléaire mérite un débat ou une commission… il
est surtout urgent de ne se pas se mouiller !
- 15h30, Public Sénat, télévision officielle du Sénat retransmet une
réunion d'urgence entre parlementaires, gouvernement et représentant du
nucléaire en France. En parallèle, il est demandé pendant l'émission aux
auditeurs de répondre à un sondage sur internet : faut-il fermer les
vieux réacteurs nucléaires ? Résultat : oui à 84 %.
- 16h, la radioactivité dans la ville de Namie, à 8km au nord des
réacteurs, ville totalement évacuée, est de 6600 fois supérieure à la
normale. A Ibaraki, à 130 km au sud, alors que la population n'y est
même pas confinée, elle est de 300 fois la normale.
- 19h10, la CRII-Rad publie un communiqué indiquant que les travailleurs
sur le site sont soumis à des radiations 4 millions de fois supérieures au
niveau naturel… et qu'ils sont donc sacrifiés.
- 19h54, niveau de radiations extrêmement élevé au niveau du réacteur n°4,
du fait de l'absence d'eau dans les piscines de stockage.
- 21h, aux Etats-Unis, un responsable du MIT, Massachusset institut of
technology, dit à la télévision : "c'est un cauchemar au
ralenti".
- 21h16, l'armée française envoie des comprimés d'iode à Saint-Pierre-et-Miquelon,
donc à l'est du Canada, ce qui signifie que le nuage pourrait être encore
dangereux malgré déjà une distance de l'ordre de 10 000 km.
- 23h, commentaire sur le site du Réseau Sortir du nucléaire, en dessous
d'une liste d'incidents du même genre que ceux qui ont entraîné la
catastrophe japonaise : quand un dinosaure n'évolue pas assez vite,
il doit disparaître.
17 mars
- 12h, Enercoop, coopérative qui, en France, ne vend que de
l'électricité provenant d'énergies renouvelables, annonce une
multiplication par trois du nombre de nouveaux souscripteurs.
- 16h, l'AFP, sans doute bien informée, déménage ses bureaux de Tokyo à
Osaka. L'Ambassade des Etats-Unis, sans doute bien informée, invite ses
ressortissants à quitter l'île principale de l'archipel. L'ambassade de
France distribue des pastilles d'iode aux 3000 Français (sur 7000) qui
résident encore à Tokyo. Beaucoup de Français ne partent pas parce que
leur belle-famille japonaise ne peut ou ne veut pas partir. L'ambassade
d'Allemagne déménage à Osaka.
- 16h30, la préfecture de Fukushima met en place des bus pour toutes les
personnes qui veulent quitter les lieux, au-delà des 20 km déjà
évacués.
- 17h30, à la demande de Tepco, Areva envoie cinq
tonnes de matériels (gants, combinaisons, masque à gaz, sel de bore…
- 20h, France 2, François Fillion : "S'il apparaissait qu'une
centrale française présente le moindre risque à l'issue des tests, elle
serait fermée". Réponse du Réseau : si vous dites vrai, alors
vous pouvez fermer toutes les centrales, elles présentent toutes des
risques !
- 22h44, sur France-Info, Martine Aubry déclare "nous avons demandé
dès le départ un moratoire, qu'il n'y ait plus de capacité nucléaire qui
soit développée et même de réduire la part du nucléaire dans notre
production énergétique".
18 mars
- 0h30, CNN annonce que plusieurs avions atterrissant aux Etats-Unis et
ayant survolé le Pacifique présentent un taux de radioactivité extérieur
important, mais qu'aucun passager n'a été contaminé.
- 11h25, des ingénieurs du nucléaire évoquent sur France-Info que la seule
solution est peut-être d'enterrer le site sous du sable et du béton. A
14h, l'AFP reprend l'information en faisant une faute d'orthographe
incroyable : ils parlent de "sarkophage" !
- 12h, point presse de l'ASN, Autorité française de sûreté nucléaire,
Philippe Jamet : "La plupart des réacteurs nucléaires au monde
seraient en grande difficulté s'ils avaient été confrontés aux mêmes
catastrophes naturelles qu'a subies la centrale japonaise de Fukushima la
semaine dernière". "Très franchement, beaucoup de spécialistes,
sinon tous, ont été très surpris de voir qu'on pouvait perdre en même
temps l'électricité et la source froide [système de refroidissement],
c'est cataclysmique" Selon Jean-Marie Brom, physicien nucléaire,
proche du Réseau, de multiples scénarios peuvent conduire à une perte de
refroidissement tels que ce qui se passe au Japon. Il n'y a besoin pour
cela ni de séisme, ni de tsunami.
- 13h, Nicolas Sarkozy a téléphoné au premier ministre japonais pour lui
présenter ses condoléances, lui assurer le soutien de la France… et lui
proposer de l'aide pour la reconstruction du pays (avec quelques réacteurs
EPR au passage ?)
- 18h : Maria Roth-Bernasconi, conseillère nationale (=députée) au
parlement fédéral suisse, est intervenue au Conseil national à propos de
la centrale nucléaire de Bugey pour poser la question suivante au
gouvernement suisse : " Qu'entreprend le Conseil fédéral pour
inciter le gouvernement français à arrêter cette centrale nucléaire, un
vrai danger pour la population genevoise ?"
- 18h, le nuage radioactif est détecté pour la première fois en
Californie (7500 km de Tokyo) et dans la région centrale de Russie, à
Kamchatka (1600 km de Tokyo).
19 mars
- 10h, interview de Svetlana Alexievitch, auteure de La supplication, par
l'agence Reuters : "Les gens que j'ai rencontrés au Japon
m'ont dit que chez eux un Tchernobyl bis serait impossible. En France, en
Allemagne et aux Etats-Unis, j'ai entendu la même chose : leurs
centrales sont les plus sûres au monde. Mais l'académicien soviétique
Anatoli Alexandrov me disait la même chose il y a 25 ans : les
centrales soviétiques sont tellement sûres qu'on peut en construire une
sur la place Rouge".
20 mars
- 7h, des parlementaires allemands rendent public un rapport secret
portant sur des tests de résistance menés dans l'ensemble des 17 réacteurs
du pays : le rapport conclut qu'aucun réacteur n'est à la hauteur des
normes exigées.
- 8h, le CNIC, Centre citoyen d'information du nucléaire, sorte de
CRII-Rad japonais, demande l'évacuation des personnes confinées entre 20
et 30 km de la centrale mais également l'évacuation au-delà des
30 km en commençant par les femmes enceintes.
- 8h07, relâchement volontaire de gaz radioactif au réacteur n°3 pour
faire baisser la pression : les apports d'eau de mer ne suffisent pas
à faire baisser la température. Le personnel est évacué le temps que la
radioactivité s'éloigne.
- 9h, Taïwan cesse ses importations de nourriture depuis le Japon après
la découverte de fèves contaminées.
- 15h, Des rassemblements se tiennent dans 130 villes de France. A
Paris, un millier de personnes se retrouvent devant l'Assemblée nationale.
Près de 10 000 ont manifesté près de Fessenheim… avec une majorité
d'Allemands. Il y avait 300 personnes à Nantes, 200 à Caen, à Bayonne, à
Lille… Au total, environ 20 000 manifestants.
- 19h, Les Echos publient un bilan des cotations en bourse depuis une
semaine : les compagnies minières d'uranium reculent de 26 à
41 %. Toutes les compagnies électriques qui ont des réacteurs nucléaires
sont en baisse. Tepco est évidemment en tête avec 57 %.
21 mars
- 5h, vent du nord et pluie : le taux de radioactivité sur Tokyo
est en forte hausse. Le gouvernement japonais est dans le déni complet et
continue à dire que tout va bien !
- 5h, Tepco annonce que les six réacteurs ne pourront plus jamais
refonctionner et qu'il faudra une dizaine d'années pour démanteler la
centrale en raison de la radioactivité. C'est n'importe quoi : même
un réacteur arrêté sans accident nécessite plus de temps que cela !
- 10h, la CRII-Rad publie les premières analyses sur des aliments
provenant de la région agricole au nord de Tokyo, à 100 km de la
centrale : alors que la limite pour la consommation est de 600 bq/kg,
des épinards, cueillis le dimanche, ont été mesurés avec des taux de 6000
à 15 000 bq/kg pour le seul iode131.
- 14h30 : un journaliste japonais transmet au Réseau Sortir du nucléaire des photos du centre de mesure de
la radioactivité de la région nord du Japon. Les bâtiments, construits à
côté du site d'Onagowa, plus au nord que Fukushima Daiichi, ont été
totalement détruits par le tsunami, ce qui explique en partie les
difficultés des Japonais à faire un suivi de l'évolution du nuage
radioactif. Intelligemment, le centre a été construit à deux mètres
au-dessus du niveau de la mer.
- 15h30, les dernières mesures communiquées par Tepco montrent une
augmentation de la radioactivité en césium 134 et 137, deux éléments qui
ne peuvent provenir que du cœur des réacteurs.
- 17h30, Michèle Rivasi, députée EELV, fondatrice de la CRII-Rad, dénonce
l'annonce faite par les ministres européens de l'énergie d'un test de
résistance dans l'ensemble des réacteurs européens. Pour elle, il ne
s'agit que d'une opération de communication. Pour le groupe des Verts au
Parlement, la priorité est de fermer les réacteurs les plus dangereux.
- 19h : Europe-Ecologie Les Verts rendent public un sondage commandé à
l'Ifop et réalisé entre le 15 et le 18 mars auprès de 1008
personnes : 30 % sont pour continuer le programme nucléaire et
construire de nouveaux réacteurs ; 51 % sont pour un arrêt du
programme progressif sur 25 à 30 ans, 19 % sont pour un arrêt rapide.
Dans le détail, on constate qu'il y a quand même 10 % des l'électorat
écolo pour la poursuite du nucléaire (26 % chez celui du PS,
27 % chez celui du FN, 55 % pour l'UMP), 32 % de
l'électorat écolo est pour sortir rapidement (20 % pour le Fn,
18 % pour le PS, 6 % à l'UMP). Il y a une énorme différence
entre les hommes et les femmes : 43 % des hommes veulent encore
du nucléaire… contre seulement 18 % des femmes ! Il y aussi une
différence avec les âges, les plus pro-nucléaires sont les plus de 65 ans
(47 %). Différence selon la région : ce sont les Parisiens les
plus pro-nucléaires (35 %). Donc, le plus souvent, le pro-nucléaire
est aujourd'hui un Parisien à la retraite.
- 19h30, dans le "Grand journal" de Canal+, Martine Aubry
annonce "Dans un premier temps, il faut faire un audit des 58
réacteurs, regarder Fessenheim, qui s'en occupe, (...) regarder celles qui
sont sur les zones inondables (...) Il faut un moratoire (...). Il faut
baisser le nucléaire. Je crois qu'il faut sortir du nucléaire, soyons
sérieux, il faut aller vers une sortie en 20 ou 30 ans. La France est
tributaire à plus de 75 % du nucléaire. (...) Pendant ce temps, il
faut accroître la part des énergies renouvelables (...) Je vais même plus
loin, il y a en France une filière nucléaire avec des compétences, il faut
faire un transfert de ces compétences vers la gestion des déchets, les
énergies renouvelables (…) Nous devons immédiatement rentrer dans une
transition énergétique. Ce sera dans le programme électoral du PS en
2012".
- 20h, le nuage a atteint les Antilles françaises, mais le niveau de
radioactivité y est tout juste mesurable. Aucune mesure n'a été mise en
place. Selon les autorités, on est en dessous du millième du nuage
au-dessus de la France en 1986.
- 22h : plusieurs collectivités allemandes comme le district de Fribourg
ont engagé une démarche pour demander au gouvernement français de fermer
les réacteurs de Fessenheim (Alsace).
- 23h20, des médias révèlent que Tepco avait arrêté d'assurer le site de
Fukushima en août 2010, le prix étant jugé trop élevé. D'après la loi,
Tepco est responsable des dommages jusqu'à hauteur de 120 milliards de yens
(environ 1 milliard d'euros). Après c'est l'Etat qui prend le relais.
Areva devrait également être inquiété puisqu'ayant fourni le Mox pour le
réacteur n°3.
22 mars
- 4h45, le gouvernement japonais indique ne pas envisager d'évacuation
au-delà des 20 km déjà évacués. Pourtant des mesures sont
alarmantes : au sol, à 40 km du site, on a 430 fois la dose
limite autorisée en iode 131, 47 fois plus en césium137.
- 8h, dans 20 Minutes, un article "Peut-on évacuer 35 millions de
Tokyoïtes ?". Bonne question.
- 10h, Sud-Energie demande dans un communiqué un débat sur l'énergie et
l'engagement de l'Etat en cas de réorientation, de donner les moyens aux
salariés actuels du nucléaire de se reconvertir dans les autres filières.
- 12h, la radioactivité dans les rues de Tokyo est en forte
hausse : alors qu'à l'intérieur du CNIC, un organisme d'Etat, on
mesure 0,07-0,08 microsivert, à l'extérieur, entre 11h et 18h, le taux est
passé de 0,21 à 0,29 (+38 %). Le gouvernement a lancé une campagne de
mesures sur les fruits de mer et les poissons, la mer présentant une forte
radioactivité au pied des réacteurs. L'eau de mer est 80 fois trop
radioactive à 8 km du site, 27 fois à 10km du site. Pour la première
fois, des journalistes japonais posent la question d'évacuer la population
de Tokyo. Etendre seulement l'évacuation à 80km autour du réacteur
nécessiterait déjà d'évacuer 7 millions de personnes.
- 13h, Tepco donne un inventaire : dans les piscines des six
réacteurs, il y a 4546 grappes de barres de combustibles usés extrêmement
radioactives.
- 16h, le courant est rétabli dans la salle de contrôle du réacteur n°3.
- 17h, une coalition de gauche réunissant des partis allemands et
autrichiens lancent une campagne pour obtenir un référendum au niveau
européen. L'annonce est faite par le premier ministre autrichien, Werner
Faymann (socialiste).
- 18h, les autorités des cantons suisses de Bâle Ville, Bâle Campagne
demandent au gouvernement français de fermer Fessenheim.
- 18h45, le gouvernement italien annonce le report d'un an du référendum prévu
en juin 2011 qui devait annuler celui de 1987 qui a interdit la
construction de centrales nucléaires en Italie après l'accident de
Tchernobyl.
- 21h, Les Echos révèlent qu'EDF vient de demander au gouvernement une
hausse de 30 % du prix de l'électricité sur cinq ans pour financer le
renouvellement du parc nucléaire !
- 23h30, nouveau séisme de magnitude 6,6 à 415 km au nord de Tokyo.
23 mars
- 6h50, les autorités japonaises interdisent la consommation de l'eau du
robinet pour les bébés, l'eau étant trop radioactive (210 bq/l, limite
pour les bébés : 100).
- 8h30, alors qu'une fumée de plus en plus intense s'échappe du réacteur
n°3 et que le taux de radioactivité augmente, tout le personnel présent
est à nouveau évacué. On mesure un record de radioactivité : 500
mSv/h.
- 10h45, la radioactivité mesurée dans l'air à Tokyo augmente encore.
- 13h, la Gesellschaft für Strahlenschutz (société pour les rayonnements
ionisants), l'équivalent allemand de l'IRSN, donc un organisme officiel,
demande au gouvernement japonais d'étendre les mesures d'évacuation.
- 18h,Le Canard enchaîné révèle qu'il n'y aucun plan pour l'Ile-de-France en cas
d'accident nucléaire car selon la préfecture "il n'y a pas de
centrales nucléaires dans la région". C'est vrai, la centrale de
Nogent-sur-Seine est à 8 km de la limite de la région ! (et à 225 km de
Paris, soit sensiblement la même distance qu'entre Fukushima et Tokyo)
- 23h, des experts russes évoquent la possibilité que la situation
puisse dégénérer de manière pire que Tchernobyl.
- 23h, après un creux provoqué par les problèmes économiques prévisibles
du Japon, le pétrole est revenu au même niveau qu'avant l'accident (106
$).
24 mars
- 7h, par miracle, l'eau du Tokyo redevient potable pour les bébés…
après une journée de ruée des Tokyoïtes sur les bouteilles d'eau. Petit
calcul : pour assurer 3 litres d'eau par habitant, soit 100 000 m3 d'eau,
il faudrait que 300 avions cargos assurent trois rotations par jour. Ceci
explique peut-être cela…
- 7h, un député japonais demande au gouvernement combien sont payés les
intervenants sur le site de la centrale. Réponse : une prime de 520 yens
(4,5 €) par intervention pour les pompiers et 5500 yens (48 €) par jour
pour intervention en zone radioactive. Pour les autres intervenants, des
primes inférieures à 1680 yens (15 €) par jour. Ce sera difficile
d'acheter des cercueils de luxe ensuite !
- 8h, dans Libération, excellent texte de Bernard Laponche : "le
moyen le plus dangereux pour faire bouillir de l'eau" qui rappelle
que le nucléaire ne sert qu'à ça et qu'il est très facile d'avoir de l'eau
à 320°C avec un four à concentration solaire.
- 8h, gros scandale en Allemagne : les médias annoncent qu'une réunion
secrète entre le patronat et le gouvernement s'est tenue après l'annonce
de maintenir la sortie du nucléaire. Au cours de cette réunion, le
gouvernement a voulu rassurer le patronat en lui annonçant que ce n'était
que pour la durée des élections qui se tiennent le 27 mars.
Malheureusement, un des patrons présents n'a pas apprécié et a donné
l'info aux journalistes… Le patron des patrons a démissionné le 25 mars.
- 9h, les autorités autrichiennes estiment que le nuage radioactif
correspond déjà à 20 % de l'iode 131 libéré par Tchernobyl et 50 % du
césium 137.
- 10h, la CRII-Rad proteste contre les blocages qu'elle rencontre pour
obtenir les relevés de radioactivité dans les pays survolés par le nuage
radioactif. Il y a un réseau international, le CTBTO qui a des moyens de
détection très poussés pour détecter d'éventuels essais nucléaires
militaires clandestins, mais celui-ci est contrôlé en France par le CEA, à
l'international par l'AIEA. En France, la CRII-Rad n'a pour le moment pas
mesuré de hausse de la radioactivité. En Allemagne, les laboratoires
équivalents non plus.
- 14h, aux Etats-Unis, dans les trois Etats de la côte ouest
(Californie, Orégon, Washington), de l'iode radioactif a été détecté dans
l'air. Pour le moment, les taux sont qualifiés de "faibles" par
les autorités.
- 17h, trois techniciens irradiés sont hospitalisés après avoir marché
dans une nappe d'eau radioactive. Selon les dosimètres, l'eau était 10 000
fois plus radioactive que ce que l'on trouve dans les canalisations
habituellement. Le premier ministre japonais fait ce commentaire :
"Ils sont préparés à la mort" et remercie les ouvriers qui sont
présents sur le site.
- 17h, dans Paris-Match, l'ambassadeur de France fait
remarquer : « Ce sont ceux qui connaissaient le mieux le sujet qui se sont
affolés les premiers ». Les employés d’Areva ont déguerpi dès le lendemain
du tsunami. Il annonce aussi que l'Ambassade a son propre matériel de
mesure pour la radioactivité… mais ne communique pas les résultats.
- 19h, sortie du film Un samedi anodin d'Alexandre Mindadze, à Moscou.
Le film raconte comment un jeune instructeur du parti communiste ukrainien
de Pripiat apprend par hasard l'explosion de la centrale de Tchernobyl. Et
le déni ensuite concernant les risques. Bis repetita au Japon ?
- 21h, Aux Etats-Unis, polémique sur le devenir de la centrale d'Oyster
Creek, mise en route en 1969 à Lacey (New Jersey, à 137 km à l'ouest de
New York), cette centrale nucléaire qui date de 1969 est la plus ancienne
en fonctionnement, elle est de même conception que Fukushima 1 dont elle
est l'aînée d'un an.
- 23h, le gouvernement japonais conseille l'évacuation pour les gens
confinés dans la zone de 20 à 30 km "car la situation peut encore
durer longtemps", mais ne prend pas de mesure pour les distances plus
grandes… où commencent les grandes villes comme Fukushima (290 000
habitants) ou Iwaki (350 000 habitants). Selon la télévision NHK, des taux
de 2,5 millions de Bq par kilo ont été mesurés dans l'herbe sur une
commune située à 40 km du réacteur.
25 mars
- 10h, les autorités japonaises interdisent la consommation des légumes
cultivés dans les potagers de la préfecture de Tokyo après avoir relevé
des taux de contamination supérieurs aux 500 bq/kg autorisés.
- 11h30, les autorités suisses indiquent avoir mesuré une hausse de la
radioactivité à 6000m d'altitude, mais à des taux très faibles. Rien au
sol.
- 12h15, conférence de presse du premier ministre japonais : la situation
à la centrale nucléaire de Fukushima reste imprévisible". Les
opérations sur le site sont ralenties du fait de la hausse de la
radioactivité.
- 14h, Interrogé au sommet de l'Union européenne, Sarkozy promet de fermer
les centrales qui ne seraient pas sûres.
- 15h50, les compagnies japonaises Kensai Electric Power et Chubu Electric
Power annoncent repousser à 2013 une commande de combustible MOX qui
aurait dû être livrée par Areva, ceci alors que le transport était prêt à
partir de France.
- 21h, En 2009, Maurice Eugène André, ancien officier de la protection
nucléaire belge, explique qu'il était encore possible que l'on ait une
explosion nucléaire à Tchernobyl. Le plutonium présent dans le cœur pourrait
migrer vers le bas du fait de la forte densité du plutonium (19,84 fois
plus lourd que l'eau) et il suffirait de 6 kg, soit 0,3 litres seulement
pour que la réaction nucléaire s'amorce. Le cœur de Tchernobyl ne s'est
toujours pas refroidi, 25 ans après. Dans le cas de Fukushima 3, c'est non
seulement possible, mais à craindre dans les mois qui viennent du fait de
la présence de MOX avec 10 % de plutonium.
- 22h40, le professeur Hiroaki Koïde, de l'Université de Tokyo, estime que
l'accident a maintenant atteint le niveau 7. Il dénonce le manque de
mesures de sécurité : alors qu'à Tchernobyl, la zone interdite a été
déterminée par un niveau de pollution au sol de 550 000 bq/m2 au sol, des
mesures indiquent qu'à Iitate, à 40 km du site, nous en sommes déjà 3 260
000 soit 6 fois plus et les gens n'y sont même pas confinés.
26 mars
- 8h, 17 salariés de la centrale sont déjà hospitalisés dans un état
grave.
- 12h, des mesures en Allemagne indiquent que le taux d'iode 137 est
monté à 0,003 mbq/m3. Deux heures plus tard, l'IRSN annonce qu'en France,
le taux maximum a été relevé sur le sommet du Puy-de-Dôme à 0,012 mbq/m3.
Un niveau extrêmement faible.
- 13h, Tepco annonce que c'est le 40e anniversaire du réacteur de
Fukushima n°1 et que les responsables sont "désolés" que cela
soit dans de telles circonstances !
- 14h, les autorités de la ville de Sendai, plus d'un million
d'habitants, à 100 km au nord du réacteur et largement contaminée par le
nuage radioactif, s'interrogent sur la nécessité de faire évacuer les enfants.
- 15h, manifestations antinucléaires monstres dans quatre villes
d'Allemagne : plus de 200 000 manifestants en tout selon la police,
250 000 selon les organisateurs. Egalement plus de 1000 manifestants à
Genève pour demander l'arrêt des réacteurs suisses.
27 mars
- 11h, 300 lycéens ont manifesté à Tokyo et autant à Nagoya (grande
ville au sud de Tokyo) pour demander l'arrêt du nucléaire.
- 17h, 1300 manifestants à Schengen (Luxembourg), à l'appel de 36
communes luxembourgeoises qui demandent à la France l'arrêt de la centrale
de Cattenom.
- 20h, la CDU, droite au pouvoir, perd les élections régionales dans le
land du Bade-Wurtenberg (Stuttgart), à droite depuis 1953. Les Verts font
24,2 % des voix et devancent le SPD : la présidence de la région devrait
donc leur revenir. Le gouvernement perd sa majorité dans la chambre haute.
28 mars
- 4h, 32e anniversaire de l'accident de Three-Mile Island, en
Pennsylvanie. A l'époque, un nuage radioactif a été provoqué pour éviter
que le réacteur n'explose. Le cœur a partiellement fondu. 100 000
personnes avaient été évacuées et 400 femmes enceintes de moins de trois
mois avortées pour éviter le risque de bébés malformés. Aucun chantier de
centrale nucléaire n'a été mis en route aux Etats-Unis depuis cette date.
- 8h, une manifestation antinucléaire s'est tenue à Séoul (Corée du
Sud) pour demander la sortie du nucléaire. Le gouvernement a annoncé une
inspection générale des réacteurs du pays.
- 8h, un sondage publié dans La Tribune indique que 47 % des Français
sont inquiets de l'arrivée du nuage radioactif. Les femmes (57 %) plus que
les hommes (43%). Seuls 11% des personnes qui votent écolo font confiance
au gouvernement pour les informer, 17 % pour ceux qui votent PS… et 66 %
pour ceux qui votent UMP.
- 9h, le gouvernement annonce l'interdiction d'utiliser les eaux de
pluie pour la distribution d'eau dans tout le Japon.
- 12h45, un employé de la centrale explique comment il travaille : il
mange de la nourriture en conserve, dort sur place… dans une salle contaminée
et donc prend des doses 24h sur 24.
- 14h, intervention du gouvernement japonais à la télévision pour
expliquer aux personnes évacuées qu'il ne faut pas revenir chez eux ! Ce
qui signifie que la zone n'est pas bouclée
correctement.
- 20h, du plutonium a été détecté dans plusieurs échantillons de sol
prélevés autour de la centrale. Le plutonium est non seulement radioactif,
mais aussi un violent poison chimique. Un milliardième de gramme inspiré
suffit à provoquer un cancer du poumon. Sa période est de 24 400 ans.
- 22h, le Québec annonce qu'il va renoncer au nucléaire. Facile : ils
n'ont qu'un seul réacteur en fonctionnement : Gentilly 2, 635 MW, mis en
route en 1983.
- 23h, une agence de presse japonaise rapporte le suicide d'un paysan bio
de 64 ans après l'interdiction de vente de sa production. La région
touchée par le nuage est une zone fortement maraîchère qui vendait à
l'agglomération de Tokyo. Une association de promotion du bio annonce que
la profession est sinistrée.
29 mars
- 7h, le gouvernement japonais annonce que Tepco pourrait être
nationalisé. La valeur en bourse de la firme a été suspendue après une
chute qui dépassait déjà 70 %. En clair, ce sont les actionnaires de Tepco
qui ont engrangé les bénéfices, mais maintenant ce sont les Japonais qui
vont payer la note.
- 7h30, interrogé par la presse sur la durée de l'accident, un
responsable du gouvernement affirme que c'est "imprévisible",
"cela peut durer des mois, des années". Le gouvernement annonce
qu'à force d'arroser les bâtiments, tous les bassins de rétention d'eau
contaminée sont pleins. Il annonce que probablement les 70 000 personnes
évacuées dans un rayon de 20 km ne pourront plus jamais rentrer chez
elles.
- 8h, devant le parlement, le premier ministre japonais annonce qu'il
va falloir évacuer les gens entre 20 et 30 km soit 130 000 personnes
supplémentaires. Jusqu'à maintenant, ils n'étaient qu'incités à partir.
- 9h, le gouvernement chinois annonce une révision à la baisse de la
part du nucléaire dans la consommation énergétique d'ici 2020 : de 5 % à 3
% (actuellement 2 %).
- 14h, TEPCO, Hitachi et le gouvernement japonais annoncent que la
situation devient difficile : les 600 personnes sur le site sont
épuisées (et irradiées) et il est difficile de leur trouver des remplaçants
! Les entreprises sous-traitantes n'arrivent pas à recruter. Et il manque
de personnes ayant les compétences requises.
- 14h30, Le secrétaire d'Etat au Tourisme, Frédéric Lefebvre déconseille
aux Français d'aller voyager au Japon.
- 20h, le gouvernement français annonce l'envoi de deux spécialistes
pour déterminer l'aide que l'on peut apporter à TEPCO : un ingénieur du
CEA, un autre d'AREVA. AREVA annonce de son côté l'envoi de cinq
personnes… cinq parmi les huit qui ont fui le jour de l'accident ?
- 23h, Bouygues et Vinci annoncent l'annulation d'un voyage prévu à
Tchernobyl pour vanter la mise en place du futur sarcophage qu'ils doivent
y construire.
- 23h, aux Etats-Unis, les fabricants de compteurs Geiger annoncent être
en rupture de stock. De la radioactivité a été mesurée dans l'air dans
l'ensemble du pays… pour le moment à des doses faibles, plus importantes
sur la côte ouest.
30 mars
- 7h, pas moins de 25 ambassades restent fermées à Tokyo : 17 se sont
déplacées dans le sud du Pays, 8 sont totalement fermées.
- 11h, le gouvernement japonais lance un contrôle de tous les réacteurs.
Outre les onze arrêtés par le séisme, d'autres sont à l'arrêt de manière
plus ancienne pour d'autres problèmes. Tous les réacteurs sont en bord de
mer, tous en zone séismique. L'arrêt durable de ces réacteurs provoque une
pénurie d'électricité, d'autant plus que des cables sous-marins se sont
rompus… dont certains dans les eaux contaminées par Fukushima. Au Japon,
la consommation d'électricté est maximale en été à cause de la climatisation.
Celle-ci est particulièrement intense à Tokyo. Le gouvernement annonce
aussi qu'il va accélérer le développement des centrales solaires.
- 12h, des journaux japonais s'inquiètent de ce qui se passe à la
centrale d'Onagawa, à 120 km plus au nord que Fukushima. La centrale
arrêtée en urgence depuis le 11 mars présenterait un taux de radioactivité
anormal… bien que la direction affirme qu'il reste "relativement
bas". C'est d'autant plus inquiétant qu'environ 200 personnes dont
les logements ont été détruit, campent au pied
des trois réacteurs.
- 12h, dans un entretien publié dans Le Monde, André-Claude Lacoste,
président de l'Autorité de sûreté nucléaire, reconnaît qu'"on ne peut
garantir qu'il n'y aura jamais d'accident grave en France". Par
ailleurs, il affirme : "Fukushima est un site perdu qui sera sinistré
pour au moins plusieurs décennies à l’exemple de la zone interdite de
Tchernobyl".
- 14h, TEPCO annonce avoir mis en place un plan d'auto-greffe pour les salariés
irradiés. Des prélèvements ont été fait sur les ouvriers dans les
premières heures de l'accident, ceci pour pouvoir ensuite éventuellement
leur faire des greffes de moelle. Dans un contexte où il faut maintenant
remplacer les ouvriers trop irradiés, cela ressemble fort à une opération
de communication pour rassurer les personnes que l'on cherche pour venir
sur le site. Des médecins britanniques estiment que ces greffes peuvent
retarder l'échéance, mais que cela sera insuffisant pour empêcher la survenue
de problèmes létaux : les greffes n'empêcheront pas les atteintes aux
voies respiratoires, gastro-intestinales ou à la peau.
- 15h, Martine Aubry à l'AFP : "Je ne crois pas vraiment que nous
pourrons remplacer l'énergie nucléaire par le solaire dans cinq ou dix
ans, même s'il y a un énorme effort à faire". Donc pas trop vite,
prenons le temps d'avoir un accident grave aussi chez nous.
- 15h, auditionné par le Parlement, l'Autorité de sûreté nucléaire
indique qu'il y a eu 1107 incidents dans les réacteurs français dont trois
de niveau 2.
- 16h, la pollution radioactive en mer augmente : au pied de la
centrale, on est passé en trois jours de 1850 fois à 3355 fois la normale.
- 16h, le canton du Jura suisse demande à son tour la fermeture de la
centrale de Fessenheim.
- 16h, Arrivée d'une délégation française pour étudier les besoins des
Japonais : Anne Lauvergeon, président d'Areva, la ministre de l'Ecologie
Nathalie Kosciusko-Morizet, Bernard Bigot, administrateur général du
Commissariat à l'énergie atomique (CEA), Jacques Repussard, directeur
général de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), et
de Philippe Jamet, commissaire de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et
quelques ingénieurs d'Areva et du CEA. Bref, que des gens intéressés par la
sortie du nucléaire !
- 17h, en visite en Chine pour le sommet du G20, Sarkozy affirme que
"la catastrophe de Fukushima n’invalide pas la pertinence du
nucléaire civil".
- 17h, aux Etats-Unis, la revue scientifique New scientist avance que la
radioactivité relâchée à Fukushima atteint déjà 73 % de l'iode relâché à
Tchernobyl et 60 % pour le césium 137.
- 19h, dans un rapport communiqué par Areva à la presse, le terme
utilisé pour présenter Fukushima est "incident".
- 22h30, André-Claude Lacoste indique que l'ASN qu'il préside s'interroge
sur la pertinence d'arrêter la construction du réacteur EPR de
Flamanville. Le Réseau Sortir du nucléaire répond que si l'EPR présenté
comme le plus sûr, nécessite une révision de ses conditions de construction,
alors il faut s'inquiéter pour les 58 autres réacteurs forcément moins
fiables.
- 23h, Bella Belbéoch, physicienne nucléaire à la retraite, rappelle que
le débat entre jeunes et vieux réacteurs n'a pas beaucoup de sens : le
réacteur de Three Mile Island avait démarré seulement trois mois avant son
accident.
31 mars
- 0h, Hirose Takashi est un spécialiste de l'énergie nucléaire au
Japon. Il avait publié il y a quelques années un brûlot contre la
politique du gouvernement où l'on pouvait lire : "... si vous êtes
sûrs que les centrales nucléaires sont sans danger, pourquoi ne pas les
implanter dans les centres villes plutôt qu’à des centaines de kilomètres,
ce qui génère par la distance une forte déperdition d’énergie électrique
dans les lignes THT". Il est régulièrement interrogé par les médias
de son pays. A la question de savoir pourquoi on n'ensevelit pas les
réacteurs sous une montagne de sable comme l'on fait rapidement les Russes
à Tchernobyl, il répond : "Accepter la solution du sarcophage serait
admettre qu'ils ne contrôlent plus rien, ce serait donc la défaite du
nucléaire qu'ils tiennent en dévotion, la perte de ces six réacteurs ainsi
qu'à terme la fermeture de tous les autres". Et de dire que c'est
pourtant la seule solution et que plus on attend, plus le risque d'une
aggravation de l'accident augmente.
- 2h, l'AIEA, Agence internationale pour l'énergie atomique, annonce
que des zones fortement radioactives ont été détectées à 40 km de la
centrale, dans la commune d'Iitate. Elle demande au gouvernement japonais
de revoir à la hausse les zones d'évacuation et de confinement. Celui-ci
refuse.
- 3h, TEPCO annonce qu'il étudie différentes actions possibles : tendre
des bâches au-dessus des réacteurs endommagés pour favoriser la retombée
des particules radioactives sur place… mais avec le risque que cela rende
les interventions encore plus compliquées. La compagnie d'électricité
envisage de pulvériser des résines liquides pour fixer les particules au
sol. Il est aussi projeté de faire amarrer un supertanker à proximité du
réacteur pour y stocker les eaux radioactives, les réservoirs de rétention
étant pleins.
- 3h, Pékin annonce que du césium a été détecté dans plusieurs régions
de Chine, jusqu'au centre du pays. Cela reste dans des quantités très
faibles pour le moment.
- 9h30, plusieurs compagnies aériennes ralentissent ou suspendent leurs
liaisons avec Tokyo, constatant qu'il n'y a plus de demandes.
- 9h30, le Wall Street journal, aux Etats-Unis, rapportent les propos
d'un ancien responsable de TEPCO. Selon lui, la compagnie était très mal
préparée à un accident grave. Par exemple, il relève qu'il n'y avait qu'un
seul brancard pour les six réacteurs, que rien n'était prévu pour se
coordonner avec les pompiers de Tokyo ou avec l'armée. Il constate que le plan
d'urgence n'a pas fonctionné.
- 14h, un collectif de 300 chercheurs allemands demandent à Angela
Merckel l'arrêt immédiat du nucléaire.
- 14h, les Amis de la Terre France lance un faux référendum avec une question simple :
"je suis pour continuer le nucléaire et je m'inscrits pour être
volontaire pour venir aider sur le site d'une centrale en cas de
catastrophe" ou "je ne suis pas volontaire pour venir aider sur
le site d'une centrale nucléaire en cas de catastrophe et donc je suis
pour l'arrêt du nucléaire". Bizarrement, tout le monde vote pour la
deuxième proposition !
- 15h, l'Observatoire du nucléaire dénonce des pressions de l'ASN au
niveau européen : l'Autorité de Sûreté française demanderait que ne soit
pas inclus dans les tests à venir la possibilité d'une chute d'avion comme
le 11 septembre !
- 15h, le procès d'un sous-traitant d'EDF qui a été victime d'une
contamination à la centrale de Penly est reporté. Ce salarié doit recevoir
à vie un suivi médical.
- 16h, les Etats-Unis envoient au Japon 140 spécialistes militaires de
la guerre NRBC (nucléaire, raiodlofique, biologique, chimique).
- 16h, le gouverneur de l'Etat de New York demande la fermeture de la
centrale d'Indian Point, située à 40 km de la mégalopole.
- 19h, sur le site du Nouvel Obs, Denis Baupin, maire-adjoint Vert
de Paris dénonce l'"aveuglement scientiste" de Sarkozy.
- 23h, TEPCO annonce
que la nappe phréatique, à 15 m sous la centrale, est gravement contaminée
par l'iode radioactif tout comme l'eau de mer autour du site.
Chronologie - Avril
1er avril
- 8h, nouvelles fumées sur le réacteur n°2. Des spécialistes estiment
que c'est provoqué par la réaction du cœur du réacteur avec le béton situé
sous la cuve… et donc que le réacteur a traversé l'enceinte de confinement
métallique. Conséquence prévisible : la radioactivité va encore augmenter.
- 9h, la télévision japonaise NHK, proche du gouvernement, annonce
que seuls les chefs d'équipe sur le chantier sont équipés de dosimètres.
Les ouvriers, la plupart issus de la sous-traitance, n'en ont pas et n'ont
aucune idée des doses qu'ils reçoivent. Le Ministre de la santé a dit
qu'il est normal que l'on reçoive des doses plus importantes que la
normale en cas d'accident, mais que dans le cas présent, c'est un
"sérieux problème". Traduction : ils sont condamnés.
- 12h, la radioactivité baisse légèrement à Tokyo d'après les mesures
officielles. Mais il y a encore trois fois plus de radioactivité à
l'extérieur des bâtiments qu'à l'intérieur.
- 14h, dans le débat qui agite le Japon, un journaliste rappelle que le
nucléaire au Japon représente 29% de la production électrique, laquelle a
été en 2009 de 956 milliards de kWh. Arrêter le nucléaire d'un coup, cela
obligerait à redescendre à 679 milliards de kWh. Par comparaison, en 1985,
le Japon consommait 584 milliards de lWh.
- 15h, selon le département de l'énergie des Etats-Unis, les émissions
de radioactivité à Fukushima sont en train de dépasser celles de
Tchernobyl. Selon une spécialiste russe, Natalia Mironova, la situation
"est pire qu'à Tchernobyl" : trois réacteurs au lieu d'un, et
des émissions radioactives qui durent plus longtemps.
- 16h, selon le gouvernement russe, la radioactivité venue avec les
vents d'ouest et qui a traversé l'Europe a bouclé son premier tour du
monde en rejoignant dans l'est de la Russie la tache qui s'étale à partir
du Japon. A Moscou même, on a pu détecter de l'iode-131, du césium-134, du
césium-137 et du tellurium-132, à des doses très faibles.
- 22h, deux pompes géantes pouvant envoyer de l'eau ou du béton à 62 m
de haut sont arrivées sur le site en provenance d'Allemagne. Trois autres
sont en route provenant des Etats-Unis et de Chine.
2 avril
- 7h, l'Agence de l'énergie atomique du Japon annonce que l'on ne peut
exclure une contamination radioactive généralisée du Japon.
- 8h, TEPCO annonce que le socle de la centrale n°2 n'est plus étanche
et que de l'eau radioactive s'école maintenant directement dans la mer.
- 8h, des militants antinucléaires organisent des présences devant les
agences d'intérim de Tokyo pour inciter les gens à refuser d'aller
travailler sur le site : "Si tu acceptes ce travail, tu es
mort". Une étude révèle que 80 % des intervenants en zone
"chaude" sont des intérimaires recrutés dans les couches les
plus pauvres de la population.
- 8h, la Chine annonce que déjà dix passagers ont été interpellés à
leur descente d'avion en provenance du Japon car présentant un taux de
radioactivité trop élevé.
- 10h, l'IRSN donne les premières mesures de contamination dans le lait :
il a été mesuré 0,11 bq/litre dans du lait de Loire-Atlantique (limite
pour la consommation : 600 bq/l)
- 11h, l'Agence japonaise de météo annonce avoir réalisé un modèle de
simulation de la dispersion des particules radioactives, mais le
gouvernement lui a interdit de diffuser ces informations, estimant que
cela créerait une panique. Toshio Yamagata, directeur du service
météorologie estime cela effrayant. Koyama Makoto, professeur à
l’université de Shizuoka a déclaré : "cette ordre d’en haut du contrôle
de l’information est égal à une déclaration de suicide de la société"
- 13h, reprenant les données communiquées par le département de
l'Energie des Etats-Unis, la CRII-Rad donne une première liste concernant
les produits radioactifs relâchés. Elle rappelle qu'il y a plus de 1000
isotopes différents et que seuls quelques uns sont mesurés en continue, ce
qui laisse une grande part d'incertitude.
- 18h, alors que les autorités des Etats-Unis estiment que les piscines
de combustibles sont plus solides aux Etats-Unis qu'au Japon,
l'Association des scientifiques responsables rappellent que dans ces
piscines on trouve environ dix fois plus de radioactivité que dans
l'ensemble des réacteurs du pays. Ces piscines sont protégées par un
simple toit en tôle… alors que les réacteurs sont sous une enceinte
d'acier et de béton. L'association rappelle également que les générateurs
de secours dans 93 des 104 réacteurs n'ont qu'une autonomie de 4 heures,
deux fois moins que ceux de Fukishima, alors qu'au Japon cela s'est avéré
insuffisant pour ne pas perdre le contrôle des réacteurs.
3 avril
- 5h, les corps de deux salariés partis en inspection au début de
l'accident et victime d'une explosion ont été retrouvés.
- 9h, l'Allemagne demande à la Suisse de fermer le
réacteurs de Beznau 1, située à une dizaine de km de la frontière
allemande. Le réacteur a été mis en route en 1969.
- 10h, les Etats-Unis ont annoncé le rapatriement des militaires US et
de leurs familles qui le souhaitent. Il y a 35 000 militaires US au Japon,
soit environ 200 000 personnes en comptant les familles et le personnel
civil. Plusieurs banques internationales ont également accepté le départ
des salariés qui le veulent de Tokyo.
- 19h, Libération annonce sur son site que le programme du PS ne prévoirait qu'une
"sortie du tout nucléaire en 30 ou 40 ans" ce qui ne veut
strictement rien dire : nous ne sommes pas dans le tout nucléaire quand
celui-ci ne représente que 20 % de notre énergie !
- 23h, selon Ouest-France, Tepco cherche à
recruter en offrant un salaire de 200 000 yens par jour (1750 euros) pour
aller intervenir dans les zones les plus difficiles.
4 avril
- 8h, TEPCO annonce qu'après deux jours à chercher à colmater les
fuites pour empêcher l'eau radioactive d'aller vers la mer, les
différentes techniques essayées ont échoué.
- 10h, TEPCO annonce la nécessité de se débarrasser de 11500 tonnes peu
contaminées qui sont dans les bassins de rétention des réacteurs 5 et 6
pour pouvoir ensuite y stocker l'eau très radioactive qui empêche
d'accéder à des couloirs souterrains des réacteurs 1 à 4. Il annonce
vouloir rejeter le tout à la mer. Le porte-parole du gouvernement annonce
que c'est la solution la moins pire. Par ailleurs, 7500 tonnes d'eau
radioactive ont pu être stockées dans un navire-citerne (tankers), lequel
sera ensuite conduit dans le port de Shizuaka, au sud-ouest de Tokyo. Ce
navire n'est conçu ni pour stocker, ni pour transporter des déchets
radioactifs.
- 17h, Singapour a interdit l'entrée de produits alimentaires provenant
de la région de Kobé, celle-ci présentant un taux de radioactivité trop
important. Or Kobé est 500 km au sud de Tokyo !
- 17h, l'ACRO, laboratoire indépendant publie des analyses sur des prélèvements
effectués sur dix-sept lieux répartis en France. Dans cinq échantillons,
l'iode 131 est détectable, mais avec des taux très faible. Dans les douze
autres, la radioactivité est en dessous du seuil de protection.
- 20h, le gouvernement suisse annonce étudier la possibilité de remettre
en fonctionnement des centrales gaz en route pour pouvoir arrêter ses
réacteurs, en accompagnant cette décision de mesures visant à ne pas
émettre globalement plus de CO2.
5 avril
- 8h, Le gouvernement coréen proteste contre les rejets en mer,
estimant que la pollution radioactive pose un problème de droit
international.
- 8h, Publication d'un sondage dans France-Soir : 83 % des
Français sont pour une diminution progressive du nucléaire (90 % à
gauche, 66 % à droite). 73 % estiment qu'il est possible de s'en
passer totalement.
- 10h, Tepco a mesuré des taux de radioactivité dans des flaques d'eau
du réacteur 2 qui atteignent 7,5 millions de fois les taux limites.
- 17h, Le gouvernement britannique décide de suspendre les discussions
en cours sur la construction de réacteurs EPR en Grande-Bretagne.
- 18h, Le pré-programme du PS est rendu public : aucune sortie du
nucléaire n'y est présentée. On peut y lire tous les poncifs habituels :
fleuron de l'industrie française, industrie décarbonée, indépendance
nationale, "il faut penser l'avenir de notre industrie
nucléaire" et le sommet du négationnisme : "Ne gâchons pas des
années de succès technique et économique, unique au monde, du secteur
public français – le nucléaire civil – parce que la gestion privée au
Japon a conduit à un désastre, comme cela avait été aussi le cas dans une
moindre mesure à Three-Mile Island aux Etats-Unis en 1979".
Tchernobyl, géré par l'Etat, n'existe plus ! Les pro-nucléaires, DSK et
Hollande en tête, ont repris la main !
- 22h, L'Acro donne une estimation de la radioactivité relâchée en mer
par les 10 000 tonnes d'eau radioactives : 170 milliards de
becquerels… et rappelle que c'est du même ordre de grandeur que ce que
l'usine Areva de La Hague rejette chaque mois en mer. L'Acro rappelle que
ce relâchement d'eau va permettre de stocker de l'eau beaucoup plus
radioactive : l'eau qui s'écoule du réacteur n°2 est un million de fois
plus dangereuse.
6 avril
- 5h30, Tepco annonce avoir stoppé la fuite concernant le cœur du
réacteur n°2.
- 7h45, Tepco annonce craindre une nouvelle explosion d'hydrogène dans le
réacteur n°1.
- 8h, Depuis le 31 mars, des groupes antinucléaires ont organisé une
"course de lenteur" qui se déroule chaque jour à Tokyo devant le
siège de Tepco. Des arrestations ont eu lieu pour essayer de les empêcher
de continuer.
- 10h, Le secrétaire d'Etat à l'environnement d'Allemagne annonce que
les huit réacteurs nucléaires actuellement à l'arrêt ne redémarreront pas
et qu'un plan de fermeture des neuf autres prévoit la fermeture du dernier
d'ici 2020. Soit un retour à la loi de 2002.
- 12h, Le gouvernement japonais a remonté les limites de radioactivité
dans l'alimentation de 500 bq/kg à 2000 bq/kg. Une simple décision
administrative et, hop, on est quatre fois plus résistant à la
radioactivité !
- 12h, La Chine indique que du césium 137 et 134 a été mesuré dans l'air
de 17 des 31 régions du pays. L'iode radioactif est lui détectable
partout. Les niveaux resteraient faibles et ne nécessiterait pas de
protection particulière.
- 12h, la CRII-Rad publie une étude sur les mesures
effectuées : pour le moment, nous sommes, en France, à des taux très bas,
mais on ne peut prévoir la suite tant que Fukushima continuera à produire
un nuage radioactif. Roland Desbordes président de la CRII-Rad s'étonne
que l'iode ait pu voyager si loin alors que la radioactivité ne sort qu'au
niveau du sol. Pour lui, cela signifie que sur place, la contamination
doit être importante.
- 12h, enquête dans les Echos sur les conséquences de
l'accident sur l'économie du secteur nucléaire en France. Le projet d'EPR
à Penly semble mort-né. Areva a suspendu la construction d'une usine de
métallurgie nucléaire en Virginie aux USA. EDF craint un nouvel "hiver
nucléaire" comme après l'accident de Tchernobyl.
- 19h, TEPCO confirme que le niveau de contamination à l'intérieur des
réacteurs se maintient à 5 millions de fois la limite, ce qui signifie,
compte tenu de la présence d'isotopes à la durée de vie très courte, que
les fuites radioactives se poursuivent. Il annonce l'injection d'azote
gazeux dans l'enceinte du réacteur n°1 pour essayer de neutraliser une
nouvelle bulle d'hydrogène en formation.
- 19h, la Chine indique avoir trouvé des contaminations par l'iode dans
les épinards de 3 régions orientale.
- 19h, le parlement de Bâle-Ville engage une motion par 73 voix pour, 0
contre et 11 abstention pour que le canton engage des actions en direction
de la France pour obtenir l'arrêt de la centrale de Fessenheim.
- 20h, La secrétaire nationale PS à l'Energie, Aurélie Filippetti
remonte au créneau, estimant que le document pré-programme n'est
"absolument pas satisfaisant". "Il faut le rendre cohérent
avec ce qu'a dit Martine Aubry sur une sortie progressive du nucléaire, et
compatible avec la demande du groupe des députés PS sur un moratoire sur
la construction de nouvelles centrales". Elle indique que de nombreux
députés ont déjà proposé des amendements pour aller vers une position plus
"sortie du nucléaire".
7 avril
- 7h, la fréquentation de l'aéroport international de Tokyo a baissé de
75 % depuis le 11 mars.
- 9h, plusieurs syndicats japonais dénoncent les arrestations
concernant les militants antinucléaires qui manifestent contre TEPCO et
pour l'arrêt du nucléaire.
- 10h, nouvelle communication d'Areva sur l'accident. Le titre du
document : "L'incident de Fukushima Daiichi". Selon Areva, il y
aurait encore quelque "petits rejets de fission". Plus négationniste,
cela va être difficile.
- 15h32, nouveau tremblement de terre de magnitude 7,4 à 60 km au large de
Sendai et donc à 116 km au nord-est de Fukushima. Le réacteur est évacué
en urgence puis les travaux ont repris.
- 16h, manifestation des salariés d'EDF qui proteste contre le projet de
leur supprimer le tarif préférentiel dont ils bénéficient pour
l'électricité. La CGT annonce qu'en protestation, la production des
centrales nucléaires a été baissée de 7400 MW la veille et 13400 MW
pendant la manifestation. L'équivalent de la production de 13 réacteurs et
ceci sans retour à la bougie !
- 17h, le gouvernement russe proteste contre les rejets d'eau
radioactive en mer et demande au gouvernement japonais plus de
transparence sur les mesures de radioactivité.
- 19h, inquiétude à la centrale d'Onagawa, à 150 km au nord de
Fukushima, où le tremblement de terre a provoqué une panne dans le
processus de refroidissement du réacteur, processus enclenché après le 11
mars 2011.
- 20h, article intéressant du Monde sur les états d'âmes des
étudiants qui suivent une formation pour aller travailler dans le
nucléaire : beaucoup s'interrogent sur une reconversion. Il faut rappeler
qu'en France, EDF et Areva ont déjà beaucoup de
mal à recruter des jeunes et que cela ne va sans doute pas s'arranger… au
risque de manquer de personnel pour le suivi du nucléaire… même après
l'arrêt des réacteurs.
8 avril
- 7h, des fuites d'eau détectées à la centrale d'Onagawa. Trois fuites
ont été détectées sur le réacteur n°3 et d'autres sur les piscines de
stockage du combustible usagé des réacteurs 1, 2 et 3. Il s'agirait de
débordement provoqué par les secousses. Le gouvernement japonais signale
des incidents également dans des réacteurs à Higashidori et Rokashomura.
Les groupes électrogènes ont supplée au manque de courant dans la région
et on permis de ne pas perdre le contrôle de ces réacteurs.
- 8h, une quinzaine de militants antinucléaires se sont enchaînés aux
grilles d'entrée de la centrale de Golfech, obligeant le personnel à
passer par une autre entrée. Les militants ont été délogés par les
gendarmes au bout d'une heure.
- 9h, plusieurs députés PS, Christophe Caresche, député de Paris ;
Jean-Paul Chanteguet député de l'Indre ; Aurélie Filippetti députée de
Moselle ; Géraud Guibert animateur du pôle écologique du Parti socialiste,
signent une tribune dans le Monde pour demander la sortie
du nucléaire.
- 18h, la Corée du Sud annonce la fermeture des écoles en période de
pluie. La pluie précipite en effet une radioactivité non négligeable au
sol. Or ce sont les enfants qui sont le plus sensibles. Ceux-ci doivent
rester chez eux lorsqu'il pleut. Des manifestants antinucléaires ont
défilé à Séoul, la capitale, avec des parapluies ornés du trèfle
radioactif.
- 18h, le gouvernement japonais lève l'interdiction de consommer
certains légumes provenant de la région de Fukushima, car la radioactivité
aurait baissé. Concrètement, vu la durée de vie des radioéléments et du
temps de concentration dans la chaîne alimentaire, c'est impossible… mais
cela traduit sans doute l'incapacité du gouvernement à trouver des
alternatives alimentaires à grande échelle. Le gouvernement japonais a
également relevé le taux de radioactivité dans le riz de 500 à 5000 bq/kg
! Les Japonais deviennent dix fois plus résistants à la radioactivité !
- 19h, en Allemagne, la confédération des groupes énergétiques qui
regroupe l'ensemble des producteurs d'électricité annonce qu'elle est
prête à mettre en place une politique visant à fermer les derniers
réacteurs d'ici 2020 tout en respectant la lutte contre le réchauffement
climatique et sans hausse des tarifs de l'électricité. Donc, en Allemagne,
c'est possible…
- 19h, incident de niveau 1 à la centrale de Fessenheim.
- 20h, le Réseau Sortir du nucléaire s'inquiète du rapport de
l'Autorité de Sûreté nucléaire du 20 mars 2011 qui indique qu'après la
découverte de plutonium en trop grande quantité sur le site de Cadarache,
un inventaire a été réalisé… et que 69 sources radioactives non
répertoriées ont été trouvées dans une vingtaine d'installations différentes.
- 22h, Le Figaro donne sur son site les grandes lignes du contrôle qui doit être
fait sur les 143 réacteurs européens : sont exclus les scénarios
terroristes, les cyber attaques. Sont étudiés les catastrophes naturelles,
les pertes de refroidissement, l'endommagement du combustible, le stockage
du combustible usé… Cela devrait déboucher au niveau européen sur "ce
qu'il est raisonnable de faire". Comme de toute manière, on ne peut
modifier un bâtiment déjà construit aussi complexe, il n'y a que deux
possibilités : continuer avec des risques plus ou moins identifiés ou
l'arrêt.
9 avril
- 12h, un quotidien japonais publie un reportage sur la centaine de
personnes qui ont refusé d'être évacué de la zone des 20 km autour de
Fukushima, surtout des personnes âgées qui se fichent d'avoir un cancer
dans le futur, mais aussi quelques éleveurs qui ne veulent pas abandonner
leurs bêtes.
- 12h58, nouveau tremblement de terre de magnitude 6,1 à 1000 km au nord
de Tokyo.
- 14h, le groupe des Verts au Parlement européen demande l'arrêt de la
"veille dame" qu'est la centrale de Fessenheim. Une motion est
rejeté par 300 voix contre, 264 pour, 61 abstentions : cette motion
précisait les conditions qui encadrerait les tests à mener sur les
réacteurs européens. Le groupe des Verts, une partie des socialistes et
d'autres ont voté contrer car il n'y avait aucune incitation à aller vers
une fermeture des réacteurs les plus dangereux, encore moins pour
envisager une sortie du nucléaire. Le groupe des Verts a dénoncé
l'hypocrisie de cette démarche uniquement centrée sur la
"sûreté" qui évite de parler d'un véritable débat sur les choix
énergétiques.
- 20h, un mois après le tremblement de terre, Tepco présente ses excuses
tout en expliquant que la situation est loin d'être sous contrôle, qu'il
faudra des mois pour stabiliser la situation, des années pour nettoyer le
site… Il y a 150 000 personnes qui vivent dans des gymnases dont 80 000
sont des personnes évacuées de la zone contaminée.
10 avril
- 7h, une marche antinucléaire organisée près de Tokyo a réuni plus de
15 000 personnes… soit dix fois plus que la manifestation de la semaine
précédente. D'autres manifestations ont eu lieu dans d'autres villes,
notamment pour demander la fermeture de différents réacteurs nucléaires.
- 8h, entretien de Jean-Pierre Chevènement dans Le Parisien :
"Sortir du nucléaire, ce serait rompre avec l'héritage des Lumières.
C'est revenir à l'obscurantisme".
- 8h, entretien de François Hollande dans le grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, "Interrogé sur le nucléaire,
il a refusé d'envisager une sortie, préférant se fixer un objectif: que
l'énergie nucléaire ne représente plus que 50% de l'énergie totale en
2025", donc il se prononce pour une augmentation du nucléaire puisque
celui-ci ne fournit aujourd'hui que 35 % de l'énergie !
- 15h, 4000 personnes ont pique-niqué devant la centrale de Fessenheim
pour demander l'arrêt de la centrale.
11 avril
- 5h46, Un mois après le séisme, tout le Japon a observé une minute de
silence à la mémoire des victimes et disparus (plus de 20 000).
- 7h, L'installation de bâches au-dessus des bâtiments explosés
favorise une retombée locale des particules radioactives, mais n'empêche
pas la diffusion des gaz. Un mois après le séisme, les réacteurs 1, 2 et 3
de Fukushima ne sont toujours pas sous contrôle et la pollution
radioactive continue. Les 500 personnes sur le site, dont 400 sont des
sous-traitants, sont condamnées, plusieurs sont déjà hospitalisées. Au
moins 15 réacteurs nucléaires (sur 55) sont à l'arrêt depuis le 11 mars
2011.
- 8h, Sur France-Inter, Corinne Lepage estime que les
députés étaient avant presque tous pro-nucléaires, mais qu'aujourd'hui, la
situation est beaucoup plus contrastée.
- 8h, Des antinucléaires britanniques ont installé des tripodes
(perches mises comme un tipi avec une personne qui se place tout en haut)
sur plusieurs carrefours autour de la City de Londres pour demander au
gouvernement d'arrêter les négociations avec EDF concernant la possibilité
de construire des EPR dans le pays. La police a réussi à les déloger
seulement à 2h de l'après-midi.
- 10h, Le gouvernement japonais demande aux personnes habitant dans un
rayon de 40 km autour de la centrale de déménager dans un délai d'un
mois. Le maintien dans ces zones contaminées peut, selon le gouvernement,
provoquer des risques pour la santé sur le long terme. Cela concerne
environ 8 millions de personnes… qui auront bien du mal à trouver une
solution de remplacement.
- 10h16, Nouveau tremblement de terre de magnitude 7,1 dont l'épicentre
est à seulement 80 kilomètres de Fukushima. La centrale est évacuée. Le
courant s'y arrête. Deux nouveaux réacteurs nucléaires, situés plus au sud
s'arrêtent.
- 14h, Le Quotidien du Médecin a réalisé un sondage auprès des médecins. Ceux-ci sont à
10 % pour la sortie immédiate du nucléaire, 49 % pour une sortie
progressive, 40 % pour le maintien de la politique actuelle, 1 %
ne sait pas.
- 19h, Le gouvernement japonais annonce qu'il se retire des négociations
avec la Turquie pour la construction d'un réacteur nucléaire dans ce pays.
- 20h, La commission japonaise de sûreté nucléaire indique que les
émissions de radioactivité de Fukushima ont dépassé 10 000
terabequerels (1000 milliards de becquerels) par heure entre le 15 et le
17 mars, que l'on en serait déjà entre 370 000 et 630 000
terabecquerels pour les rejets dans l'air pour le seul iode 131. Ils
estiment que l'accident doit être classé au niveau 7, le plus haut
niveau sur l'échelle des accidents. Si l'on veut respecter les normes
d'exposition des populations, elle estime qu'il faudrait évacuer à
40 km vers le sud-ouest… mais à 60 km vers le nord-ouest.
- 20h, Un sondage en Allemagne indique que 60 % des sondés sont
pour une sortie "la plus rapide possible du nucléaire". Le
gouvernement a indiqué que les réacteurs arrêtés pour trois mois
pourraient ne jamais redémarrer… Une réunion s'est tenue avec le milieu
bancaire pour obtenir une augmentation des crédits en faveur des énergies
renouvelables. Alors que la loi votée par le SPD et les Verts prévoyait
une sortie d'ici 2020, le gouvernement estime qu'il est peut-être possible
d'aller encore plus vite.
- 21h, Le gouvernement suisse envisage de renoncer totalement au
nucléaire. C'est ce qu'a affirmé la présidente suisse Micheline Calmy-Rey
lors d'une rencontre avec le président autrichien Heinz Fischer.
- 22h, A la tombée de la nuit, en Espagne, Greenpeace a projeté sur
l'ensemble des réacteurs nucléaires une image géante avec une tête de mort
et le texte "plus jamais Fukushima, Danger nucléaire". Le
gouvernement socialiste a prolongé la vie des derniers réacteurs en
fonctionnement lors d'un vote un mois avant l'accident de Fukushima.
12 avril
- 10h, Suite à une baisse du niveau d'eau dans les piscines de stockage
du réacteur n°4, un incendie se déclare à nouveau, lequel est vite
maîtrisé.
- 11h, Le conseil municipal de Strasbourg vote pour l'arrêt de la
centrale de Fessenheim. Les élus Verts, PS et UMP ont tous voté pour cette
motion. Dans le vœu ils s'appuient sur la méconnaissance des dangers lors
de la conception du réacteur dans les années 1970. Le 31 mars, la
Franche-Comté avait voté un vœu similaire… mais seulement voté par 7
écologistes et 2 socialistes contre 2 MRC (Chevènement) et 2 PS, tous les
autres élus, et notamment la droite, s'abstenant.
- 12h, Kyushu Electric Power qui préparait le chantier d'un réacteur de
1590 MW à Satsumasendai (sud-ouest) annonce le gel du projet.
- 13h30, Le gouvernement japonais indique que l'on a mesuré des retombées
de strontium 90 autour de Fukushima, preuve qu'un des cœurs a fondu. Ces
mesures ayant été faites à plus de 30km du site, cela signifie qu'une
grande zone va devoir être interdite pendant longtemps : le strontium
ne perd la moitié de sa radioactivité qu'en 28,8 ans.
- 16h30, Le gouvernement grec rappelle qu'il a renoncé à l'énergie
nucléaire parce que la Grèce est située sur une zone séismique. Il demande
à l'Union européenne de prendre des mesures strictes pour les réacteurs
construits sur de telles zones (c'est le cas de la vallée du Rhône et de
celle du Rhin par exemple) et en particulier de s'opposer au projet de
construction en Turquie.
- 17h, Des associations des Etats-Unis lancent un appel au gouvernement
japonais pour qu'il lance un appel à l'aide alimentaire… et qu'il renonce
à vouloir nourrir les Japonais avec des produits contaminés.
- 17h, Une étude de l'Union des banques suisses estime que pour calmer
les populations, il va falloir fermer une ou deux centrales dans chaque
pays où il y a des réacteurs, soit une trentaine de réacteurs sur les 440
existants. Rappelons que 8 réacteurs ont déjà été arrêtés en Allemagne et
que 18 sont en panne ou accidentés au Japon.
- 18h, Greenpeace s'étonne que le gouvernement japonais annonce que la totalité des
rejets radioactifs ne serait qu'à 10 % des rejets de Tchernobyl…
alors qu'il avait donné le même chiffre il y a trois semaines.
- 19h, Le Monde publie une enquête sur les incohérences que l'on peut pointer au
Japon. Le journaliste montre que les rivalités politiques gauche-droite se
sont évidemment focalisées sur la question nucléaire. Le Parti démocrate
(centre gauche) au pouvoir a perdu des élections le week-end du 9 et 10
avril au profit du Parti libéral (droite), ce dernier dénonçant la gestion
hasardeuse de la crise. L'enquête montre que le manque de volonté
politique d'évacuation des populations est directement lié à la question
financière : les communes ne veulent pas évacuer tant que l'Etat ne
s'engage pas à payer les coûts que cela entraîne. La question financière
explique aussi sans doute l'absence de mesures efficace pour éviter la
consommation d'aliments contaminés.
- 23h, Polémique au Japon : des groupes indépendants mettent en
doute les annonces concernant les mesures de radioactivité sur le site de
Tokai, à 85 km au sud de Fukushima. Le maintien d'un taux de
radioactivité 300 fois supérieur à la normale ne peut s'expliquer par les
retombées de Fukushima et il est donc probable qu'il y a des fuites sur le
réacteur à l'arrêt depuis le 11 mars 2011. Problème : cette centrale
est la plus proche de Tokyo (100 km).
13 avril
- 6h40, Nouveau tremblement de terre au nord du Japon, magnitude 5,8.
Depuis le 11 mars 2011, il y a eu plus de 400 répliques dépassant le
niveau 5.
- 8h, Communiqué de la Crii-Rad, "les experts
calculent, les populations subissent". LaCrii-Rad rappelle
que le gouvernement a classé l'accident au niveau 4 jusqu'au 18 mars,
repoussant ainsi l'évacuation des populations et qu'admettre maintenant,
un mois après le début de l'accident qu'il est niveau 7, cela
signifie que des millions de personnes ont été contaminés alors qu'elles
auraient dû être évacuées depuis longtemps.
- 10h, La presse japonaise relève des cas de discriminations envers les
personnes qui quittent la région de Fukushima : des personnes ont
peur de les accueillir craignant leur possible radioactivité. Le
gouvernement s'est voulu rassurant en disant que seuls les salariés de la
centrale peuvent présenter une radioactivité suffisante pour irradier une
autre personne !
- 10h, Une étude menée par Bank of America estime que le seul accident
nucléaire pourrait coûter de l'ordre de 130 milliards de dollars… soit
autant que les autres dégâts provoqués par le tremblement de terre du 11
mars 2011. Cette somme pourrait se partager entre Tepco (24 à 45
milliards), les autres entreprises de l'électricité (32 milliards par une
caisse de solidarité), le reste étant à la charge de l'Etat.
- 12h, Nouveau sondage réalisé pour le compte de l'Express : 57 %
des Français sont pour la sortie du nucléaire, mais à condition que l'on
trouve des solutions pour ne pas augmenter le prix de l'électricité.
L'option "sortie du nucléaire" est majoritaire dans toutes les
tranches d'âge sauf chez les plus de 60 ans.
- 20h, une pétition est lancée au niveau européen pour demander que
TEPCO soit dessaisi de la gestion de la catastrophe. Malheureusement, en
demandant que ce soit l'ONU qui prenne le relais ! Paradoxe, car c'est
l'AIEA, agence des Nations Unies pour la promotion du nucléaire civil, qui
supervise déjà la communication autour de l'accident… et qui continue à
mentir sur la gravité de Tchernobyl depuis 25 ans.
- 20h, Villeurbanne, ville de 110 000 habitants à l'est de Lyon, a voulu
tester la possibilité d'alerter rapidement sa population en cas
d'accident. Villeurbanne est à 30 km à l'ouest de la centrale de Bugey.
Entre 19h et 20h, la mairie a fait appeler par un automate l'ensemble des
téléphones de la ville. Cela a été réalisé en seulement une heure, mais
sur 56 599 appels, seuls 27470 personnes ont répondu (48,5%). A la fin du
message, il était demandé d'appuyer sur la touche 1 pour voir ceux qui
avait écouté jusqu'au bout… et là seulement 7889 l'ont fait (14%). Combien
aurait répondu à 3h du matin ? Combien aurait accepté de partir de chez
eux immédiatement en cas de nuage radioactif ?
- 20h30, Greenpeace publie un rapport sur les mesures effectuées sur place pendant un
mois par ses spécialistes. Les mesures, toutes faites en dehors de la zone
d'évacuation, montrent d'importantes taches de radioactivité… et pas
seulement avec des isotopes à durée courte comme l'iode 131, mais aussi
avec des éléments à durée longue (césium, strontium…). Des contaminations
importantes ont été relevé dans les villes de Fukushima et Koriyama,
pourtant à 60 km des réacteurs. Pour Greenpeace,
il faut évacuer les personnes qui vivent dans ces taches de radioactivité
: cela représente environ un million de personnes. Pour Greenpeace, si en terme de radioactivité, on n'a pas
encore atteint le niveau de Tchernobyl, au niveau du nombre de personnes
en zone contaminée, c'est pire !
- 23h, rapport de l'IRSN, Institut français de radio-protection et de
sûreté nucléaire : "L'état de trois réacteurs reste très
préoccupant", "les moyens utilisés pour l'injection d'eau
restent précaires". Le rapport indique que l'injection d'azote peut
éviter à l'hydrogène d'exploser… à condition de rejeter les gaz
radioactifs dans l'air.
14 avril
- 11h, les douanes de Vladivostok (Russie, face au Japon) ont bloqué des
véhicules d'occasion en provenance du Japon, celles-ci présentant un taux de
radioactivité trop important.
- 12h, le gouvernement français annonce que François Fillon et Nathalie
Kosciusko-Morizet se rendront à Kiev (Ukraine, à côté de Tchernobyl) pour
un sommet dont le thème est "L'utilisation sûre et innovante du
nucléaire" !
- 13h, la CGT publie un texte demandant l'arrêt de la sous-traitance
massive dans l'exploitation des réacteurs nucléaires. Elle dénonce la
présence de 80 % d'intérimaires au niveau de la maintenance. Il y a une
raison à cela : cela permet d'éviter que des salariés fixes ne soient trop
irradiés lors d'opérations dans des réacteurs qui, plus ils vieillissent,
plus ils sont radioactifs.
- 14h, alors que les autorités françaises estiment que le passage au
niveau 7 de l'accident est exagéré, les autorités américaines, au
contraire estime que c'est plus que justifié.
- 22h, le conseil régional du Centre a adopté une motion pour la
"sortie progressive mais très volontaire du nucléaire" dans la
région et dans le pays. Ce vote a recueilli 12 votes positifs de la part
des élus écologistes, 7 contre de la part du FN, tous les autres élus
s'abstenant !
15 avril
- 1h, TEPCO a fait un prélèvement d'eau dans les piscines de stockage
du réacteur n°4 où a eu lieu récemment un nouvel incendie. La présence
abondante d'iode 131 semble indiquer qu'une réaction de fission s'est
enclenchée entre les éléments qui y sont stockés : 1331 barres usagé et
204 barres neuves. Si une réaction en chaîne s'enclenchait dans cette
piscine, cela serait catastrophique car elle est située en dehors de l'enceinte
principale de confinement. TEPCO étudierait la possibilité de stopper le
risque en enlevant des barres de combustible à l'aide d'un drone. Pour le
moment, ils ne savent pas si cela est possible.
- 8h, le réacteur n°2 de Fessenheim est mis à l'arrêt pour son
troisième contrôle décennal. L'ASN devra ensuite statuer pour autoriser ou
non une prolongation de son exploitation.
- 12h, dans un entretien à Médiapart, Jacques Repussard, directeur de
l'IRSN, reconnaît que l'on doit revoir toutes les normes d'évaluation des
risques : les hypothèses retenues pour les réacteurs actuels n'auraient dû
laisser se produire trois accidents graves (Three-Mile-Island, Tchernobyl,
Fukushima)… qu'en 1000 ans avec 400 réacteurs en fonctionnement. Nous en
sommes à 20 fois plus (en ne comptant qu'un seul accident pour Fukushima).
- 16h, le département de l'énergie des Etats-Unis, recoupant les cartes
de radioactivité et celles des populations, publie une première estimation
: sur le long terme, l'accident de Fukushima pourrait provoquer la mort
d'un million de personnes. Les Etats-Unis conseillent toujours de ne pas
entrer dans la zone de 80 km autour du site.
- 17h, l'agence de presse japonaise Kyodo publie une étude réalisée pour le
compte du gouvernement japonais qui estime elle qu'il pourrait y avoir 400
000 cancers mortels supplémentaires dans un rayon de 200 km autour de la
centrale (donc jusqu'à Tokyo). L'étude précise que ce chiffre peut encore
varier énormément selon les capacités que l'on aura à évacuer ou non un
nombre plus important de personnes. Au même moment, le gouvernement
français indique qu'il n'y a pas de danger pour la santé pour les
personnes souhaitant se rendre à Tokyo.
16 avril
- 15h, actions symboliques à Montluçon (Allier, die-in, 150 personnes),
Lannion (30 personnes), Bordeaux (occupation d'un agence EDF par dix
personnes), Strasbourg (défilé de mode, 20 personnes), Lille (piquet de
dix personnes devant une agence EDF), Brioude (Haute-loire, visite maison
autonome, 80 personnes), La Roche-sur-Yon (Vendée, 150 personnes).
- 20h, TEPCO donne des mesures de radioactivité dans la mer. Ces taux
restent particulièrement élevé : jusqu'à 6500 fois supérieur aux limites.
17 avril
- 8h, dans une conférence de presse, TEPCO estime qu'il lui faudra
trois mois pour que commence à baisser les niveaux importants de
radioactivité et six mois de plus pour arriver à l'arrêt total des
réacteurs. Ce n'est qu'alors qu'il sera possible de sortir les barres de
combustibles progressivement et d'ainsi éviter tout nouveau risque. Les
six réacteurs du site seront alors définitivement arrêtés. TEPCO annonce
qu'il ne renonce pas à son activité nucléaire malgré le fait que 11 des 17
réacteurs qu'il détient sont soit détruits soit en panne (certains depuis
le tremblement de terre du 16 juillet 2007). Sur 17,3 GW nucléaire, seuls
6,5 GW sont encore en activité. TEPCO détient également des barrages
hydrauliques (8,5 GW) et des centrales thermiques (37 MW). TEPCO devrait
dépenser entre 24 et 45 milliards d'euros. Au-delà, ce serait pris en
charge par une caisse commune avec les autres électriciens puis par
l'Etat.
- 14h, à Kiev (Ukraine), 2000 liquidateurs de Tchernobyl manifestent
pour demander une meilleure prise en charge au niveau social. Le
gouvernement ukrainien estime que 5 millions de personnes dont 2,3
millions en Ukraine souffrent des conséquences de l'accident, dont de
nombreuses parce qu'elles vivent dans les zones contaminées. Selon le
gouvernement, seuls 5 % des enfants du pays ont une santé correcte.
L'espérance de vie du pays est en baisse constante : de 79 ans en 1989,
elle ne sera plus que de 55 ans en 2020.
18 avril
- 8h, Jean-Pierre Frick démarre un jeûne tournant devant la préfecture
de Colmar, pour demander l'arrêt de Fessenheim et un plan de sortie du nucléaire
en dix ans. Le jeûne durera au moins trois semaines. D'autres militants et
militantes l'accompagnent en jeûnant sur des périodes plus courtes.
- 11h, conférence de presse des Enfants de Tchernobyl sur la poursuite de la
catastrophe. Une délégation s'est rendue ces derniers jours dans la ville
russe de Novozybkov (200 km de Tchernobyl, 45 000 habitants) : des relevés
de radioactivité au sol indiquent que l'on a des expositions massives
encore aujourd'hui. Les aliments sont contaminés à haute dose. Ce sont
principalement les retombées de Césium 137 qui sont responsables de cette
contamination persistante. Les Enfants de Tchernobyl dénonce l'attitude de l'OMS qui
ne rend pas compte de l'état de santé des victimes de l'accident.
- 14h, Eva Joli demande que les audits des réacteurs nucléaires français
soient confiés à des experts d'autres pays, sous contrôle européen.
- 14h, une manifestation contre le projet de centrale nucléaire Areva à
Jaïtapur est violemment réprimée par la police qui ouvre le feu. Un
manifestant, Tabrez Pehekar, pêcheur, a été tué par balle.
- 15h, manifestation des sous-traitants du nucléaire à Bollène
(Vaucluse, près du Tricastin) pour demander une meilleure protection
sociale, la baisse des limites d'exposition et la retraite à 55 ans. Ils
sont environ 20 000 en France selon EDF dont 17 % en intérim et CDD.
Ces derniers sont ceux qui reçoivent les doses les plus importantes… et
dont on perd la trace le plus facilement pour continuer à affirmer que le
nucléaire ne provoque pas de maladies professionnelles.
- 17h, Patrick Fauchon, maire PS de Flamanville (Manche) s'inquiète de
la perte de valeur immobilière pour ceux qui veulent déménager alors
qu'ils habitent près d'une centrale nucléaire.
- 18h, des robots ont mesuré les taux de radioactivité dans les
réacteurs 1 et 3, des niveaux qui s'avèrent trop élevés pour que l'on
puisse y pénétrer.
19 avril
- 4h, le gouvernement japonais annonce la suspension de la construction
de nouvelles centrales tant qu'une remise à plat des conditions de
sécurité n'a pas été mise en place.
- 9h, TEPCO poursuit le pompage de l'eau très radioactive en la
stockant dans les bassins de rétention après que ceux-ci aient été vidés
en mer d'une eau moins radioactive. Il faudra au moins un mois de pompage
pour évacuer 10 000 tonnes d'eau.
- 10h, un sondage au Japon fait auprès de 3352 personnes, indique que 41
% des Japonais sont pour l'arrêt ou la diminution de la part du nucléaire.
En 2007, après l'accident provoqué par un précédent séisme à la centrale
de Kashiwazaki-Kariwa, ils n'étaient que 28 %. 51 % sont pour
continuer le nucléaire contre 53 % en 2007. 5 % sont pour augmenter la
part du nucléaire contre 13 % en 2007. Les hommes sont majoritairement
favorables au nucléaire alors que les femmes sont à égalité.
- 12h, publication d'une étude médicale en Belgique qui indique que
l'accident de Tchernobyl a provoqué une hausse significative des cancers
de la thyroïde chez les enfants qui avaient moins de dix ans lors de la
catastrophe. Ceci infirme la version officielle qui jusqu'alors
considérait les doses reçues comme négligeables.
- 13h, l'arrivée des Verts à la tête de la région Bade-Wurtemberg
devrait mettre fin aux activités nucléaires de l'électricien EnBW,
propriétaire de quatre réacteurs nucléaires : la région dispose en effet
de 50 % du capital d'EnBW, a égalité avec un groupement de communes.
- 15h, au Canada, des militants de Greenpeace ont occupé le bureau du ministre
de l'énergie, pour demander l'abandon des projets de nouveaux réacteurs
dans le pays.
- 19h, en Italie, depuis 2008, Berlusconi essayait de relancer le
nucléaire. Après avoir annoncé un report d'un an puis de deux ans pour
organiser un référendum autorisant le gouvernement a relancer le nucléaire
(arrêté par référendum après l'accident de Tchernobyl), un projet de loi a
été présenté pour demander qu'avant un tel référendum tous les textes
législatifs soient revus en fonction des nouvelles données que l'on
connaît depuis 25 ans. Le nucléaire risque d'être bien abandonné
définitivement.
20 avril
- 8h, le gouvernement japonais indique qu'un navire-hôpital devrait
être installé à Onahama, un port entre Fukushima et Tokyo, spécifiquement
pour y accueillir les travailleurs irradiés du site… les hôpitaux
classiques étant réservés aux populations plus légèrement irradiées des
zones contaminées. Une cinquantaine de travailleurs sont déjà
hospitalisés, trois sont morts.
- 11h, l'Agence de sûreté industrielle et nucléaire du Japon annonce
officiellement qu'il y a bien eu fusion partielle des cœurs des réacteurs 1
et 3. Les estimations divergent encore pour savoir dans quel pourcentage.
- 14h, en Inde, plusieurs milliers de personnes assistent à
l'enterrement de Tabrez Pehekar, tué par balle lors d'une manifestation
contre le projet Areva de centrale nucléaire.
- 15h, recommandation du gouvernement pour les écoles de la province de
Fukushima : ne pas laisser sortir les enfants plus d'une heure par jour,
bien leur laver les mains et le visage lorsqu'ils rentrent en classe. De
nombreuses associations japonaises ont réagi en demandant que l'on évacue
les enfants de cette zone comprises entre 30 et 80 km de la centrale.
- 16h, alors que des habitants demandent à pouvoir récupérer certaines
affaires, le gouvernement annonce qu'une seule personne par maison pourra
le faire et une seule fois, sous contrôle policier, en tenue de protection
et après contrôle du niveau de radiation des objets emmenés. Un contrôle
effectué par la police dans 3378 maisons a permis de constater que 63
étaient encore habitées ! A partir du 21 avril, O h, la zone
d'évacuation de 20km devient zone interdite aux civils pour une durée
indéterminée.
- 19h, une revue taïwanaise publie des données sur les travailleurs de
TEPCO. En 2009, sur le site de Fukushima, il y avait 1108 salariés REPCO
et 9195 salariés d'entreprises sous-traitantes. Ce sont ces derniers qui
se prennent la majorité des doses d'irradiation. Or ces 9000 salariés
disponibles ne suffisent plus aujourd'hui pour se relayer sur le site (où
ils sont en permanence entre 500 et 700) et des petites annonces
apparaissent dans la presse japonaise pour essayer de recruter. Un expert
consulté par le quotidien propose que l'on n'envoie sur le site que des
personnes de plus de 60 ans : plus on est âgés, moins on est sensible aux
radiations… et moins on a de chance de développer un cancer dans dix ou
vingt ans.
- 23h, nouveau sondage réalisé pour France 2 et un panel de chaîne de
télévision dans d'autres pays, au niveau mondial (?) : au Japon, les
personnes favorables au nucléaire seraient passées de 62 % en début
d'année à 39 % aujourd'hui. Ce serait en Chine que l'on aurait le plus de
personnes favorables (70 %) devant la Corée du Sud (64 %). En France, on
aurait une baisse de 8 % (de 66 à 58 %). Les plus opposés seraient les
Autrichiens (90 %) devant les Grecs (89 %) et les Géorgiens (80 %). Si le
référendum souhaité par Berlusconi en Italie avait été maintenu, 75 % des
Italiens auraient voté contre la reprise du nucléaire.
21 avril
- 11h, TEPCO annonce avoir relâché 5000 Tbq en mer depuis le 1er avril
soit 20 000 fois ce qu'elle est autorisée à rejeter par an. Selon les
autorités de sûreté japonaise, ce seul rejet en mer correspond déjà à un
accident de niveau 5 à 6.
- 12h, une trentaine de militants de Greenpeace déroulent une banderole géante sur
le siège d'EDF à Paris : "le nucléaire sûr n'existe pas". La
même banderole est déroulée par un autre groupe sur l'Atomium de
Bruxelles. Greenpeace demande l'arrêt des chantiers des
EPR en Finlande et à Flamanville, le retrait des entreprises françaises
dans les projets en Bulgarie, au Brésil et en Inde et une décision de
sortie du nucléaire.
- 15h30, nouveau séisme de force 6,3 au nord-est de Tokyo.
- 17h, le gouvernement japonais a décidé de faire des tests sur du lait
maternel de femmes évacuées de la région pour dépister d'éventuelles
contaminations radioactives.
- 20h, 150 supporters du club de foot de Nuremberg, 6e du championnat
allemand, ont demandé au club que cesse le sponsoring avec Areva.
22 avril
- 10h, une trentaine de militants du comité Stop EPR2 ont
occupé les locaux de l'ASN, Autorité de sûreté nucléaire, pour une
"visite d'inspection décennale". Avec l'aide des forces de
l'ordre, ils ont obtenu la fermeture provisoire du site. Ils demandent à
l'ASN de s'expliquer sur l'absence de sanctions à l'encontre d'EDF lorsque
l'électricien ne répond pas aux demandent de l'ASN ou falsifie des
données. Rappelant que la sanction suprême est la fermeture des sites
nucléaires, les militants demandent à l'ASN de prendre les mesures
nécessaires pour fermer les sites situés en zone séismique ou inondable,
un arrêt des chantiers des EPR 1 et 2 ou… la fermeture de l'ASN.
- 15h, le gouvernement japonais modifie la norme d'exposition à la
radioactivité en passant cette fois la limite à 20 millisieverts par an…
soit une multiplication par 20 pour les adultes depuis le début de
l'accident… et par 80 pour les enfants. Ainsi, il n'est pas besoin
d'évacuer plus de monde ! De nombreuses organisations scientifiques et
politiques ont protesté contre cette mesure.
- 19h, alors que jusqu'à maintenant le projet était bloqué, le conseil
général de Vendée a voté en faveur de l'implantation d'éoliennes offshore
: 96 fois 6 MW entre l'Ile d'Yeu et l'Ile de Noirmoutier, à 21 km des
côtes. Ce vote étant motivé par "la nouvelle donne provoqué par
l'accident de Fukushima". La production électrique attendue dépasse
légèrement les besoins du département.
- 21h, l'AFP publie un récapitulatif : 440 réacteurs dans le monde sur
221 sites et 90 millions de personnes qui vivent dans un rayon de 30 km autour.
En France, 5 millions de personnes vivent autour d'un des 19 sites. Si
l'on monte à 75 km, on a alors près de 500 millions de personnes
concernées : 111 aux Etats-Unis, 72 en Chine, 57 en Inde, 39 en Allemagne,
33 au Japon, 22,4 en France (soit un habitant sur trois).
- 23h, le gouvernement japonais annonce étudier comment procéder à
l'évacuation des personnes situées entre le 20 et le 30e kilomètres au cas
où la contamination continuerait à augmenter.
23 avril
- 8h, tous les panneaux d'entrée de la ville de Gravelines (Nord) et
des autres communes situées dans un rayon de 30 km, ont été recouverts
d'affiches "Tcherno-ville". La centrale de Gravelines compte 4
réacteurs de plus de 30 ans.
- 8h, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Tokyo pour
demander la sortie du nucléaire.
- 15h, nombreuses marches antinucléaires dans une quarantaine de villes
d'Allemagne pour les traditionnelles "marches de Pâques". 145
000 manifestants au total.
- 15h, die-in à Lille (30 personnes). Manif à Poitiers (60 personnes).
24 avril
- 15h, 300 manifestations ont eu lieu en France pendant le week-end du
23 au 25 avril : dont une vingtaine devant les centrales de Golfech (400
personnes), Cattenom (3000), Saint-Laurent-des-Eaux (80 personnes),
Flamanville (800), Cruas (200), Brennelis (800), Blayais (800), Lyon
(300), Redon (200). Grosse manif sur le pont de l'Europe à Strasbourg pour
la fermeture de Fessenheim : 1500 côté français, 5000 côté allemand. Des
manifs avaient également lieu sur cinq autres ponts frontaliers : 3000
(dont 700 français) ont bloqué le pont entre Marckolsheim et Sasbach.
Distribution de tracts à Montpellier (40 personnes). Manif à Bruxelles
(1000 personnes) et à Vienne (1000 personnes). Au total, plus de 20 000
manifestants français.
- 24h, une centaine de femmes habitant dans la zone contaminée mais non
évacuée protestent publiquement pour la première fois en demandant
"protégez nos enfants, fermer les réacteurs nucléaires". Elles
protestent contre la décision du gouvernement de relever les doses
admissibles.
25 avril
- 12h, TEPCO indique que les robots français ne peuvent être utilisés
car trop volumineux. Les robots américains permettent de faire des mesures
précises et de filmer à l'intérieur des zones dangereuses, mais pas de
faire des interventions. Ce sont donc des humains qui devront se relayer
dans des zones où les doses annuelles (augmentées) peuvent être atteintes
en quelques dizaines de minutes. TEPCO indique également qu'il a des
difficultés à maintenir les piscines de stockages des barres de
combustibles du réacteur n°4 à une température basse, ceci malgré
l'injection permanente d'eau pour la refroidir.
- 16h, TEPCO annonce une baisse de salaire de 50 % pour ses dirigeants,
de 20 % pour ses cadres supérieurs. Il économisera ainsi 450 millions
d'euros par an.
26 avril
- 1h23, 25e anniversaire de l'accident de Tchernobyl. Le réacteur n°4 explose libérant 2 % de son contenu dans
l'atmosphère. Une zone interdite de 30 km est toujours en place. Près d'un
million de personnes sont déjà mortes et 7 millions vivent dans des zones
contaminées et sont destinées à mourir d'un cancer. L'accident a déjà
coûté 1000 milliards de dollars. Vladimir Kouznetsov, conseiller auprès de
Rosatom, l'EDF russe, estime que onze réacteurs russes sont aujourd'hui
vétustes et qu'ils devraient être fermés depuis longtemps. Lors d'un
colloque à Kiev, l'OMS annonce pour la première fois 10 000 morts (contre
4000 avant). Pour rappel, les gouvernements russe
et ukrainien parlent, eux, d'un million de morts.
- 5h, selon l'autorité de sûreté nucléaire japonaise, les rejets de
radioactivité ne seraient plus que de 1 terabecquerels par jour soit 150
fois moins qu'au début du mois. Depuis le 11 mars, le total des émissions
atteindrait 370 000 terabecquerels soit autant que ce que Tchernobyl a
libéré lors des dix premiers jours de l'accident. Pour rappel, Tchernobyl
a libéré 200 fois plus de radioactivité que la bombe sur Hiroshima.
- 12h30, TEPCO annonce avoir commencé un programme de projection de résine
sur le sol pour fixer les poussières radioactives. Selon ses estimations,
il faudra projeter un million de m3 de résines pour couvrir une surface de
50 hectares. Pour le moment, la pulvérisation est faite par des hommes en
tenue de protection, mais TEPCO espère pouvoir les remplacer par un
véhicule spécialisé.
- 14h, à Minsk, plusieurs centaines de manifestants osent braver la
répression de la dictature biélorusse pour demander l'arrêt de la
construction d'un premier réacteur dans le pays. La Biélorussie est le
pays le plus contaminé par l'accident de Tchernobyl, près de sa frontière
sud.
- 20h30, pendant une semaine, France-Culture lit des extraits du livre La
supplication.
27 avril
- 8h, début de la cinquième année de présence quotidienne devant l'entrée
de l'OMS à Genève pour dénoncer l'accord qui oblige l'OMS à soumettre ses
publications à l'AIEA, Agence de promotion de l'énergie nucléaire. Pour la
première fois, la directrice de l'OMS, Margaret Chan, a accepté une
entrevue qui aura lieu le 4 mai.
- 8h, le Monde publie une tribune signée
par Youri Bandajevsky, ancien recteur de l'université de médecine de
Gomel, Michèle Rivasi et Daniel Cohn-Bendit. On y apprend que le taux de
croissance démographique en Biélorussie, pays le pus touché par l'accident
de Tchernobyl, est actuellement de -0,59 %, ce qui signifie une
surmortalité effroyable et une baisse importante de la natalité : les gens
ne peuvent plus avoir d'enfants après 25 ans de contamination au césium.
- 8h, l'Autorité de sûreté nucléaire autorise Areva à lancer un
chantier de réparation pour refaire les soudures des tuyaux qui traversent
la cuve du réacteur EPR. Ce défaut de fabrication avait été révélé en
septembre 2010 par le Réseau Sortir du nucléaire. L'ASN
étudiera ensuite si le couvercle de la cuve présente bien la résistance
souhaitée avant d'autoriser la poursuite du chantier… qui compte déjà plus
de 3 ans de retard.
- 10h, TEPCO annonce que toutes ses centrales abîmées par le tsunami
seront remises en marche d'ici le mois de juillet. Il s'agit évidemment de
centrales thermiques au gaz… pour les centrales nucléaires, ce sera
nettement plus long.
- 10h, le gouvernement explique
les difficultés qu'il rencontre pour l'évacuation de la zone au-delà des
20 km autour de Fukushima. Les principaux problèmes concernent le
relogement des personnes hospitalisées ou en maison de retraite. Dans la
ville d'Iitate, à 40 km de la centrale, mais particulièrement touchée par
les émissions radioactives, il y a par exemple à reloger un asile
psychiatrique spécialisé avec 107 résidents dont 30 alités. à Okuma, il y
a un hôpital avec 440 patients dont une centaine entrés à la suite du
tremblement de terre. Plusieurs malades sont morts lors de leur transfert
vers d'autres hôpitaux.
- 13h, les mesures de radioactivité à Tokyo sont, de source officielle,
toujours assez basse, mais quand même avec deux fois plus de radioactivité
dans l'air à l'extérieur qu'à l'intérieur des habitations.
28 avril
- 1h, selon la Commission de sûreté nucléaire japonaise, les
estimations de TEPCO sur les émissions d"iode et de césium radioactif
sont sans doute fausses : une étude portant sur la journée du 5 avril
donne un résultat dix fois plus élevé que ce qu'annonçait TEPCO ce jour
là : 6,4 terabecquerels au lieu de 0,69 annoncés.
- 4h, TEPCO indique qu'il lui
faut encore envoyer de 140 à 210 tonnes d'eau par jour rien que pour
refroidir le combustible des piscines du réacteur n°4, ce qui fait autant
d'eau radioactive à stocker ensuite, même si elle s'évapore en partie.
TEPCO estime que le réacteur 1 aurait fondu de 55 %, le 2 de 35 % et le 3
de 30 %.
- 8h, le gouvernement japonais s'inquiète de la pérennité du
fonctionnement de l'ensemble du parc nucléaire : celui-ci fonctionne avec
de nombreux sous-traitants (environ 70 000) qui pour la plupart ont déjà
ou vont être irradiés sur le site de Fukushima et ne peuvent donc plus
travailler sur les autres centrales. Le gouvernement craint une pénurie
qui empêcherait l'entretien des centrales encore en fonctionnement. Malgré
les annonces dans la presse, les entreprises sous-traitantes ont annoncé
avoir du mal à recruter.
- 9h, une tornade aux Etats-Unis provoque la chute de onze lignes à
haute tension ce qui entraîne l'arrêt d'urgence de trois réacteurs de la
centrale de Browns Ferry (Tennessee).
- 13h, polémique aux Etats-Unis : des scientifiques annoncent avoir
mesuré des retombées d'uranium en Californie et de plutonium en
Nouvelle-Angleterre (43 fois trop élevé) et à Hawaï (11fois trop élevé).
Si cela est exact, cela signifierait que l'accident de Fukushima est
totalement sous-estimé. Or le Japon ne donne pour le moment que des
mesures de radioactivité sur l'iode et le césium. Ces scientifiques
demandent au Japon les mesures faites sur l'uranium et le plutonium. Il
pourrait s'agir de la conséquence de l'explosion du réacteur n°3 dont les
piscines de stockage du combustible usagé semblent avoir été pulvérisé…
alors qu'elles contenaient du MOX.
- 14h, Greenpeace proteste après que le gouvernement japonais lui ait
interdit d'approcher des zones contaminées avec son navire Rainbow Warrior. Greenpeace a annoncé son intention
de faire une campagne de mesures de la radioactivité dans l'eau, dans la
faune et la flore marines.
- 15h, Sarkozy annonce qu'il va aller visiter la centrale de Gravelines
(Nord). Pour annoncer cela, il se fend de quelques petites phrases :
"sortir du nucléaire reviendrait à se couper un bras" et
d'insister tout en finesse "nous n'allons pas revenir à la
bougie". Il est vivement critiqué par les réseaux associatifs mais aussi
par la commission énergie du PS. Le Réseau Sortir du nucléaire rappelle que Gravelines utilise
une technologie similaire à celle de la centrale de Three-Mile Island
victime d'un accident grave en 1979. Que 5 des 6 réacteurs de la centrale
sont chargés en Mox, le même qui a provoqué le relâchement de plutonium à
partir du réacteur n°3 de Fukushima. Que les six réacteurs sont concernés
par deux anomalies génériques et qu'EDF refuse de les supprimer car cela
coûterait trop cher. Que Gravelines, plus grosse centrale d'Europe, est
installé à côté de 13 sites "Seveso seuil haut" dont un dépôt
pétrolier à 500 m. En cas d'incendie, les conséquences chimiques pourraient se rajouter à la pollution radioactive. Que
le récent essai d'évacuation des populations dans un rayon de seulement
2km a été un échec total. Enfin que les réacteurs sont construits 45 cm en
dessous du niveau de la crue milléniale… alors que le niveau de la mer
monte.
- 19h, Abdoulaye Wade, président du Sénégal, en visite sur un salon de
l'énergie, lance un appel aux Etats africains pour que tous renoncent au
nucléaire. Il annonce le retrait du Sénégal d'un projet de centrale
flottante étudiée avec la Russie au large de Dakar.
29 avril
- 8h, un sondage commandé par Greenpeace révèle que 64 % des Turcs sont
contre la construction d'un premier réacteur nucléaire dans le pays, 7 %
sont pour, les autres ne se prononcent pas.
- 9h, le gouvernement indien annonce un moratoire sur la construction
des réacteurs nucléaires en cours, le temps de remettre à niveau les
normes de sûreté après l'accident japonais.
- 9h, le Monde publie une tribune du sociologue
Pierre Jacquiot, qui pose la question de la vulnérabilité des réacteurs
nucléaires en cas de guerre. Si le territoire français n'a pas connu de
guerre depuis 65 ans, il rappelle que c'est un record dans notre histoire.
Imaginons un instant qu'un Khadafi, acculé par les bombardements décide de
se venger…
- 12h, alors que la ville d'Iirate, à 40 km de la centrale, fortement contaminée,
est en cours d'évacuation depuis maintenant plus de quinze jours, les
autorités signalent qu'encore 45 enfants ont été évacués seulement
aujourd'hui.
- 13h, à Berne (Suisse), les autorités demandent la levée du campement
antinucléaire installé devant le siège des Forces motrices bernoises,
société qui gère la centrale de Mühleberg. Les antinucléaires ont annoncé
leur intention de rester jusqu'à la fermeture du réacteur. 500 personnes
se relaient.
- 14h, Toshiso Kosako, expert en sûreté nucléaire auprès du premier
ministre depuis le 16 mars dernier, démissionne estimant que la gestion de
l'accident n'est pas menée de manière rigoureuse et se contente de mesures
provisoires qui retardent d'autant une résolution rapide des problèmes en
cours.
- 18h, l'IRSN publie un nouveau bulletin sur Fukushima. l'IRSN estime
que la poursuite de l'arrosage des réacteurs alors que l'eau s'écoule
ensuite à l'extérieur n'est pas une solution pérenne… et que mettre en
place des solutions définitives sera long.
- 21h30, le conseil régional de Provence-Alpes-Cote-d'Azur a adopté une
motion présenté par le groupe Europe-Ecologie-Les Verts-Parti occitan,
demandant au préfet de provoquer une réunion des acteurs du nucléaire pour
viser un processus de transition énergétique préparant à une sortie du
nucléaire ; la motion demande également qu'EDF renonce à sa politique de
sous-traitance ; enfin, elle demande que les structures militaires (rade
de Toulon, Cadarache) soit soumises aux mêmes réglementations notamment en
terme de communication des informations.
- 22h, l'AIEA propose de renforcer les normes de sûreté dans le secteur
du nucléaire et se dit favorable à la proposition française de création
d'une force internationale d'intervention rapide en cas d'accident. Le Réseau Sortir du nucléaire analyse que cela signifie
que l'on refuse d'envisager la sortie du nucléaire et que l'on préfère
préparer la catastrophe suivante.
30 avril
- 14h, 5000 manifestants à Taipei (Taïwan) pour demander l'arrêt du chantier
du 4e réacteur nucléaire du pays. 2000 manifestants à Tokyo… et un appel à
une vaste manifestation dans tout le pays le 11 juin prochain, pour le 3e
mois de l'accident.
- 15h, die-in au centre de Brest d'une centaine de personnes. 150
personnes manifestent à Avranches (Manche) pour demander l'arrêt du
chantier de l'EPR. 300 personnes manifestent à Paris, 300 à Rennes
également.
Chronologie - Mai
1er mai
- 13h, François Chérèque aborde la question de la sortie du nucléaire à
l'issu du défilé du 1er mai. Pour lui, si la sortie du nucléaire n'est pas
possible dans l'immédiat, on peut au moins chercher à en diminuer
l'importance, cela passe par l'arrêt de la construction de nouveaux
réacteurs et la fermeture des réacteurs les plus dangereux.
2 mai
- 4h15, cinquante manifestants de Greenpeace bloquent
l'entrée du chantier de l'EPR à Flamanville à l'aide de deux camions
placés en travers des portails d'entrée. D'autres manifestants ont réussi
à pénétrer sur le site et trois grues sont occupées.
- 5h, TEPCO annonce la construction d'une digue au large de Fukushima
pour éviter les risques de tsunami au moment où les réacteurs ont leur
cœur à l'air libre. La digue sera construite d'ici la mi-juin.
- 7h, TEPCO s'inquiète d'une remontée
de la radioactivité en iode 131 (30 % plus haute ce matin que jeudi
dernier, craignant l'apparition d'une nouvelle fuite sur le réacteur n°2.
- 17h, les forces de police ont réussi à aller décrocher les militants
de Greenpeace et à libérer les grues du
chantier de l'EPR occupées. Quatre militants ont été molestés. 42 placés
en garde à vue. Ils sont convoqués au tribunal de Cherbourg le 16 juin.
- 19h, Suite à une rencontre post-Grenelle, Sarkozy propose un Grenelle
de l'efficacité énergétique… sans aborder la question du nucléaire. Greenpeace, FNE et WWF rejettent la proposition. Par
contre les associations obtiennent la promesse d'un audit de la Cour des
comptes sur les coûts de l'ensemble de la filière nucléaire.
3 mai
- 8h, premier jour de production pour la centrale éolienne Baltic 1 construite
en mer au large du nord de l'Allemagne. Cette centrale offshore de 40 MW
appartient à Siemens qui communique en se présentant comme "leader
dans le domaine de l'éolien". Il y a quelques années, elle était
leader dans le domaine du nucléaire. Le vent tourne… Pour le moment, il y
a 21 éoliennes, mais il est prévu progressivement de monter à des
centaines de machines pour atteindre plusieurs milliers de MW.
- 10h, TEPCO explique qu'avec le temps qui passe, le site de Fukushima
devient de plus en plus radioactif et les zones où les humains ne peuvent
pénétrer s'étendent. TEPCO lance donc un appel aux fabricants pour
récupérer des robots commandables à distance pour pouvoir effectuer la
suite des opérations. L'armée américaine pourrait fournir en partie ce
type de matériel, le Japon n'ayant pas de robots programmés pour ce genre
d'interventions.
- 12h, environ 400 petits actionnaires de TEPCO ont déposé une motion
pour l'assemblée générale de la société demandant que celle-ci renonce à
l'énergie nucléaire. 232 actionnaires ont fait la même demande à la
société Tohoku Electric.
- 14h, le gouvernement japonais a décidé de créer une provision de 33
milliards d'euros pour indemniser les populations déplacées.
- 17h, Sarkozy en visite à Gravelines, fustige les antinucléaires :
"si on arrête le nucléaire, le prix de l'électricité sera multiplié
par 4 (…) Il faudrait dépenser 45 milliards d'euros pour fermer le parc
nucléaire". Pour le prix, il n'y a qu'à regarder les prix dans les
pays sans nucléaire : c'est sensiblement le même qu'en France. Quant au
prix pour arrêter le nucléaire, il se trompe également : c'est beaucoup
plus car le démantèlement des réacteurs actuels (qu'il faudra bien faire
un jour de toute manière) coûtera sans doute entre 100 et 200 milliards. Greenpeace lui
répond que maintenir le nucléaire a aussi un prix : remplacer les 58
réacteurs actuels vieillissants coûterait au bas mot 200 milliards… les
remplacer par des éoliennes ne coûterait pas aussi cher. Cécile Duflot
pour EELV a répondu également : "Nicolas Sarkozy a servi aux Français
une soupe caricaturale, mensongère et méprisante au sujet de l’énergie
nucléaire (…) Nicolas Sarkozy se comporte aujourd’hui en camelot et débite
des poncifs", "le nécessaire débat sur le nucléaire et l’énergie
mérite une posture plus digne de la part du président français".
4 mai
- 9h, TEPCO annonce que l'eau de mer, à 15 km de la centrale, présente
un taux de radioactivité 600 fois supérieur à la normale : 1400 bq/l de
césium 137, 1300 bq/l de césium 134 et 190 bq/l d'iode 131. Les
antinucléaires s'inquiètent que les mesures ne soient faites que sur
quelques radionucléides alors qu'il y en a des milliers dont certains sont
encore plus toxiques (uranium, plutonium, américium…).
- 12h, polémique autour de la présence de femmes parmi les travailleurs
exposés sur le site de Fukushima. TEPCO n'a pas tenu compte de leur plus
grande sensibilité aux radiations et plusieurs femmes sont gravement
contaminées.
- 12h, lancement d'un appel international des "Mères pour sauver
les enfants des radiations" qui protestent contre le relèvement des
taux de radioactivité admissible pour les enfants… au niveau des
travailleurs du nucléaire (voir site http://mscr2011.jugem.jp)
- 12h, le gouvernement estime le coût de l'accident à plus de 4000
milliards de yen (33 milliards d'euros) et demande que TEPCO en paie la
moitié, que les huit autres électriciens paient le reste. TEPCO entame un lobbying
pour essayer de bloquer tout projet de nouvelle loi qui irait dans ce
sens.
- 16h, huit associations (Greenpeace,
WEFC, Hespul, Réseau Sortir du nucléaire, Agir pour l'environnement, Les
Amis de la terre, le CLER et le Réseau action climat) ont adressé
une fin de non recevoir à Nicolas Sarkozy concernant l'organisation d'un
Grenelle de la sobriété énergétique qui ne prendrait pas en compte le
nucléaire.
- 16h, à Besançon, en soutien au mouvement Independent Who (voir
ci-après), une exposition des portraits de 270 liquidateurs de Tchernobyl
est installée place Pasteur par le collectif antinucléaire bisontin.
- 18h, après quatre ans de présence devant l'entrée de l'OMS, six
militants d'"Independent Who -
OMS indépendante" et
un représentant de la ville de Genève sont reçus pour la première fois par
Margaret Chan, la directrice générale de l'OMS. L'entretien a duré deux
heures, mais les promesses concernant la publication des documents
disponibles sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl sont restées floues.
La directrice s'est retranchée derrière le manque de personnel et
d'expertise dans ce domaine, pour justifier le manque d'implication dans
le domaine nucléaire. Elle a annoncée la mise en place d'une étude
épidémiologique pour le suivi de l'accident de Fukushima, mais ne s'est
engagé en rien concernant la publication des données. Elle a refusé toute
révision de l'accord entre l'OMS et l'AIEA, estimant que cela ne nuisait
pas à l'indépendance de l'OMS.
- 19h, Christophe de Margerie, P-DG
de Total qui a, pour la première fois, pris 8 % dans la
capital de l'EPR de Penly (Seine-Maritime) annonce dans un entretien àChallenges que le projet pour ce 2e EPR est
stoppé. Eric Besson, pour le gouvernement, a vivement réagi contre cette
affirmation. Mais c'est bien Total qui paie, pas Eric Besson ! Dans le
même entretien, Christophe de Margerie déclare : "Avant même
Fukushima, la situation n'était pas très encourageante. Les Allemands, les
Italiens et les Britanniques étaient incertains. Il y avait une envie de
faire, mais rien de concret, sauf en Chine, peut-être en Inde et à Abou
Dhabi. Depuis l'accident japonais, l'hésitation de l'Allemagne s'est fixée
sur le retrait du nucléaire. En Italie, c'est la même chose. Aux
Etats-Unis, c'est pareil".
- 19h, André-Claude Lacoste, président de l'Autorité de Sûreté
nucléaire, s'inquiète du calendrier prévu pour faire les tests sur les
réacteurs nucléaires : seulement deux mois et demi à la rentrée 2011, cela
lui semble insuffisant pour faire correctement les vérifications nécessaires.
Il reconnaît qu'il n'est pas possible d'être transparent sur des questions
comme les chutes d'avion ou les risques terroristes. Il répond aussi au
vœu de l'AIEA que les normes internationales soient contraignantes : pour
lui, ce n'est pas possible car plusieurs Etats dont les Etats-Unis, la
Chine, la Russie et l'Inde s'y opposent.
- 20h, le gouvernement autrichien dénonce le laxisme des tests envisagés
sur les réacteurs européens. Il demande notamment que soient envisagés des
attentats terroristes. Le groupe des Verts au Parlement européen estime
que la Grande-Bretagne et la France ont tout fait pour en arriver là. Le
quotidien allemand Süddeutsche
Zeitung révèle
que ces deux pays ont tout fait pour que l'on évite de parler de la chute
d'un avion… car aucun réacteur ne pourrait résister à cela et logiquement,
il faudrait donc tous les fermer ! Des élus Verts révèlent que la cyber
criminalité n'est pas — officiellement du moins — prise en compte… alors
que le projet de réacteur iranien a été récemment stoppé par un sabotage
informatique.
5 mai
- 7h30, pour la première fois depuis le 11 mars 2011, deux ouvriers ont
pénétré dans le réacteur n°1 pour essayer de rebrancher des systèmes de
ventilation. Ils sont habillés avec des tenues de protection maximales, le
taux de rayonnement, 700 millisieverts par heure, ne permettant de rester
que quelques minutes.
- 8h, le site Altermonde reprend un entretien diffusé le
27 avril sur la chaîne de télévision belge 7sur7. La physicienne australienne Helen Caldicott,
experte en armes nucléaires depuis trente ans, y explique pourquoi
Fukushima est pire que Tchernobyl : pour elle, si Tchernobyl a déjà tué
environ un million de personnes et contaminé 40 % des sols européens, elle
estime que Fukushima est encore pire : 6 réacteurs d'un coup et ceci dans
une zone très densément peuplée. Il y avait 250 kg de plutonium dans ces
six réacteurs et les piscines de stockage. Même si on ne sait pas encore
quel pourcentage est parti dans l'atmosphère, elle rappelle que sa
toxicité est énorme et pourra contaminer d'autant plus de gens que la
contamination circule par les produits alimentaires.
- 9h, la température du combustible dans le réacteur n°3 est remonté à
143°C soit 33°C de plus en une semaine. TEPCO cherche l'explication et
craint un nouvel incendie.
- 10h, polémique au Japon sur l'état des réacteurs nucléaires. Selon un
rapport de la JANTI (Japan Nuclear Technology Institute), un organisme de
promotion du nucléaire, les scénarios communiqués par TEPCO et par le
gouvernement sont erronés. Pour son directeur, Mishio Ishikawa, ancien
conseille de l'AIEA, les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 ont fondu à 100 %.
- 15h, le gouvernement bulgare annonce que la moitié des gaines de
protection du réacteur n°5 de la centrale nucléaire de Kozlodoui sont
fissurées, libérant un gaz radioactif (le xénon 133) sans émission hors du
réacteur. Cela a été découvert lors d'une opération de maintenance. Les
mêmes défauts avaient déjà été trouvés dans le réacteur n°6. Seuls les
réacteurs 5 et 6 sont encore en fonctionnement. Les 4 premiers ont été
fermés entre 2002 et 2006.
- 15h, l'Inspection
fédérale de la sécurité nucléaire suisse reconnaît que les piscines de
combustibles des cinq réacteurs suisses ne résisteraient pas à un fort
séisme. Elles ne sont pas non plus sûres en cas de forte inondation. Les
exploitants ont jusqu'à fin août pour proposer des solutions.
- 17h, devant l'Assemblée
nationale, Jacques Repussard, directeur général de l'Institut de
radioprotection et de sûreté nucléaire, affirme "Il faut accepter de
se préparer à des situations complètement inimaginables". Non, merci,
vraiment, on préfèrerait se passer du nucléaire.
6 mai
- 7h, environ 10 000 manifestants ont manifesté sous la pluie à Tokyo
pour demander une sortie du nucléaire.
- 8h, manifestation de sous-traitants polonais devant le chantier de
l'EPR. Ils dénoncent le non-respect de la législation sur le travail, avec
le soutien de la CGT.
- 13h30, le gouvernement japonais demande à la compagnie Chubu Electric,
l'arrêt des réacteurs de la centrale d'Hamaola située à 200 km au
sud-ouest de Tokyo. Cette centrale est dans une zone fortement séismique
et également proche de la mer. La fermeture serait pour le temps de
construire une digue anti-tsunami et une vérification des capacités à
résister à un séisme important. La centrale compte 2 réacteurs à l'arrêt
et 3 autres en fonctionnement. Cela représente une perte de 3360 MW de
puissance supplémentaire (en plus des 11 réacteurs arrêtés le 11 mars et de
3 autres toujours arrêtés depuis le séisme de 2007).
- 15h, une cinquantaine de manifestants des Jeunes écologistes manifestent
à la défense pour — faussement — défendre les groupes industriels victimes
des normes vertes liberticides.
7 mai
- 12h, un projet de nouveau
rapport du Groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur l'évolution
du climat (Giec) est rendu public par l'AFP. Ce rapport de 1500 pages doit
encore être soumis aux Etats avant validation. Dans les données, il y est
dit que charbon, pétrole et gaz représentent 85 % de notre consommation
énergétique mondiale, les renouvelables 13 % et le nucléaire… 2 %. Le
rapport compare 164 scénarios. Selon les choix qui sont faits, la part du
renouvelable devrait, d'ici 2050, augmenter de 3 à 20 fois. Le GIEC
insiste pour qu'il y ait une modification des subventions en leur
direction au détriment des énergies fossiles. Même dans le cas le plus
favorable (77 % de renouvelables en 2050), les gaz à effet de serre ne
baisseraient que de 30 % ce qui est insuffisant. Evidemment, ce rapport
n'envisage pas des situations décroissantes où la consommation d'énergie
serait de plus en plus limitée, pourtant la seule manière d'arriver à
stabiliser le climat et limiter la destruction de la planète. Ce rapport
intermédiaire devrait conduire à un 5e grand rapport en 2014.
8 mai
- 14h, un millier de personnes manifestent à Madrid pour demander la
fermeture des derniers réacteurs du pays. Le plus ancien, à Garona, date
de 1971 et est de même type que Fukushima.
- 15h, le gouvernement américain renouvelle sa demande au gouvernement
japonais d'étendre à 80 km la zone d'extension de l'évacuation des
populations, en particulier dans la direction nord-ouest particulièrement
touchée. Le département d'Etat à l'énergie des Etats-Unis a publié une
nouvelle carte montrant des taches de radioactivité dans la zone située
entre 60 et 80 km du site qui atteignent entre 3 et 14,7 millions de
becquerels/m2 en césium 137. Il rappelle qu'au moment de Tchernobyl, les
personnes ont été évacuées dans les zones où cette contamination
atteignait seulement 0,550 millions de bq/m2. Le problème pour le
gouvernement japonais est que pour déjà évacuer à 60 km, il faudrait
évacuer plus de 8 millions de personnes.
9 mai
- 9h, le Japon et les Etats-Unis signent un accord pour essayer de
convaincre la Mongolie d'ouvrir un site de stockage pour les déchets
nucléaires. Sachant la dangerosité des transports, c'est pour le moins une
très mauvaise idée… d'autant plus que la Mongolie n'a aucune expérience dans
le domaine du nucléaire.
- 10h, la Chine annonce une révision complète de ses procédures
d'urgence et de ses normes en matière de construction : actuellement les
13 centrales du pays sont toutes en bord de mer. Tous les chantiers en
cours restent arrêtés en attendant.
- 15h, l'ASN, Autorité de sûreté nucléaire publie un cahier des charges
pour les tests à réaliser sur les réacteurs français. N'y figurent pas les
risques terroristes, le risque de chute d'un avion, le facteur humain
(première cause d'accident) et oublie les transports où peuvent se
concentrer des quantités de radioactivité supérieures à celles d'un
réacteur. Pour clore, le manque de sérieux de ces propositions, les tests
sont à effectuer par les exploitants eux-mêmes (donc par EDF).
- 20h, selon une revue automobile, le prochain salon de la voiture de
Tokyo a complètement supprimé toute référence à la voiture électrique. Il
y a en effet un retournement de situation depuis l'accident nucléaire :
alors que jusqu'alors la voiture électrique était perçue comme propre,
elle est maintenant associée au nucléaire.
- 21h, la majorité UMP du conseil général du Haut-Rhin repousse une
motion présentée par une élue EELV demandant l'arrêt de la centrale de
Fessenheim. 32 élus ont votés contre (UMP), 13 pour (écologistes,
socialistes et une indépendante) et 4 abstentions (centristes et
indépendants).
10 mai
- 7h, Tepco demande de l'aide au gouvernement japonais. Estimant qu'il
ne peut plus suivre financièrement, il justifie cette aide en expliquant
que sa faillite provoquerait l'arrêt d'autres centrales (nucléaires ou
non) dans le pays et provoquerait une perturbation du réseau électrique de
grande ampleur.
- 8h, Le Frankfurter Rundschau signale qu'outre les sept
réacteurs arrêtés après le 11 mars, quatre autres sont actuellement à
l'arrêt pour maintenance… et que donc seuls six fonctionnent. Il suggère
de les arrêter aussi puisque l'arrêt des 11 premiers ne provoque pas de
rupture d'approvisionnement. Contrairement aux déclarations mensongères de
Sarkozy ("le prix de l'électricité serait multiplié par quatre si on
arrêtait le nucléaire", 3 mai 2011 à Gravelines), le quotidien
signale qu'il n'y aucune hausse du prix de l'électricité sur le marché
industriel.
- 8h, La préfecture de Fukushima annonce qu'elle veut procéder à
l'enlèvement d'une couche de terre dans les cours d'une dizaine d'écoles
où les taux de radioactivité sont trop élevés pour que les enfants
puissent jouer dehors.
- 8h45, Petit tremblement de terre en Normandie, de magnitude 3,2,
épicentre au large de La Breche-d'Hermanville (au nord de Caen) ; à
mi-chemin entre Penly et Flamanville.
- 9h, Le Chili qui a annoncé l'arrêt de ses engagements dans le
nucléaire après le 11 mars 2011, annonce le lancement d'un projet de cinq
barrages en Patagonie pour une puissance de 2750 MW. La croissance de
la consommation d'électricité dans le pays est de 6,5 % par an… mais
60 % des Chiliens sont contre la construction de ces barrages dans
une zone naturelle.
- 14h, Le gouvernement japonais annonce l'annulation de son plan
énergétique qui prévoyait de monter de 30 % à 50 % le nucléaire dans la
production d'électricité. Il annonce ouvrir le débat en souhaitant aller
en direction des énergies renouvelables.
- 14h, Le premier ministre japonais annonce renoncer à son salaire tant
que la crise de Fukushima-Daiichi ne serait pas résolue. Huit dirigeants
de Tepco suivent le mouvement.
- 17h, Les autorités russes annoncent avoir maîtrisé un feu de forêt qui
s'est tenu en zone contaminée près de l'usine de traitements des déchets
de Maïak, dans l'Oural. A chaque fois, ces incendies provoquent une
dispersion de cendres radioactives… même si l'accident remonte à
1957 ! Les associations écologistes russes rappellent qu'à cette
époque 260 000 personnes ont été évacuées… et qu'elles le sont
toujours.
- 20h, Un pointage fait par des journalistes japonais indique que seuls
15 réacteurs nucléaires sur 53 sont actuellement en fonctionnement dans le
pays.
- 20h, Le commissaire européen à l'énergie, Günter Oettinger, refuse que
Bruxelles valide les démarches de tests engagés si ceux-ci n'incluent pas
les risques humains et les actes terroristes.
- 22h, Le gouvernement japonais annonce que l'on a dépassé le cap des
100 000 personnes évacuées, deux mois après le début de l'accident. Il en
reste huit millions à reloger ! Il demande aux Japonais de cesser les
mesures de discriminations observées contre ces réfugiés… souvent trahis
par la plaque d'immatriculation de leur voiture.
- 22h, Le port de Rotterdam annonce l'interception de 19 conteneurs
provenant du Japon présentant un taux de radioactivité trop important.
- 22h, Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, annonce la tenue
d'une conférence internationale sur le nucléaire le 22 septembre 2011 à
New-York, au moment de l'assemblée générale des Nations Unies.
11 mai
- 6h, L'empereur du Japon se rend
dans un camp de réfugiés dans la préfecture de Fukushima, deux mois après
le début de l'accident.
- 9h, Tepco annonce une prévision de perte de 9 milliards pour 2011. Ce
n'est que le début de l'effondrement financier !
- 10h, le gouvernement japonais annonce une campagne d'abattage pour les
animaux d'élevage qui sont restés dans la zone interdite et qui déambulent
librement dans les champs. Plus de 10 000 vaches seront abattues.
- 14h, Inquiétude sur le site : le niveau de radioactivité est
remonté autour du réacteur n°1, signalant une probable nouvelle fuite. De
l'eau radioactive s'est également déversée en mer, preuve d'une fuite au niveau
du réacteur n°3.
- 14h, Les Philippines ont construit un seul réacteur nucléaire.
Celui-ci a été achevé en 1984. Il aurait dû produire 620 MW. Mais
après le renversement du dictateur Ferdinand Marcos, la nouvelle
présidente Corazon Aquino a refusé de donner le feu vert à sa mise en
route, doutant de sa sécurité. Le réacteur est resté ainsi en inactivité
depuis. Après l'accident de Fukushima, les autorités ont décidé de
l'ouvrir au tourisme pour que les nombreux voyageurs puissent découvrir un
réacteur de l'intérieur. Des explications sont données pour expliquer ce
qui se passe à Fukushima.
- 16h, action de Greenpeace devant le siège de la BNP pour
dénoncer les investissements de cette banque dans le nucléaire. Avec au
moins 13 milliards prêtés entre 2000 et 2009, c'est le premier financeur
au monde de ce secteur.Greenpeace dénonce les prêts accordés pour
la construction d'EPR en Inde, alors que le site de Jaïtapur est sur une
faille séismique et en bord de mer.
- 19h, le chantier de l'EPR à Flamanville prend du retard pour de
nombreuses raisons : difficultés de coordination, difficultés techniques,
grèves, vérification de la sécurité suite à l'accident de Fukushima… et le
réacteur qui devait démarrer en 2009 est prévu maintenant pour démarrer
fin 2014 (5 ans de retard).
12 mai
- 6h30 : des feuilles de thé sont retirées de la vente. Elles contiennent
trop de césium. Le problème est qu'elles ont été cueillies dans la
préfecture de Kanagawa, au sud-ouest de Tokyo. Fukushima étant au
nord-est, ceci prouve à l'évidence que la capitale est lourdement
contaminée par le césium !
- 10h, TEPCO annonce que la fuite en mer à partir du réacteur n°3 est
stoppée.
- 11h, TEPCO annonce que la cuve en inox du réacteur n°1 est percée.
TEPCO estime que ce sont des soudures où passent les tuyauteries qui
auraient cédé. Le niveau d'eau a baissé de 4 m montrant qu'il y a
d'importantes fuites : il faut ajouter 7 tonnes d'eau par heure et cela ne
suffit pas. Cela laisse les barres de combustibles hors d'eau. Celles-ci
n'ont plus leur forme originale, preuve que le cœur est en train de
fondre. La matière fissile s'est concentrée dans le fond de la cuve qui
est en train de fondre. L'eau qui sort du réacteur est très radioactive :
18 000 fois supérieure aux limites pour le césium, et cela va vite poser
des problèmes de stockage. Le risque est que la cuve s'ouvre maintenant
complètement, ce qui ferait que la réaction nucléaire se passerait ensuite
à l'air libre. C'est l'un des pires scénarios ! TEPCO indique qu'il va
sans doute devoir revoir ses interventions sur le site.
- 14h, l'Orchestre national de Lyon devait faire une tournée au Japon,
dans la région de Tokyo, du 5 au 14 juin. La direction annonce
l'annulation des concerts, un nombre important de musiciens refusant de
faire le voyage.
13 mai
- 6h, avec seulement une quinzaine de réacteurs en fonctionnement pour
cet été, le gouvernement annonce que, malgré l'utilisation maximale des
centrales thermiques, le pays va devoir limiter au maximum la
climatisation, première cause de la hausse de consommation à cette saison.
- 8h, TEPCO annonce le lancement d'un chantier pour construire un
premier sarcophage autour du réacteur n°1. Celui-ci aura pour but de
confiner la radioactivité gazeuse sur place, mais cela pose un problème pour
les opérateurs qui de fait devront travailler dans une atmosphère plus
radioactive.
- 10h, publication d'un appel de José Bové, Eva Joly, Nicolas Hulot et
Daniel Cohn-Bendit pour demander un référendum : Les Français sont-ils
d'accord pour prendre en connaissance de cause, le risque d'une
catastrophe nucléaire sur leur territoire ?
- 19h, Libération publie sur son site la liste des bêtes qui vont être abattues
dans la zone interdite : 3400 vaches, 31500 porcs, 630 000 poulets… soit
déjà 665 000 morts !
- 19h, de nouvelles mesures faites sur des feuilles de thé indiquent de
nombreux foyers de contamination autour de Tokyo. D'autres analyses
réalisées sur l'herbe dans les prés confirment cette contamination.
- 19h, la commission européenne s'inquiète de certains manquent dans les
déclarations recueillis auprès des opérateurs des 143 réacteurs en
fonctionnement en Europe. Elle note par exemple que pour 25 réacteurs
français la question d'un crash aérien malveillant n'est même pas évoquée.
14 mai
- 8h, un ouvrier est décédé sur le site de Fukushima après un malaise.
Il était âgé de 60 ans. Selon TEPCO ceci ne serait pas en lien avec la
radioactivité reçue ! C'est bien connu que le nucléaire ne tue pas ! C'est
au moins le 3e mort parmi les "liquidateurs" auxquels il faut
ajouter au moins 2 morts au moment de l'accident.
- 11h, polémique sur les doses reçues par les enfants dans la région de
Fukushima : alors que le ministre de l'éducation estime que les enfants
maintenus dans les villes environnantes ne recevront pas plus de 10
millisieverts par an, soit la moitié de la nouvelle norme autorisée, des
scientifiques rappellent que la dose actuelle mesurée dans certaines cours
d'école posera sans doute des problèmes de santé d'ici quelques années. De
nombreuses associations demandent le retour des anciennes normes et que le
maximum soit fait pour protéger les enfants des radiations.
- 11h, autre polémique : que faire des eaux contaminées ? Le plus simple
semble être de les faire évaporer, la radioactivité restant piégée dans
les boues. Mais que faire de ces boues hautement radioactives ? Elles
devraient être stockées sur place dans un premier temps… mais pas trop
prêt de la mer pour éviter des fuites et un risque de nouveau tsunami. A
plus long terme, le gouvernement a annoncé qu'elles pourraient être
recyclées en étant diluées dans du ciment ou dans d'autres matériaux… ce
qui a provoqué une protestation d'association sur le risque de dispersion.
La question se pose aussi pour les produits alimentaires contaminés : ils
sont actuellement incinérés… en oubliant que cela ne change rien à la
quantité de radioactivité : soit celle-ci reste bloquée dans les filtres
de l'incinérateur, soit elle s'échappe dans l'atmosphère provoquant une
nouvelle pollution. L'espèce humaine sait créer de la radioactivité, mais
ne sait pas la détruire !
- 12h, EDF annonce que sa production hydroélectrique a déjà baissé de 20
%, conséquence de la sécheresse qui touche une bonne partie de l'Europe.
Les barrages sont déjà au niveau où ils devraient être en août. Cela pose
aussi un problème pour le refroidissement des réacteurs : certains cours
d'eau comme la Vienne ont un débit déjà faible, tout comme le Rhin.
- 12h, TEPCO annonce que probablement les cuves des réacteurs n°2 et n°3
sont également percées. De pire en pire !
- 13h, une entreprise de collecte du riz a réalisé ses propres mesures
sur les rizières de la région pour savoir où elle continuait à se fournir.
Résultat : les normes fixées par le gouvernement (qui ont été multipliées
par 10 rappelons le : 5000 bq par kilo au lieu de 500) sont dépassées dans
certaines rizières à plus de 50 km de la centrale. L'entreprise affirme
avoir mesuré de nombreux radionucléides… dont du plutonium !
- 14h, Europe Ecologie Les Verts annonce que dans ses conditions
d'accord avec le PS, il y a deux principes incontournable : se mettre
d'accord sur un scénario de sortie du nucléaire et mettre la
proportionnelle pour les élections législatives.
- 14h, inquiétude après la découverte de boues de stations d'épuration
de la banlieue de Tokyo présentant des taux de radioactivité énormes. La
radioactivité pourrait provenir du nettoyage d"éléments
d'incinérateurs, ceux-ci ayant été utilisés pour brûler des objets
contaminés.
15 mai
- 16h, NHK, chaîne de télévision
japonaise, annonce que c'est le tremblement de terre et non le tsunami qui
a provoqué la perte de contrôle des réacteurs de Fukushima : quand le
tsunami est arrivé sur le site, les réacteurs étaient déjà hors de
contrôle et le taux de radioactivité avait déjà énormément augmenté.
- 16h, selon les médias japonais, au moins 7800 personnes ont déménagé
pendant le week-end de zones situées au nord de la zone des 30 km (pour
rappel : jusqu'à 20 km, zone interdite ; entre 20 et 30 km : obligation de
déménager avant fin mai). La plupart se retrouvent dans des camps de
logement provisoires, faute de trouver à se loger ailleurs… et aussi parce
que le gouvernement leur laisse espérer un retour possible. Plus de
100 000 personnes vivent déjà dans des camps.
16 mai
- 7h, des journaux coréens publient des données sur la contamination à
Tokyo. Les données sont celles du 10 au 20 avril : les mesures faites dans
les districts de Koto et Chiyoda indiquent des taux de contaminations en
césium-137 (période de trente ans) compris entre 2000 et 3200 bq/kg.
- 16h, l'arrêt du réacteur n°5 de la centrale d'Hamaoka a réservé une
surprise : la découverte de 400 tonnes d'eau de mer dans une partie du
réacteur. L'eau, qui n'avait pas été détectée, provenait sans doute du tsunami
du 12 mars 2011.
- 22h, le gouvernement japonais annonce que le délai pour évacuer la
zone des 30 km est reporté d'un mois : de fin mai à fin juin, la
complexité de la tâche étant énorme.
17 mai
- 8h, TEPCO présente une reconstitution de l'accident faite à partir de
l'analyse des mesures effectuées depuis le début. Il en ressort que depuis
le début, TEPCO savait qu'une fusion des cœurs 1, 2 et 3 était en cours.
La situation est plus confuse sur le réacteur n°4 : les incendies ont pu
être provoqués par le stockage des barres de combustibles… ou par les
explosions du réacteur n°3. TEPCO savait depuis le début que le cœur du
réacteur n°1 était en fusion : tout était déjà joué 5h après le passage du
tsunami (ceci explique sans doute pourquoi à l'époque les ingénieurs
d'Areva ont quitté si vite le Japon !).
- 8h, TEPCO indique des variations importantes de température dans le
réacteur n°3 et annonce augmenter les déversements d'eau. TEPCO semble
craindre une reprise de la criticité. L'idée de noyer le réacteur ne
semble pas être un bon scénario. Les réactions nucléaires en cours
pourraient encore durer des semaines… et les émissions radioactives tout
autant.
- 8h, TEPCO annonce l'injection d'hydrazine dans la piscine du réacteur
n°2, sans doute pour ralentir la corrosion.
- 9h, Les Verts suisse lancent une campagne de signatures pour obtenir
un référendum sur la sortie du nucléaire. Ils ont légalement 18 mois pour
collecter 100 000 signatures. Ils espèrent aller beaucoup plus vite que
cela.
- 10h, l'Europe n'arrive pas à se mettre d'accord pour valider les
futurs tests sur les réacteurs nucléaires : le commissaire allemand à
l'énergie, Gunther Oettinger, soutenu par l'Allemagne et l'Autriche,
demande toujours que soient intégrés les risques terroristes (crash
aériens, cyber attaques…)
- 10h30, Paul Magnette, ministre
socialiste de l'énergie en Belgique, propose que la responsabilité des
exploitants de centrales nucléaires ne soit plus plafonnée comme c'est
actuellement le cas à 300 millions d'euros.
- 14h, le ministre de l'environnement allemand reconnaît, sans même à
avoir faire de tests, que les 7 réacteurs les plus anciens du pays ne
résisterait même pas à la chute d'un avion léger. Il pense qu'aucun
réacteur ne pourrait résister à la chute, accidentelle ou non, d'un avion
de la taille d'un Airbus A380.
- 16h, les grandes banques japonaises sont inquiètes : TEPCO avait déjà
une dette de 700 milliards de Yens (6 milliards d'euros) avant l'accident.
Celui-ci pourrait coûter plus de 4000 milliards de Yens supplémentaires
(35 milliards d'euros). En s'effondrant, le titre de TEPCO leur a déjà
fait perdre beaucoup d'argent… et le gouvernement leur demande d'effacer
une partie de la dette.
18 mai
- 8h, publication d'une carte officielle estimant les zones contaminées
en Césium134 et 137. Cette carte montre que dans la direction nord-ouest,
la zone dangereuse marquée en rouge va jusqu'à 80 km du site. Mais les
spécialistes notent que ce trait rouge correspond à un seuil d'exposition
13 Curies par an et par km2, alors que Tchernobyl, les autorités russes
avait adopté une limite de 1 Curie, soit 13 fois moins. Ils notent
également, qu'ici ne sont pas mesurées les autres sources de
radioactivité, hors l'on sait que lors de l'explosion du réacteur n°3, du
plutonium et de l'uranium ont été projeté très haut puisque des retombées
ont eu lieu jusqu'aux Etats-Unis. Cette carte, bien qu'inférieure donc à
la réalité, indique clairement que dans la direction nord-ouest, il
faudrait déjà avoir évacué à 80 km. On en est loin.
- 8h, la compagnie Chubu Electric annonce que lors de l'arrêt du
réacteur n°5 d'Hamaoka, une fuite radioactive d'arsenic-76 a été détectée.
- 9h, des scientifiques japonais estiment que les réacteurs de
Fukushima se sont enfoncés de 30 cm et se sont déplacés de 2,20 m lors du
tremblement de terre.
- 12h, première excursion d'humains à l'intérieur du réacteur n°2. Les
employés de TEPCO n'ont pu rester que 14 mn à l'intérieur, suffisamment de
temps pour se rendre compte que les dégâts sont plus importants que ce qui
avait été estimé jusqu'alors.
- 13h30, conférence de presse du premier ministre japonais Naoto Kan. Il
annonce que le Japon ne renonce pas à l'énergie nucléaire, mais que les
réacteurs arrêtés actuellement ne redémarreront que lorsqu'ils seront
sûrs. Chacun donnera le sens qu'il veut à ce mot ! Il est probable que les
industriels et les banques seront plus vite rassurés que les populations !
Seuls 15 réacteurs sur 53 fonctionnent actuellement.
- 14h, le ministère de l'agriculture japonais annonce que 20 000 éleveurs,
de sept préfectures (l'équivalent de nos départements) ne doivent plus
faire sortir leurs bêtes dans les pâturages, ceux-ci ayant des taux de
contamination trop important. Cela représente 700 000 vaches qui devront
être nourries avec du fourrage importé d'autres régions.
- 16h, des experts suisse en hydrauliques, estiment que l'on pourrait
rehausser une douzaine de barrages dans le pays pour un gain de 10 à
15 % de la production hydroélectrique. Cette hausse est programmée pour
2030. Selon les experts, cela serait plus efficace que de multiplier les
petites installations.
- 16h, le gouvernement britannique annonce vouloir continuer à
construire de nouveaux réacteurs nucléaires. Evidemment, le peuple n'a pas
son mot à dire dans une démocratie.
19 mai
- 6h, TEPCO annonce qu'il y a deux mètres d'eau contaminée dans la
salle des machines du réacteur n°6. D'où vient-elle ? Mystère ! Les
réacteurs 5 et 6 étant à l'écart des quatre autres, l'eau ne peut pas
venir des arrosages de ces derniers.
- 7h, TEPCO annonce son inquiétude pour la gestion de l'eau contaminée.
En vingt jours, seules 1700 tonnes ont pu être pompées et évacuées,
beaucoup moins que ce qui est projeté sur les réacteurs. L'eau s'accumule
pour le moment dans les sous-sols (probablement fissurés).
- 8h, le ministère de la santé demande à TEPCO de mieux contrôler les
doses de radioactivité auxquelles sont exposés les travailleurs sur le
site nucléaire. En effet, TEPCO n'a pu fournir que très peu de données
faute de matériel de contrôle. De même, TEPCO a renoncé à installer des
appareils de mesure à l'intérieur des réacteurs, car faire des relevés
semblent difficile du fait des hauts taux de radioactivité. Un test
réalisé sur un salarié indique qu'il a été exposé à des doses plus de 30
fois supérieures à ce qui est autorisé. Actuellement, 6300 personnes se
relaient sur le site.
- 12h, Le Monde (daté du 20 mai) raconte que Sarkozy a très mal vécu l'arrêt de
la centrale de Hamaoka. Cela compromet le message qu'il voulait faire
passer lors du G8 sur la nécessité de poursuivre le nucléaire. Le
journaliste raconte que le voyage de Sarkozy au Japon le 31 mars 2011
avait surtout pour but de demander aux Japonais d'essayer de minimiser les
conséquences de l'accident.
- 12h, le gouvernement japonais annonce que le Produit intérieur brut
(PIB) a baissé de 0,9 % au premier trimestre 2011. Une récession que
partiellement provoquée par le tremblement de terre et ses suites,
celui-ci ayant eu lieu en fin de trimestre. Le gouvernement s'attend à une
récession plus importante pour le deuxième trimestre.
- 12h, Quatre maires de communes allemandes de la région de Sarre,
proches de la centrale de Cattenom, ont remis au consul de France à
Sarrebourg, une pétition réunissant 70 000 signatures et demandant la
fermeture de la centrale.
- 12h, deux employés de TEPCO ont pénétré dans le réacteur n°3 pour y
faire des mesures. Ils n'ont pu rester que 10 minutes dans le réacteur,
lequel a la caractéristique d'être le plus pollué par le plutonium du fait
du combustible MOX utilisé.
- 14h, la centrale de Civaux, près de Poitiers, manque d'eau : du fait
de la sécheresse, le débit de la Vienne n'est plus que de 14,5 m3 à la
seconde. Si le débit descend à 13 m3/seconde, il faudra arrêter le
réacteur. Celui-ci a encore besoin de 15 jours d'eau pour se refroidir et
dispose pour cela de la réserve du lac de Vassivière… mais celui-ci compte
actuellement 20 % d'eau en moins que d'habitude.
- 17h30, l'Autorité de sûreté nucléaire publie un rapport sur les
incidents à l'usine Areva de la Hague (Manche). L'ANC déclare qu'Areva
minimise ces incidents et que les déclarations ne sont pas satisfaisantes.
Trois fois en 2010, des incidents ont été annoncés au niveau 0 par Areva
alors qu'ensuite l'ASN les a classés au niveau 1. Le nombre d'incidents
déclarés est passé de 25 en 2009 à 58 en 2010.
- 20h, les élus écologistes ont voté contre la subvention à un meeting
international d'athlétisme, protestant contre le sponsoring d'Areva pour
cette rencontre sportive.
20 mai
- 10h, la préfecture de Fukushima a transmis aux écoles l'interdiction
des cours de natation dans les cours d'eau du département. Ceci pour tout
l'été.
- 11h, le directeur général de TEPCO, Masataka Shimizu, a démissionné de
son poste. Le président du groupe Tsunehisa Katsumata, a annoncé qu'il
quitterait son poste quand "la crise serait terminée". Avec la
pollution des sols au plutonium, il n'est donc pas près de prendre sa
retraite ! TEPCO a annoncé une perte de 10,7 milliards pour son
exercice comptable qui s'arrête au 31 mars 2011.
- 11h, le gouvernement japonais espère pouvoir évacuer encore 80 000
personnes d'ici la fin du mois, ceci dans une zone nord-est qui va jusqu'à
80 km du site nucléaire. On en serait alors à plus de 160 000 personnes
déplacées. Bien peu par rapport à ce qui serait nécessaire.
- 11h, le premier ministre japonais reconnaît que les informations qu'il
a transmises dans les premiers jours après l'accident étaient fausses,
selon lui par la faute de TEPCO qui n'a pas donné des informations
exactes. Officiellement, les personnes qui habitent entre 20 et 30 km de
la centrale sont toujours invitées à rester enfermées chez elles… Pendant
encore une trentaine d'années ?
- 14h, le gouvernement allemand
annonce la mise en révision de la centrale d'Emsland pour une durée d'au
moins dix jours. Il ne reste que 4 réacteurs en fonctionnement sur 17.
- 14h, l'ACRO, association de contrôle de la radioactivité, domiciliée
en Normandie, a mis en place avec des associations japonaises, un réseau
de mesures de la radioactivité. Dans un rapport publié ce jour, elle annonce
qu'elle a détecté des niveaux significatifs de Césium 137 jusqu'à 270 km
de la centrale. Si on prenait les mêmes normes que pour Tchernobyl, la
préfecture de Fukushima (2 millions d'habitants) devrait être totalement
évacuée, tout comme la préfecture de Miyagi (capitale Sendai, 2,3 millions
d'habitants), plus au nord.
- 18h, la société de sécurité informatique NSS publie un rapport aux
Etats-Unis montrant que de nombreuses failles existent concernant les risques
d'attaques terroristes par informatique. La société a notamment mis en
cause des programmes de Siemens, annonçant qu'il était possible pour
certains de les reprogrammer depuis l'extérieur d'un site. NSS a
communiqué aux exploitants les résultats de son étude… qui concerne tous
les réacteurs au niveau mondial.
- 19h, le gouvernement français (!) annonce que le premier EPR construit
en Chine pourrait commencer à fonctionner en octobre 2013. Selon Pierre
Lellouche, secrétaire d’État au Commerce extérieur, le chantier ne
rencontrerait pas de difficulté contrairement à ce qui se passe à
Flamanville (France) et Olkilioto (Finlande). Ces deux derniers, commencé
en 2007 et 2005, pourraient ne pas encore fonctionner à cette date !
- 20h, en visite sur le site de Flamanville, le député pro-nucléaire
Christian Bataille reconnaît que les coûts de la sûreté nucléaire sont
sous-estimés et qu'il va sans doute falloir revoir à la hausse le coût de
l'EPR actuellement en construction. Celui-ci estimé en 2005 à 3 milliards
est déjà aujourd'hui estimé à plus de 5 milliards. Marie-Christine
Blandin, sénatrice verte, également présente, a elle dénoncé la fragilité
des toits des piscines de stockage du combustible : ceux-ci sont pour le
moment en tôle ondulée !
21 mai
- 6h, TEPCO annonce qu'une fuite
sous le réacteur n°3 a libéré l'équivalent de 20 terabecquerels d'eau
radioactive dans la mer. Cela représente 100 fois ce qui est autorisé
annuellement. Rappelons que le réacteur n°3 est le plus dangereux car
contenant un combustible MOX, donc avec du plutonium.
- 15h, le gouvernement japonais
annonce qu'au 16 mai 2011, au moins 4956 ouvriers (dont 4766 salariés de
TEPCO) intervenus sur le site de Fukushima depuis l'accident, souffrent
maintenant d'irradiation interne (ils ont avalé ou respiré des particules
radioactives), preuve qu'ils ne travaillent pas avec des protections
suffisantes. 1193 ont en ingéré à des doses importantes. Suite à ces
révélations, de nombreux élus de la préfecture de Fukushima demandent que
des analyses médicales soient faites sur toutes les personnes qui sont
encore à proximité de la centrale.
- 19h, Réunis à Paris pour les Etats généraux du nucléaire, Michèle
Rivasi, Cécile Duflot, Nicolas Hulot et Eva Joly ont réaffirmé que la
sortie du nucléaire serait un des axes forts de la campagne
d'Europe-Ecologie-Les Verts et un point incontournable dans les accords
négociés avec le parti socialiste.
22 mai
- 5h, l'AIEA annonce l'envoi d'une inspection sur le site de Fukushima
du 24 mai au 2 juin.
- 10h, manifestation antinucléaire devant la centrale de Beznau (canton
d'Argovie). Environ 20000 personnes (le double de ce qui était attendu)
ont manifesté sous le soleil, battant le record de la plus grosse
manifestation en Suisse (18 000 personnes en 1986 après l'accident de
Tchernobyl). Pour les médias suisses, cela marque la fin du nucléaire dans
le pays.
- 12h, François Fillon charge officiellement la Cour des Comptes de
réaliser un nouveau chiffrage des coûts de la filière nucléaire. Ce
rapport doit être rendu avant le 31 janvier 2012. En 2005, la cour des
Comptes avait déjà fait un tel travail pour le gouvernement Jospin.
- 20h, le quotidien allemand Handelsblatt annonce que Siemens, leader du nucléaire pendant des années en
Allemagne, arrêterait définitivement ses activités dans ce secteur.
Siemens qui a développé son savoir dans le domaine des turbines à gaz, des
éoliennes et du solaire, estime que le nucléaire nuit à son image
commerciale.
23 mai
- 4h, la chaîne de télévision NHK indique qu'environ la moitié des
personnes qui doivent déménager avant la fin mai ne l'ont pas encore fait.
Il s'agit des communes d'Iitate et Kawamata. Cela représente environ 4000
personnes.
- 5h, TEPCO annonce le démarrage de travaux sur le réacteur n°4. Dans
celui-ci plusieurs incendies ont eu lieu dans les piscines de stockage du
combustible et ont fragilisé la structure. Les travaux visent à consolider
les piscines pour pouvoir y maintenir le combustible sous l'eau.
- 10h, TEPCO annonce que les pompages d'eau dans les sous-sols des
réacteurs 1, 2 et 3 est stoppé : il n'y a plus de lieu de stockage
disponible pour l'eau radioactive, malgré la venue récente d'une barge
géante qui a été remplie en deux jours. Il y aurait plus de 80 000 tonnes
d'eau dans les sous-sols des réacteurs et comme il faut continuer à
arroser les réacteurs… eh bien TEPCO ne communique pas sur ce qui se passe
: probablement l'eau va aller à la mer.
- 10h, le gouvernement annonce que neuf entreprises de la ville
d'Iitate, en cours d'évacuation, vont être autorisées à poursuivre leurs
activités : les 60 salariés concernés devront habiter en dehors de la zone
de contamination et se rendre au travail équipé d'un dosimètre. Chaque
entreprise devra construire un local pour permettre aux salariés de se
laver et de changer de vêtements à l'arrivée et au départ de leur travail.
Et c'est ainsi que l'on s'adapte à la catastrophe. Qui paiera ensuite les
cancers ? L'entreprise ou le gouvernement ?
- 13h, au Japon, des
associations de parents d'élèves de la préfecture de Fukushima remettent
aux autorités une pétition signée par 15 000 personnes demandant le
rétablissement des normes d'avant l'accident au moins en ce qui concerne
les enfants (soit revenir à 1 mSv d'exposition par an au lieu de 20).
- 16h, publication d'un nouveau rapport de l'IRSN, Institut de
radioprotection et de Sûreté nucléaire. Dans celui-ci sont repris des
mesures données par le Ministère de l'éducation, de la culture, des
sports, de science et technologie (MEXT) du Japon. Selon ce dernier, il y
a une dizaine de jours, les taux de césium-137 atteignent par endroit des
taux équivalent à ceux mesurés autour de Tchernobyl… et ceci bien au-delà
de la zone évacuée des 20 km. Le rapport insiste sur le rapport qu'il y a
entre la vitesse d'évacuation des populations et les conséquences ensuite
sur la santé. Selon ce rapport, au moins 7000 personnes devraient être
évacuées immédiatement (celle de la commune d'Iitate et Kawamata, en
cours), puis encore 70 000 autres personnes un peu moins exposées (limite
d'exposition à 20 mSv par an), puis les autres (si l'on veut redescendre à
2 mSv par an, il faut au nord-est aller jusqu'à 80 km du site)… Il faut
aussi tenir compte que l'augmentation de la pollution se poursuit. A noter
que sur les cartes présentées par le MEXT, la zone de forte pollution est
dirigée vers le nord-est, mais qu'il existe une contamination plus faible
qui descend largement vers le sud-est, jusqu'aux portes de Tokyo.
24 mai
- 12h, une équipe de la CRII-Rad emmenée par Bruno Charayron s'installe à
Tokyo pour mener une campagne de mesures indépendantes dans la région. Un
premier rapport sera rendu public le 30 mai à Fukushima (la ville) et à
Tokyo (le 2 juin).
- 14h, un millier de lycéens et étudiants ont manifesté à Berne (Suisse)
pour la fermeture des centrales nucléaires. La manifestation non annoncée
et non autorisée s'est terminée devant le siège de FMB, exploitant de la
centrale de Mühleberg. La manifestation avait été lancée par les réseaux
sociaux sur internet.
- 19h, le gouvernement français demande aux gestionnaires des barrages
de Naussac (Lozère) et de Villerest (Loire) de stocker le maximum d'eau
pour pouvoir soutenir le débit de la Loire cet été, celui-ci risquant
d'être trop faible pour pouvoir refroidir les quatre centrales en aval :
Belleville-sur-Loire (Cher), Dampierre (Loiret), Saint-Laurent-des-Eaux
(Loir-et-Cher) et Chinon (Indre-et-Loire).
- 19h, dans une interview mise en ligne sur le site internet de Terre.tv, Jeremy Rufkin, futurologue et conseiller
d'un groupe de 120 grandes entreprises dans le monde estime que "le
nucléaire est mort". Cette technologie "est complètement
dépassée, d'un autre siècle". Elle coûte trop cher, produits des
déchets dont on ne sait que faire, est trop dangereuse, l'uranium va
manquer et consomme trop d'eau.
- 13h, l'édition du Monde titre sur les ambitions
nucléaires d'EDF au niveau mondial. Mais quand on lit les déclarations
d'Henri Proglio, on s'aperçoit que ce n'est pas ce que dit le PDG d'EDF.
Celui-ci dit qu'en 2020, EDF veut atteindre 200 GW avec 50 % de nucléaire,
25 % de thermique et 25 % de renouvelables dont l'hydraulique… contre 150
GW aujourd'hui avec 75,4 % de nucléaire. Calcul : aujourd'hui 75,4 % de
150 = 113 GW. En 2020, 50 % de 200 GW = 100 GW. Il prévoit donc bien une
baisse du nucléaire ! Une baisse de 13 %.
- 16h, selon TEPCO, les cœurs des réacteurs 1,2 et 3 ont complètement
fondu selon les dernières études réalisées. Ces fusions ont eu lieu entre
60 et 100 h après le tremblement de terre. Pas vraiment une surprise.
- 19h30, le parlement italien vote officiellement l'annulation du
référendum sur le nucléaire qui devait se tenir le 12 juin 2011.
Référendum visant à annuler celui de 1988 qui avait interdit le nucléaire
dans le pays.
- 20h30, l'Union européenne annonce un accord sur les tests à faire sur
les réacteurs nucléaires. Les négociateurs ont annoncé que le terrorisme
et le sabotage ne seraient pas pris en compte.
25 mai
- 8h, dans un entretien accordé au Financial Times, Naoto Kan, premier
ministre japonais, estime qu'il n'y aura plus jamais de construction de
réacteurs nucléaires au Japon.
- 9h, 160 ingénieurs du nucléaire à la retraite annonce leur volonté
d'aller renforcer les équipes sur place. Ils estiment que les
"vétérans" ont deux avantages : ils ont construit les réacteurs
et les connaissent bien ; ils ne craignent plus de mourir prématurément
des radiations. Des députés ont proposé de faire passer une loi pour
autoriser ce recours aux plus anciens.
- 9h, La Japan Atomic Energy Commission publie des mesures de
radioactivité et indique qu'environ 600 km2 autour de la centrale présente
un taux de radioactivité comparable à la zone interdite de Tchernobyl.
Cette zone est probablement définitivement perdue. Une deuxième zone de
700 km2 nécessite le maintien de l'évacuation des populations, mais il
serait peut-être possible de la décontaminer…
- 14h, c'est à Paris que General Electric présente une nouvelle centrale
thermique au gaz qui sera fabriquée à Belfort. Celle-ci d'une puissance de
510 MW (un demi-réacteur nucléaire) aura l'avantage d'avoir un bon
rendement et une excellente flexibilité : elle a été particulièrement
conçue dans l'optique de compléter des offres éoliennes variables : elle
peut varier de puissance à raison de 50 MW par minute, ce qui est deux
fois plus rapide que les centrales existantes.
- 15h30, le conseil fédéral Suisse annonce la sortie du nucléaire. Le plan
de sortie prévoit la fin de l'exploitation des réacteurs existants d'ici
2034 et un recours provisoire accru au gaz. La Suisse espère que d'ici
2034, elle aura une énergie 100 % renouvelables. Les opposants au
nucléaire ne sont guère satisfaits : alors que les réacteurs étaient
prévus pour durer 30 ans et que le débat portait sur leur prolongation à
40 ans, cette décision entérine le fait qu'ils pourraient fonctionner 50 ans
!
- 19H, l'OCDE annonce que les conséquences de l'accident de Fukushima
pourraient être "plus sérieuses qu'annoncé".
26 mai
- 5h, Greenpace publie les résultats des mesures effectués par son
navire Rainbow warrior sur des algues, poissons et crustacés
prélevées en dehors des eaux territoriales (donc à plus de 22 km de côtes)
: les taux de radioactivité y sont 50 fois plus important que les limites
autorisées. Ils appellent à des contrôles sérieux sur les produits de la
mer destinés à l'alimentation.
- 6h, le gouvernement japonais présente de nouvelles cartes : il y a
maintenant les territoires "d'alerte" (zone interdite),
"d'évacuation planifiée" (où l'évacuation des personnes est en
cours) et "d'évacuation d'urgence" (les prochaines zones à
évacuer d'urgence). La première correspond au 20 km autour de la centrale
avec une extension vers le nord-est jusqu'à 40 km. La deuxième correspond
sensiblement à la zone des 30 km avec toujours une extension nord-est qui
dépasse les 40 km ; la dernière zone va jusqu'à 80 km vers le nord-est.
Cette dernière s'agrandira sans doute au fur et à mesure que l'on arrivera
à évacuer les gens.
- 15h30, selon le site Boursorama, les fonds
d'investissement sont particulièrement intéressés par les placements dans
les énergies renouvelables en Asie du Sud-Est : le Japon a annoncé l'arrêt
de son programme nucléaire, la Chine la remise à plat du sien, la Corée
également, ce qui laisse prévisible de forts investissements dans les
renouvelables.
- 16h30, activation d'une cellule de crise en France : la sécheresse
entraîne déjà une baisse de 25 % de la production hydroélectrique et
pourrait provoquer l'arrêt de nombreux réacteurs nucléaires pendant l'été
: 44 sur 58 sont refroidis par de l'eau douce, seuls 14 sont en bord de
mer.
- 17h30, la commission énergie du parlement européen propose que l'Europe
puisse exporter ses déchets nucléaires. Pays du Sud, bientôt une nouvelle
forme d'aide au développement ?
- 17h30, en Suisse, malgré
la décision de sortie du nucléaire… en 2034, les antinucléaires qui
campent devant le siège de FMB à Berne, opérateur de la centrale de
Mühleberg, décident de maintenir le camp et demande toujours l'arrêt du
réacteur maintenant.
- 18h, dans le Wall Street Journal, Ichiro Ozawa, l'un des
leaders de l'opposition au Japon déclare : "Si nous ne faisons rien,
même Tokyo pourrait devenir à terme invivable (zone d’exclusion). Il y a
une énorme quantité de combustible d'uranium dans la centrale nucléaire,
beaucoup plus qu’à Tchernobyl, c'est une situation terrible. Le
gouvernement ne dit pas la vérité et les gens vivent dans une sorte
d'insouciance". Concrètement, il y a 577 tonnes de combustibles dans
les six cœurs des réacteurs et 2800 tonnes de combustibles neufs ou usagés
dans les piscines de stockage. Cela fait une quarantaine de fois ce que
contenait le réacteur de Tchernobyl. Un nouveau tremblement de terre
important pourrait provoquer une explosion définitive de tout cela.
- 19h, le site Rue89 annonce que la mairie de
Saint-Michel-sur-Orge interdit à une troupe de théâtre de jouer deux
pièces prévues dans le cadre du festival local Dedans-Dehors, programmées
les 3 et 4 juin. Motif officiel : domaine trop sensible. Les deux pièces
parlent du danger du nucléaire.
27 mai
- 4h, TEPCO annonce qu'il cherche toujours à stopper une fuite sous le
réacteur n°3. Au moins 75 tonnes d'eau très radioactive ont été récupérées
dans un fossé creusé en protection. TEPCO assure contrôler que l'eau ne
puisse pas atteindre la nappe phréatique.
- 8h, incendie dans le sous-sol du réacteur n°1 à Fukushima.
Officiellement vite arrêté et sans conséquence.
- 8h, les organisations agricoles estiment que les pertes pour la
période du 21 mars au 8 avril 2011, dans les cinq préfectures où des
productions ont été détruites se montent à 10 milliards de yens (87
millions d'euros).
- 8h, Nathalie Kosciusko-Morizet lance un concours en faveur de
l'efficacité énergétique. Le texte de présentation du Ministère indique
qu'il s'agit de faire face à la montée du prix du pétrole qui a augmenté
de 13,7 % en un an. Il ne s'agit évidemment pas de critiquer le nucléaire.
- 9h30, nouvelle manifestation à
Tokyo : "Protégeons les enfants de Fukushima contre la
radioactivité", "plus jamais ça !".
- 10h, aux Etats-Unis, General electric annonce le lancement industriel
de nouvelles photopiles ayant un rendement de 12,8 % pour un prix assez
faible. La firme estime que la baisse du coût des photopiles est si rapide
que d'ici seulement 2 ou 3 ans, le solaire photoélectrique devrait pouvoir
concurrencer les autres modes de production d'électricité. L'European
photovoltaic Industry association fait le même pronostic : d'ici 2020, les
photopiles seront concurrentielles vis-à-vis de toutes les autres formes
de production électrique.
- 11h, au Japon, des
entreprises interviennent dans 26 cours d'écoles de la préfecture de
Fukushima pour gratter 5 cm de sol contaminé et le remplacer par 5 cm de
terre non contaminée. Le gouvernement annonce la distribution d'un
compteur à chacun des 1200 établissements scolaires présents en zone
contaminée. Les établissements sont appelés à publier eux-mêmes les
résultats des mesures.
- 15h, deux fonds d'investissement suisses annoncent avoir racheter l'un
8 fermes éoliennes allemandes (88 machines), l'autre deux fermes éoliennes
italiennes (62 MW). Le capitalisme sait où placer son argent !
- 18h, en Allemagne, les ministres régionaux de l'environnement ont fait
une demande à l'Etat pour que les sept réacteurs les plus vieux, à
l'arrêt, le soient définitivement.
- 18h, les députés socialistes de Genève demandent au canton d'agir pour
empêcher la construction d'un centre de déchets radioactifs prévus à
Bugey, à moins de 120 km de la frontière.
- 20h, Thomas O'Malley, PDG
d'Energy Group, l'un des principaux opérateurs du nucléaire aux Etats-Unis,
annonce que pour lui le "nucléaire est grillé" car cette énergie
"est devenue trop chère". Il annonce que son groupe renonce à
tout nouveau projet de réacteur nucléaire et va maintenant développer des
centrales au gaz.
- 20h, dans la Tribune à paraître le 28 mai,
François Levêque, économiste spécialisé, estime qu'actuellement le cap des
100 milliards de dollars est déjà dépassé pour la gestion de l'accident de
Fukushima. Pour rappel, après 25 ans, à Tchernobyl, on en est à 1000
milliards de dollars.
28 mai
- 0h, selon le quotidien Asahi, Areva propose le retraitement des eaux
radioactives à 210 yens le litre (1,83 euro). Sachant qu'il faudra en
traiter au moins 250 000 tonnes, TEPCO annonce un coût de 460 millions
d'euros.
- 1h, le Ministère de l'éducation japonais annonce que tout va être mis
en œuvre dans les écoles pour éviter une exposition des enfants supérieure
à 1mSv par an (au lieu de 20 accordé avant par dérogation). Cela ne résout
toutefois pas la question de ce que prennent les enfants quand ils ne sont
pas à l'école !
- 1h, le gouvernement de la préfecture de Fukushima annonce la mise en
place d'un Centre pour la réhabilitation de la faune et la flore. Celui-ci
a pour but de suivre le niveau de contamination dans la région… pour les
dix prochaines années. Rappelons que le césium-137 qui a largement
contaminé cette région ne perd la moitié de sa radioactivité qu'en 30 ans.
- 6h, les services météo japonais alertent sur l'arrivé d'un typhon qui
doit toucher les Japon le lundi 30 mai 2011. Ils craignent que les fortes
pluies et les vents violents provoquent de nouveaux désordres sur le site
de Fukushima.
- 11h, des associations écologistes et Greenpeace publient une carte des
fonds marins le long du littoral japonais, ceci sur 300 km de part et
d'autres de Fukushima. Ils alertent sur la nécessité de ne pas consommer
des produits tirés de la mer sur cette zone… et sur le fait que cette zone
va s'agrandir et la pollution se fixer pour de nombreuses années. Les
autorités confirment cette pollution et répondent que la pêche est
officiellement interdite sur un large rayon.
- 15h, une enquête journalistique au Japon révèle que 22 des 23 capteurs
de radioactivité installé autour de la centrale de Fukushima sont tombés
en panne au moment du séisme. Certains ont été détruits, d'autres se sont
retrouvés sans courant suite à la panne électrique générale. Ceci fait que
l'on ne saura jamais clairement ce qui a été émis dans les premiers jours
de l'accident.
- 15h, 160 000 personnes au moins ont de nouveau manifesté en Allemagne
pour une sortie rapide du nucléaire, dont 25 000 à Berlin et Munich, 20
000 à Hambourg, 10 000 à Fribourg…
- 22h, TEPCO annonce une panne de refroidissement des piscines de
combustible du réacteur n°5. Le réacteur lui-même est à l'arrêt. La
réparation est annoncée quelques heures plus tard. En quelques heures, la
température du combustible est montée de 68° à 87°C.
29 mai
- 7h, Un sondage réalisé en Suisse indique que 80 % des sondés
sont favorables à la sortie du nucléaire, et 64 % accepteraient une
hausse du prix de l'électricité de 15 %. Le même sondage il y a deux
mois, juste après l'accident de Fukushima donnait déjà 74 % pour la
sortie. L'idée de la sortie est majoritaire dans toutes
les tendances politiques, gauche, droite, écologiste.
- 9h, Un Japonais résidant en France transmet au Réseau Sortir du nucléaire les affiches gagnantes d'un
concours sur le développement durable organisé chaque année depuis 1994
par le ministère de l'éducation. Une affiche primée l'année dernière montre
un train rapide avec comme slogan "L'énergie nucléaire nous mène à
notre avenir". L'autre montre un globe terrestre qui a trop chaud
avec comme slogan "Contre le réchauffement climatique, une énergie
propre : le nucléaire".
30 mai
- 9h, Tepco annonce qu'il lui faudra plus de neuf mois pour arrêter
l'accident en cours. On veut bien le croire : à Tchernobyl, ce n'est
toujours pas fini !
- 9h, Les décisions suisses et allemandes provoquent une baisse des
valeurs boursières liées au nucléaire.
- 10h, Le gouvernement japonais, faute de trouver des volontaires pour
aller travailler sur le site de Fukushima, décide de revoir à la hausse
les limites d'exposition de ceux qui y sont déjà. Alors que la limite
était de 50 mSv sur cinq ans avant l'accident, on est ensuite passé à 50
mSv sur un an… puis à 100 mSv sur un an puis aujourd'hui à 250 mSv. Soit
déjà une multiplication par 25 ! Nul doute que les liquidateurs vont
devenir plus résistants !
- 11h, Le gouvernement allemand confirme la sortie du nucléaire d'ici
2022. Sur RTL, Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, déclare à
propos de la sortie du nucléaire en Allemagne : "Moi j'y suis,
pour la France, totalement défavorable. La situation de la France et de
l'Allemagne vis-à-vis de l'indépendance énergétique n'est pas la même sur
le nucléaire. 85 % de notre énergie est produite par le nucléaire
(...) C'est aujourd'hui un élément majeur de la puissance industrielle de
la France". Evidemment, c'est un gros mensonge, le nucléaire c'est 85 %
de l'électricité… et donc seulement 16 % de notre énergie !
- 12h, Tepco annonce que deux salariés présentent une grave
contamination au niveau de la thyroïde. L'agence Reuters les
présente comme les premiers irradiés du site oubliant que quelques jours
plus tôt, des examens sur 6000 intervenants avaient montré des
contaminations sur les trois quarts d'entre eux !
- 15h, Benoît Hamon, porte-parole du PS, interrogé lors du point presse
hebdomadaire, pense qu'il faut rendre la France moins dépendante du
nucléaire, que la France doit rattraper son retard dans le domaine des
énergies renouvelables et qu'à terme, il faudra débattre de la sortie du
nucléaire. Pour lui ces questions doivent être débattues lors des
élections présidentielles de 2012.
- 16h, Alors que la droite ment une nouvelle fois en ironisant sur le
fait qu'avec les renouvelables et l'arrêt du nucléaire, l'Allemagne va
devoir nous acheter de l'électricité nucléaire, le Réseau Sortir du
nucléaire rappelle que c'est la France qui importe chaque année du courant
de l'Allemagne du fait de notre abus de consommation par le chauffage
électrique en hiver : 6,7 TWh (soit 6,7 milliards de kWh)
importés en 2010.
- 17h, L'Agence fédérale allemande de l'environnement (équivalent de
l'Ademe en France) rappelle que la sortie du nucléaire en 2022 est issue
d'un compromis et qu'elle avait réalisé un plan de sortie… pour 2017 qui
ne nécessitait aucune construction de centrale au charbon, aucune
importation d'électricité, pas de hausse d'émission de gaz à effet de
serre, une hausse de prix très modérée et de nombreux emplois.
- 20h, Le gouvernement polonais annonce qu'il pourrait renoncer à
construire sa première centrale nucléaire jusqu'alors prévue en 2020.
- 20h30, Martine Aubry, en réunion publique aux Lilas (région parisienne) estime
que "la méthode allemande pour sortir du nucléaire est à
suivre". Il faut "foncer sur les énergies renouvelables,
travailler avec les experts et les scientifiques pour voir dans combien de
temps nous pouvons arriver à produire suffisamment pour notre propre
indépendance et il faut continuer le travail sur le danger de certaines
centrales, parce que j'ai l'impression qu'aujourd'hui, on a laissé cela un
peu sous le boisseau".
31 mai
- 2h, des associations de défense des droits de l'homme dénonce la répression
qui sévit contre les manifestants au Japon, en lien avec les évacuations
et les suites du tremblement de terre : 13 responsables syndicaux ont
ainsi été arrêtés le 11 mai et 50 militants paysans le 20 mai suite à des
manifestations à Tokyo qui rassemblaient des personnes mises au chômage
depuis le 11 mars 2011.
- 4h, Les fortes pluies qui se sont abattues la journée d'hier sur
Fukushima ont fait monter le niveau des eaux radioactives dans le sous-sol
du réacteur n°1 de 37 cm et de 9 cm dans le réacteur n°2.
- 7h, Le gouvernement japonais estime que pour le dernier jour
d'évacuation de la zone d'Iitate, il reste encore 1427 personnes dans la
commune auxquelles il faut ajouter 349 personnes sur la commune de
Kawamata, 26 à Namie et 4 à Katsurao. Ces 1800 personnes doivent avoir
déménagé ce soir.
- 13h, TEPCO annonce avoir réussi à mettre en place un système de
refroidissement partiel sur le réacteur n°2. Ceci fait que l'eau qui est
injectée pour refroidir le combustible peut alors tourner en circuit
fermé. L'installation reste toutefois partielle et fragile.
- 13h, alors que le gouvernement japonais annonce un recours accru aux
énergies renouvelables, le Global Wind Energy Council, syndicat des
industriels de l'éolien, annonce qu'il est possible de passer rapidement
des 2300 MW éoliens d'aujourd'hui à 50 000 MW, pour moitié sur terre et
pour moitié en mer. Ceci remplacerait sensiblement la capacité des actuels
réacteurs nucléaires. Il indique que le potentiel éolien du pays est de
l'ordre de 1 900 000 MW… soit environ 40 fois plus !
- 18h, la Commission de Sûreté nucléaire des Etats-Unis publie une
première estimation des coûts à venir de l'accident de Fukushima : cela
dépassera les 250 milliards de dollars dans les dix ans à venir. Par
comparaison, la construction des 55 réacteurs japonais a coûté environ le
même prix. Et cela continuera ensuite… comme pour Tchernobyl qui a déjà
dépassé les 1000 milliards de dollars.
- 22h, France3 Haute-Normandie annonce que l'enquête publique pour la construction d'un EPR à
Penly, enquête qui devait démarrer le 1er juin 2011, est annulée suite à
une décision à l'unanimité de la Commission locale d'information.
- 23h, TEPCO annonce que des taux importants de strontium 89 et 90 ont
été mesurés dans un rayon de 500 m autour des réacteurs : environ 100 fois
les doses limites autorisées. On détecterait du strontium au moins jusqu'à
30 km du site. Le strontium se fixe dans les os et y déclenche des
cancers.
Chronologie - Juin
1er juin
- 7h, l'AIEA, Agence internationale de l'énergie atomique, après avoir
enquêté au Japon estime dans un rapport préliminaire que cet accident est
le pire depuis Tchernobyl, que le risque séismique et de tsunami avaient
été sous-évalués. Les dix-huit experts jugent exemplaire l'engagement des
travailleurs japonais sur le site. Ils approuvent la démarche de TEPCO
pour faire baisser la température des réacteurs. Ils demandent de mettre
en place un suivi de l'exposition à la radioactivité des populations.
Bref, on gère…
- 8h, il a neigé sur le département de Fukushima, au-dessus de 1300 m,
entre mi-avril et début mai… et les mesures dans la neige indique que
celle-ci était radioactive : les analyses rendues publiques ce jour par
l'Université de Fukushima donnent, pour 14 localisations différentes, une
pollution au césium va de 200 bq/kg à 3000 bq/kg. Cette neige a fondu
depuis et les autorités déconseillent de boire de l'eau du robinet.
- 8h, la tempête tropicale qui a suivi les côtes du Japon du Sud au
Nord toute la journée d'hier a provoqué à Fukushima des vents de plus de
100 km/h, soulevant les poussières et dispersant la radioactivité sur une
plus grande surface… Ceci risque de se reproduire à chaque coup de vent.
- 8h, conférence de presse de Bruno Chareyron, directeur de la CRII-Rad
à Tokyo. La CRII-Rad conteste la limite d'exposition fixée à 20 mSv/an,
estimant que c'est une dose trop élevée, et ceci d'autant plus qu'à la
contamination par l'extérieur s'ajoute l'irradiation interne (respiration
et alimentation) qui n'est pas prise en compte
dans cette limite. Il indique que pour le moment, les mesures
indépendantes confirment sensiblement les niveaux donnés officiellement…
et qu'en conséquence, il faut continuer à évacuer les populations plus
largement. Ainsi la ville de Koriyama, bien que située à 60 km doit être
évacuée. Problème : elle compte 300 000 habitants.
- 8h, un sondage indique que 80 % des Japonais estiment que le
gouvernement ment sur la question de Fukushima. Il reste donc 20 % de
naïfs !
- 8h, sortie du livre La vérité sur le nucléaire, le choix interdit de Corinne Lepage, ancienne
ministre de l'environnement et avocate.
- 10h, Ségolène Royal, dans une conférence, trouve la décision allemande
"audacieuse" "volontariste" et relance son projet d'une
France, première puissance écologique. Revirement spectaculaire pour celle
qui au lendemain de l'accident, avait dénoncé "l'indécence" des
opposants au nucléaire.
- 13h, une quinzaine d'organisations genevoises interpellent le Conseil
d'Etat et le Grand conseil du canton de Genève pour leur rappeler qu'ils
doivent constitutionnellement d'opposer à tout projet nucléaire dans le
voisinage… et qu'un projet de stockage de déchets nucléaire est
actuellement à l'étude sur le site de Bugey, à 120 km de Genève.
- 14h, rebondissement en Italie. Alors que le gouvernement avait décidé
de ne plus faire le référendum sur le nucléaire prévu les 12 et 13 juin,
la Cour de cassation estime que le gouvernement ne peut légalement
l'annuler. La gauche et les antinucléaires sont satisfaits, les sondages
prédisant un rejet massif d'un retour du nucléaire.
- 17h, Eric Besson, ministre de l'énergie, annonce la convocation d'une
réunion de la filière énergétique pour étudier comment la France va
pouvoir faire face… à la fermeture des centrales nucléaires allemandes !
En effet, si la sécheresse se poursuit, de nombreux réacteurs français
pourraient être mis à l'arrêt par manque d'eau de refroidissement… et la
France risque de ne pas pouvoir importer d'électricité depuis l'Allemagne
!
- 18h, un des deux réacteurs de Civaux est mis à l'arrêt par manque
d'eau, le débit de la Vienne étant trop faible pour assurer le
refroidissement et les lâchers d'eau à partir des lacs de retenus ne
pouvant être maintenu plus longtemps.
- 20h, nouveau rapport de l'IRSN. La situation est "stable".
Autrement dit, la catastrophe se poursuit. Le rapport est plein de
questions sans réponse. L'une d'entre elles porte sur la solidité des
piscines de stockage du combustible, placées en hauteur, en cas de nouveau
tremblement de terre.
- 20h30, le site cyberpresse.ca reprend un sondage paru au Japon
: la plupart des Japonais pensent qu'ils surmonteront les conséquences du
tremblement de terre et du tsunami du 11 mars 2011, mais 60 % craignent d'avoir
été irradiés ou que des proches l'aient été par les rejets de la centrale
de Fukushima. 8 % sont pour augmenter l'usage du nucléaire, 44 % souhaite
que cette part diminue, 46 % seraient pour le statu quo. 79 % estiment que
le gouvernement n'a pas été à la hauteur. 86 % que TEPCO n'a pas été à la
hauteur.
- 21h, huit associations nationales (Greenpeace, WWF, Amis de la Terre,
Réseau Action Climat-France, Réseau Action Climat-France, HELIO
International et Comité de Liaison Énergies Renouvelables) annonce leur
refus de participer à une table ronde sur l'efficacité énergétique tant
que les mesures actées dans le Grenelle de l'Environnement ne seront pas
concrétisés et tant que l'on ne pourra aborder la question des modes de
production de l'énergie (le nucléaire en particulier).
2 juin
- 8h, le gouvernement japonais annonce un accord avec l'industrie
pharmaceutique pour distribuer deux médicaments connus pour favoriser la
fixation et l'élimination du plutonium dans le corps. C'est pour le moins
étrange quand on sait que la version officielle est que les retombées de
plutonium n'ont pas dépassé les zones évacuées.
- 10h, le gouvernement
conservateur de Bulgarie annonce qu'il ne renonce pas à son programme
nucléaire : actuellement deux réacteurs fonctionnent mais doivent être
fermés en 2017 et 2019. Deux nouveaux réacteurs de technologie russe sont
prévus pour les remplacer… Un consortium russe et français (EDF) se
propose d'étudier comment prolonger la durée de vie des centrales
existantes.
- 10h, Calin Georgescu, rapporteur spécial des Nations-Unies invite la
Pologne a organiser un référendum sur la question
de la première centrale nucléaire "au moment où l'Europe s'engage
dans la sortie du nucléaire". Le gouvernement français doit apprécier
!
- 11h, Takeshi Tanigawa,
professeur d'Université, ancien consultant de TEPCO, s'inquiète
publiquement de l'état de fatigue des travailleurs présents sur le site de
Fukushima. Il craint que cette fatigue entraîne d'autres accidents. Il
dénonce le fait que certains restent pendant dix jours sur le site sans
même pouvoir se laver, encore moins rentrer chez soi pour se reposer. Il
craint aussi des problèmes psychologiques graves alors que ces
travailleurs n'arrivent pas à endiguer l'accident.
3 juin
- 1h, Japon Steel Works a construit la totalité des pièces nécessaires aux 53 réacteurs
japonais. C'est la seule usine sidérurgique au monde capable de fabriquer
les grands composants en acier forgé — notamment la cuve — nécessaires
dans les réacteurs nucléaires de grande puissance. La firme annonce
qu'elle cesse son activité dans ce domaine. Le manque de débouchés
prévisibles pour le futur l'incite à prendre cette mesure. Cette décision
est fondamentale : avec l'arrêt de cette production, il ne sera plus
possible de fabriquer des réacteurs de type EPR comme celui en
construction à Flamanville ! Les autres aciéries spécialisées dans ce
domaine (Areva à Chalon-sur-Saône et une autre en Russie) ne peuvent pas
fabriquer les pièces nécessaires aux réacteurs de plus de 1000 MW. Après
la fermeture de cette chaîne de fabrication, les capacités de construction
de nouveaux réacteurs ne sont plus que de quelques unités par an… et les
réacteurs devront être de moindre taille (comme c'est le cas de ceux
prévus en Chine). Il n'y aura plus de quoi maintenir le nucléaire
seulement au niveau d'aujourd'hui. La tentation va être de faire durer les
réacteurs vieillissants d'aujourd'hui… ce qui augmente les risques
d'accident.
- 11h, le gouverneur de la préfecture de Shizuoka demande une
contre-expertise sur les analyses de radioactivité concernant le thé. Les
annonces sur la contamination du thé menace en effet l'économie de la
région qui produit 40 % du thé au Japon. Le Ministère de la Santé lui
répond qu'il n'est pas question de remettre les décisions d'interdiction
de vente en cause.
- 12h, alors que les limites d'exposition ont été portées de 20mSv à 250
mSv par an pour les personnes sur le site, des mesures sur deux des
ouvriers indiquent qu'ils ont déjà pris entre 210 et 580 mSv pour l'un en
externe auxquels se rajoutent 74 en interne ; l'autre entre 200 et 510 en
externe et 89 en interne.
- 15h, manifestation devant la centrale de Civaux dont déjà un réacteur
est à l'arrêt. Présence d'Eva Joly et de Yannick Jadot, députés européens.
Eva Joly annonce que dans les négociations avec les socialistes, les
écologistes demanderont non seulement un plan de sortie du nucléaire, mais
la fermeture des réacteurs les plus anciens : Fessenheim, Bugey et
Tricastin.
- 15h, en Allemagne, les Verts estiment que le plan de sortie du nucléaire
n'est pas assez ambitieux. Les centrales nucléaires pourraient être
fermées plus rapidement, mais surtout, il faut une politique énergétique
plus ferme pour pouvoir aussi commencer à fermer les centrales à charbon.
- 15h, en Belgique, le
maire de Gand, informé par Greenpeace du passage d'un train de déchets
radioactifs, prend un arrêté pour l'interdire. L'affaire est portée devant
les tribunaux car pour la SNCB il n'y a pas d'alternatives. Le 6 juin, le
tribunal autorise le transport. La mairie de Gand demande alors à voir
l'autorisation pour vérifier si tout est légal. Le tribunal ne lui répond
pas…
4 juin
- 8h, TEPCO annonce qu'un robot entré dans le bâtiment réacteur n°1 a
filmé et mesuré un jet de vapeur radioactif qui semble sortir de la cuve. La
fuite atteint 4000 mSv/heure. Elle interdit de fait toute approche par un
humain.
- 11h, NISA, l'agence de sûreté nucléaire nippone, reconnaît dans une
conférence de presse avoir censuré des mesures. Ainsi du Tellurium132 a
été détecté à 6 km du réacteur dès le 12 mars 2011, preuve évidente que
les explosions n'ont pas été provoquées par des bulles d'hydrogène mais
par une fusion du cœur. NISA a reconnu ne pas avoir communiqué des données
sur le nuage d'iode radioactif. Lequel a atteint des niveaux très importants
dans la deuxième quinzaine de mars… jusqu'à des distances bien supérieures
aux zones où les gens ont été invités à rester enfermés chez eux. Le
gouvernement a présenté ses excuses pour ses mensonges… soigneusement
planifiés. C'est en effet la stratégie adopté au niveau international pour
éviter des mouvements de panique : une fois que vous savez que vous êtes
contaminés, vous savez que vous pouvez prendre un peu plus de temps pour
vous en aller.
- 22h, TF1 annonce la publication d'un
sondage dans le Journal du Dimanche : 77 % des Français sont pour la
sortie du nucléaire (+7% en deux mois), dont 15 % le plus rapidement
possible (-4%). Seuls 22 % des sondés sont pour la poursuite d'un
programme nucléaire. Dans le détail, il y aurait quand même 13 % des
électeurs Verts favorables au nucléaire… mais plus intéressant : pour la
première fois, les partisans de la sortie du nucléaire sont majoritaires
dans tous les partis, y compris l'UMP (55 %). Commentaire de Cécile
Duflot, secrétaire nationale d'Europe-Ecologie-Les Verts : "les
citoyens évoluent plus vite que leurs dirigeants".
5 juin
- 7h, TEPCO organise une ronde de camions pour amener des citernes sur
le site pour y stocker l'eau radioactive, ne disposant plus de place sur
le site et la barge située au large étant remplie. Ces nouvelles citernes
permettent de stocker 40 000 tonnes supplémentaires.
- 8h, TEPCO annonce que des morceaux de béton rejetés lors de
l'explosion du réacteur n°3 ont été récupéré à proximité avec des taux de contamination
allant de 550 à 950 mSv/heure, ce qui signifie qu'un ouvrier ne peut s'en
approcher que quelques minutes avant d'atteindre la limite d'exposition
annuelle !
- 15h, environ 2000 personnes manifestent à Barcelone pour la fermeture
immédiate des centrales d'Asco et de Vandellos, construites au sud de la
Catalogne.
6 juin
- 7h, la valeur de Tepco baisse de 28 % à la bourse de Tokyo sur rumeur
d'un placement en redressement judiciaire. Tepco, première compagnie
d'électricité au Japon, pourrait perdre jusqu'à 7 milliards d'euros en
2011.
- 10h, selon l'agence de Sûreté nucléaire du Japon, NISA, le total des
émissions radioactives, dans l'air à la date du 5 avril (il y a donc deux
mois) était de 850 000 terabecquerels et non 630 000 comme annoncé avant.
La quantité d'iode et de césium radioactifs présente dans les 105 000
tonnes d'eau stockées dans les sous-sols serait de 720 000 terabecquerels.
(le total de la radioactivité relâchée par Tchernobyl est estimé entre 5
et 12 millions de terabecquerels).
- 18h, le gouvernement allemand présente un vaste plan industriel pour
rendre possible la sortie du nucléaire : huit réacteurs nucléaires sont
définitivement arrêtés (il en reste donc 9). De nouvelles centrales au gaz
(à hauteur de 10 000 MW, ce qui couvre presque la production nucléaire
totale) vont être construites, les plus propres possibles. Des prêts
bonifiés vont être soutenus par l'Etat pour l'isolation des bâtiments.
L'énergie photovoltaïque va être moins subventionnée, les subventions
étant orientées vers l'éolien en mer (lequel doit permettre de fermer des
centrales au charbon, de manière à réduire les émissions de gaz à effet de
serre malgré les nouvelles centrales au gaz).
- 19h, l'Agence internationale de
l'énergie (AIE) publie un rapport sur les énergies dans le futur. Cette
étude prend en compte le ralentissement du nucléaire après Fukushima.
Selon l'AIE, c'est le gaz qui devrait devenir dominant dans les années à
venir (21 % de l'énergie dans le monde aujourd'hui, 25 % prévisible en
2035). Même si le gaz est le plus propre des énergies fossiles, cette
évolution n'est pas compatible avec l'objectif de réduction des gaz à
effet de serre.
- 19h, le titre EDF en Bourse est au plus bas : 26 euros contre 87 euros
il y a cinq ans. Le milieu boursier indique ainsi qu'il ne croit plus au
choix de l'entreprise en faveur du nucléaire.
- 21h, EDF annonce le redémarrage du deuxième réacteur de la centrale de
Civaux arrêté le 1er juin… malgré un débit en aval de 12,1 m3/s. Le débit
a légèrement remonté suite aux orages du week-end. Version EDF : il
s'agissait d'un arrêt pour entretien. Version qui ne tient pas : en quatre
jours, le réacteur n'a pas pu être totalement arrêté. C'est bien le manque
d'eau qui a conduit à cet arrêt.
7 juin
- 8h, conférence d'un groupe de parents de Tokyo qui suite à des
analyses réalisées par l'ACRO (laboratoire indépendant français) alerte le
gouvernement sur la nécessité de prendre des mesures de protection à
Tokyo, les doses mesurées dans les sols sont parfois à un seuil élevé
(jusqu'à 2300 bq/kg, soit le tiers des doses trouvées dans les cours
d'école de Fukushima ville). Les doses cumulées sur un an prévisibles
peuvent alors dépasser les limites autorisées. Des journalistes japonais
mettent sur internet une vidéo montrant une personne qui se promène dans
les rues de Koto Ward, un quartier de Tokyo avec un compteur Geiger… qui
mesure jusqu'à 5,77 msV. Cela confirme ce qu'affirment le groupe des
parents ce jour : la contamination à Tokyo en césium est en train de
monter.
- 8h, nouvelles révélations sur les mensonges des autorités japonaises
: dans un rapport transmis à l'AIEA, l'agence de Sûreté nucléaire du Japon
NISA indique que le cœur des réacteurs 1, 2 et 3 sont entrés en fusion
quelques heures seulement après le tremblement de terre et ont percé leurs
cuves dès les premiers jours de l'accident. Le gouvernement japonais
réagit en annonçant la mise en place d'une nouvelle autorité de contrôle
"tout à fait indépendante". Comme pour
les accidents nucléaires, il y a donc une échelle d'indépendance !
- Dans la foulée, TEPCO
reconnaît que les données sur les rejets radioactifs sont estimées et
qu'elles sont sans doute plus élevées dans la réalité. Des spécialistes
estiment également que TEPCO ment en annonçant qu'il espère stabiliser la
situation d'ici la fin de l'année.
- 9h, le gouvernement interdit à TEPCO de reverser à la mer 3000 tonnes
d'eau contaminées dans le réacteur voisin de Fukushima-Daini. Cette eau
est entré dans le réacteur au moment du tsunami et depuis le réacteur est
à l'arrêt.
- 9h, le Professeur Toshihiro Yamamoto de l’université de Kyoto, un
expert en physique des réacteurs, ne se satisfait des nouvelles
explications données par NISA. Selon lui, la présence de Tellurium 132
retrouvé à des distances importantes du site ne peut s'expliquer par les
scénarios présentés aujourd'hui.
8 juin
- 1h, un site internet japonais présente le bilan des suicides au Japon
: ils sont en hausse de 18 % sur un an de mai 2010 à mai 2011. Il y a une
hausse au nord du Japon, mais à peine supérieure à la tendance dans le
reste du pays (+39 % quand même dans le département de Fukushima).
- 8h, présentation dans L'Express, des essais de sûreté
nucléaire dans les locaux du CEA sur des réacteurs reproduits à l'échelle
1/700e et 1/5000e. Commentaire d'un ingénieur du secteur automobile auprès
du Réseau Sortir du nucléaire : c'est comme si on faisait des crash tests
sur des véhicules de 0,8 mm de long !
- 8h, La Stampa quotidien espagnol, rappelle que l'Espagne est le premier
producteur d'électricité éolienne au monde, avec 19 000 éoliennes qui ont
produit en 2010 21 % de l'électricité du pays à un prix moyen plus bas
qu'en France (0,38 e/kWh contre 0,475 en France). La revue rappelle
également que c'est l'Espagne qui vend de l'électricité à la France
nucléaire.
- 13h, le gouvernement publie un bilan de ses échanges dans le domaine
de l'énergie : la France a vu sa facture pour les importations
énergétiques augmenter de 20 % en 2010 pour atteindre 47,8 milliards
d'euros. Le nucléaire n'est-il pas censé nous assurer notre indépendance ?
9 juin
- 5h, le gouvernement japonais révèle avoir trouvé du strontiuml-89 et
-90 dans onze communes situées en-dehors des zones évacuées. Le strontium
se fixe dans les os et provoque cancer des os et leucémies. Une des
communes est à 62 km de la centrale nucléaire ! Le gouvernement confirme
la validité des données indépendantes, notamment celles fournies par
Greenpeace. Il indique étudier comment élargir la zone d'évacuation.
- 9h, des scientifiques britanniques s'inquiètent dans The Telegraph des
annonces de fusion des cœurs des trois réacteurs. Selon eux, si la matière
atomique venait à sortir à l'air libre, les taux de radioactivité
pourraient être énormes.
- 15h, au Parlement européen, les eurodéputés ont vivement protesté
contre l'accord entre Etats concernant les stress-tests, estimant qu'ils
ne sont pas à la hauteur de ce qu'il faudrait faire. Ils contestent que
les résultats ne soient pas contraignants (par exemple si l'on trouve des
défauts génériques dans tous les réacteurs français, on ne sera pas obligé
de les arrêter le temps de les réparer !), que l'attentat terroriste n'est
pas envisagé. Les socialistes, les écologistes, l'extrême gauche et les
libéraux ont sensiblement émis les mêmes critiques. Seuls les
conservateurs ne sont pas montés au créneau : c'est l'un des leurs qui a
mené les négociations.
- 14h, 400 élus de la région alsace ont déjà signé un appel demandant la
fermeture de la centrale de Fessenheim. Un nombre qui a doublé depuis
l'accident japonais.
- 15h, AREVA annonce que son usine pour traiter les eaux radioactives
pourrait fonctionner dès le 15 juin 2011. Installée sur le site de
Fukushima, elle "traiterait" 1200 tonnes d'eau par jour. La
radioactivité serait "piégée" dans des boues, lesquelles
seraient ensuite séchées et stockées dans des blocs de béton. Opération de
communication ou réelle efficacité ?
- 15h, alors que les Italiens doivent voter le 12 et 13 juin pour
l'abandon définitif du nucléaire, le Vatican publie un communiqué très
diplomatique… mais qui "condamne une technique toute-puissante non
maîtrisée".
- 18h, le conseil national suisse, étudiant les mesures à prendre pour
accompagner la sortie du nucléaire ont voté pour l'interdiction du chauffage
électrique. Celui-ci devra avoir totalement disparu d'ici 2025.
10 juin
- 5h, le quotidien Daily Yomiuri révèle que malgré les consignes
d'évacuation, il resterait au moins 1700 enfants dans la zone comprise
entre 20 et 30 km de la centrale.
11 juin
- 0h, le gouvernement japonais
donne quelques statistiques : environ 120 000 personnes ont été évacuées
soit de la zone interdite (environ 100 000) soit parce que leur maison a
été détruite par le tremblement de terre (environ 20 000 hors zone contaminée).
28 000 ont été relogées et 92 000 vivent dans des centres d'évacuation. 49
000 ont retrouvé un emploi. Le gouvernement a également indiqué que ce
sont des millions de Japonais qui vont maintenant devoir vivre dans un
environnement plus ou moins radioactif.
- 7h, nouvelle manifestation antinucléaire à Tokyo. Plusieurs milliers
de manifestants demandent que le gouvernement continue à fermer les
réacteurs encore en fonctionnement et que soit lancé un plan énergétique
propre.
- 14h, le gouvernement britannique annonce la saisie d'une tonne de
champignon en provenance de Bulgarie. Les champignons sont trop
radioactifs : jusqu'à 6000 bq/kg (10 fois la limite). Les champignons
proviennent de zones touchées par le nuage de Tchernobyl.
- 15h, une cinquantaine de manifestations se sont tenues en France pour
marquer les trois mois de l'accident de Fukushima. A Paris, pour une fois,
il y a eu du monde : près de 5000 personnes. L'occasion pour Yves Cochet,
député EELV, de rappeler que la sortie du nucléaire constituait un enjeu
important pour les négociations avec les socialistes. Martine Aubry a
déclaré à l'issu de la manifestation : "Sortir du nucléaire, on peut
le faire. Il reste à convaincre l'ensemble du parti socialiste, mais c'est
possible". Ils étaient une centaine à Bordeaux, dont Noël Mamère pour
demander la fermeture de la centrale du Blayais qui a juste 30 ans ce
jour, durée de vie initialement prévue pour la centrale. Une centaine
également à Toulouse pour demander la fermeture de la centrale de Golfech.
Une centaine de personnes se sont rassemblées devant la centrale de
Belleville-sur-Loire (Cher). Une centaine également à Colmar où le jeûne
tournant pour la fermeture de Fessenheim a dépassé les 550 jours de
jeûnes…
- 18h, les syndicats dénoncent un courrier de Philippe Druelle,
directeur adjoint à la production nucléaire d'EDF daté du 10 mai 2011 qui
demande aux exploitants des centrales nucléaires d'accélérer les cadences
pendant les périodes d'entretien. Les syndicats dénoncent cette
accélération qui augmente le risque d'erreurs et donc le risque
d'accident.
- 18h, annonce d'un accident mortel sur le chantier de l'EPR à
Flamanville. Un ouvrier de 32 ans est mort après une chute, le deuxième
décès en quelques mois (le premier c'était le 24 janvier 2011) sur un chantier
qui s'embourbe et qui compte déjà plus de deux ans de retard. La CGT a
porté plainte.
- 18h, confirmation devant le parlement allemand : les huit réacteurs
arrêtés après le 11 mars 2011 sont définitivement arrêtés. Il en reste
potentiellement neuf en fonctionnement.
12 juin
- 17h, environ 2000 personnes ont manifesté en Suisse devant la centrale
de Müehleberg pour en demander l'arrêt immédiat. Les manifestants venus de
Berne, Bienne et Fribourg n'ont pas utilisé de voitures individuelles !
- 19h, une télévision russe annonce que ses journalistes ont mesuré des
taux de radioactive mille fois supérieurs aux limites à 80 km des
réacteurs de Fukushima.
13 juin
- 0h, TEPCO annonce que d'importantes quantités de strontium ont été
mesurées dans les eaux stockées sous les réacteurs 1 et 2. La cause
probable est que les cœurs en fusion sont en contact avec l'extérieur.
Cette découverte oblige à revoir complètement la procédure envisagée pour
le traitement des eaux radioactives. Ce traitement, proposé par Areva, suscite
toujours des doutes importants de la part des spécialistes qui voient bien
comment on peut condenser la radioactivité, mais pas comment on peut la
diminuer.
- 7h, le secrétariat d'Etat à l'Energie des Etats-Unis estime que la radioactivité
relâché par Fukushima a atteint 60 millions de curies, soit plus que
l'accident de Tchernobyl (estimé à 50 millions de curies).
- 14h, TEPCO annonce que six nouveaux "liquidateurs"
présentent des taux de contamination trop importants (supérieurs à 250
mSv) et 88 autres approchent les limites. L'inquiétude est qu'il va
falloir peu à peu renouveler le personnel… Il y a 2400 personnes qui se
relaient actuellement sur le site et seulement 70 000 personnes formées
dans le pays pour l'entretien de l'ensemble du parc nucléaire. Et les
volontaires ne se bousculent pas !
- 20h, avec 57 % de participation, le référendum italien sur la question
du nucléaire a recueilli 94,3 % des voix contre le nucléaire. C'est la
première fois depuis 16 ans que le quorum de 50 % pour un référendum est
atteint… et c'est donc une confirmation du référendum de 1987 qui avait
déjà demandé la sortie du nucléaire alors que 4 réacteurs étaient en
construction dans la péninsule. Nicolas Sarkozy qui avait annoncé avoir
vendu 4 EPR à l'Italie, va devoir changer de discours !
14 juin
- 1h, un sondage réalisé pour le quotidien Asahi indique
que 75 % des Japonais sont pour une sortie du nucléaire ; 65 % sont prêts
à payer leur électricité plus cher si nécessaire pour le développement des
énergies renouvelables. Le quotidien rappelle que le refus du nucléaire
n'est pas récent : en 2008, un précédent sondage indiquait que seuls 36 %
des Japonais étaient favorable au développement de cette énergie. Reste
que, comme en France, la démocratie ne s'applique pas dans ce pays.
- 1h, la préfecture de Fukushima annonce avoir commandé 34 000
dosimètres qui seront remis aux enfants de 4 à 15 ans, pour suivre leur
niveau de contamination. Ceux-ci devront les porter dans leur cartable en
permanence pendant trois mois à partir de septembre.
- 2h, en pleine nuit au Japon (vers minuit là-bas), les caméras de
surveillance de TEPCO montrent des nuages de vapeurs puis une explosion.
Les journalistes demandent ce que c'est en constatant que TEPCO ne
communique pas sur le sujet. Ce n'est que le lendemain matin que le
gouvernement répond enfin à ce qui s'est passé : il semble que suite à une
élévation importante de la température dans le réacteur n°4, TEPCO ait
provoqué une explosion d'hydrogène… Le réacteur n°4 est normalement à
l'arrêt, mais des fuites dans les piscines de stockage du combustible
nécessitaient depuis trois mois un constant refroidissement.
- 6h, des groupes écologistes mettent en garde après avoir mesuré des
taux de radioactivité importants dans les filtres à air des voitures à
Tokyo.
- 9h, le cours de l'action d'AREVA a baissé de plus de 20 % depuis le
11 mars 2011, signe de défiance de plus en plus marquée des investisseurs
envers le nucléaire.
- 11h, la chaîne de télévision NHK indique que 22 des 47 départements du
Japon ont procédé à une recherche de contamination sur leurs sols… et que
16 (soit un tiers du pays) en ont trouvé. Le taux de radioactivité va
décroissant du nord au sud… un sud qui dépasse largement Tokyo pour
descendre jusqu'à Osaka.
- 14h, EDF annonce la fermeture d'ici 2015 de deux des trois tranches de
la centrale du Havre. Il s'agit d'une centrale thermique au charbon !
Alors que l'on peut avoir besoin de ces centrales thermiques pour
provisoirement remplacer les réacteurs nucléaires en cas de décision
politique de sortie du nucléaire, EDF essaie de rendre les choses plus
compliquées ! Avec les centrales thermiques actuellement disponibles en
France, il est possible de stopper du jour au lendemain environ la moitié
des réacteurs nucléaires.
15 juin
- 0h, le quotidien Yomiuri Shimbun annonce
la probable sortie forcée du nucléaire au Japon
d'ici moins d'un an. Selon le journal, 35 réacteurs sur 54 sont à l'arrêt.
Sur 49 110 MW de puissance théorique, il n'y a plus que 16 550
MW en activité. Non seulement aucun réacteur n'a redémarré depuis le 11
mars 2011, mais le personnel de haut niveau qui pourrait donner les
autorisations pour redémarrer étant entièrement mobilisé sur Fukushima,
plus aucune opération de maintenance n'est possible sur les réacteurs qui
sont arrêtés seulement pour maintenance. Si cela se poursuit ainsi, le
quotidien estime que d'ici un an tous les réacteurs seront arrêtés, faute
de vérification de la maintenance.
- 8h, une de Télérama de ce jour : "Le nucléaire,
c'est déjà hier". Avec en illustration des éoliennes en mer.
- 10h, selon une étude publiée par le gouvernement, les boues des
stations d'épuration sont trop radioactives dans au moins 16 des 47
préfectures du pays. Après celle de Fukushima, ce sont les régions au nord
de Tokyo, puis Tokyo qui sont le plus touchées.
- 10h, ouverture de l'enquête publique concernant la construction d'ITER
à Cadarache. La consultation publique est ouverte jusqu'au 20 juillet (et
prolongeable un mois donc pendant les vacances) et le contestataire devra
se plonger dans un dossier de 3500 pages s'il veut pouvoir s'assurer que
ses critiques sont pertinentes. Relevons-en quand même quelques
unes : rien n'indique que ITER puisse fonctionner un jour ; on ne
sait pas qui le paiera car son coût s'est envolé (on en est à 16
milliards… alors que seuls 6 milliards sont trouvés) ; il sera sur la zone
la plus séismique de France ; il ne produira de l'énergie que pendant 600
secondes… juste le temps de vérifier quelques hypothèses avant que l'on
passe au prototype suivant.
- 11h, TEPCO annonce que les plans pour la construction d'un sarcophage
pour le réacteur n°1 de Fukushima sont réalisés. Le chantier pourrait
commencer dès cet été… si la radioactivité n'est pas trop importante, si
le réacteur est maîtrisé. Si… si… si…
- 16h, deux baleines chassées par les pécheurs japonais ont été
déclarées impropres à la consommation : trop radioactives ! Oh pardon : au
Japon, on ne tue officiellement des baleines que pour les programmes de
recherche scientifiques.
- 16h, La Recherche publie un sondage sur les Français face à la
science. A une question sur la confiance que l'on fait aux scientifiques
pour dire la vérité sur les résultats et les conséquences de leurs
travaux, le nucléaire et les OGM arrivent en tête de la défiance avec 58 %
qui ne font pas confiance aux scientifiques (et seulement 5 % qui leur
font totalement confiance). A la question de savoir qui peut le mieux
expliquer les enjeux de la recherche, les chercheurs arrivent en tête, le
gouvernement en queue (1% tout à fait confiance, 17 % plutôt confiance),
juste devant les députés (1% tout à fait confiance, 25 % plutôt
confiance).
- 16h, alors que le 2 juin 2011, les médias français reprenaient une
information selon laquelle l'Arabie Saoudite voulait investir massivement
dans le nucléaire, le ministre du pétrole, Ali Al-Naimi, en voyage en
Pologne, a démenti cette information : il annonce au contraire que c'est
dans le solaire que son pays veut investir et qu'il s'intéresse au projet
Desertec, projet de centrale solaire géante dans le désert pour le moment
envisagée dans le Sahara. Ali Al-Naimi a estimé que d'ici 2020, son seul
pays pourrait produire jusqu'à quatre fois la demande mondiale actuelle
d'électricité.
16 juin
- 0h, Kamata Kei, journaliste célèbre au Japon, Oe Kenzaburo,
romancier, prix Nobel de littérature, Srtouchi Jakusho, romancière, et
Sakamoto Ryuichi, musicien célèbre, participent à une conférence de presse
du Congrès national pour l'interdiction des armes nucléaires. Ils
appellent à manifester au Parc Meiji le 19 septembre 2011 et espèrent
réunir plus de 50 000 personnes. Ils sont les premiers signataires
d'une pétition qui demande l'arrêt immédiat du surgénérateur Monju (en
sérieuse panne depuis août 2010) et de l'usine de traitement des déchets
de Rokkasho (jamais mise en route, équivalent de notre usine Areva à la
Hague), ainsi que l'arrêt totale de toutes les centrales nucléaires
progressivement.
- 2h, lors d'une rencontre entre le ministre chinois de la protection
environnementale Li Ganjie et Jack Allen, directeur de Westinghouse Asie
(producteur de centrales nucléaires), le premier a confirmé au second que
la Chine a pour le moment suspendu tout projet de nouvelles centrales tant
que le bilan exact de l'accident de Fukushima ne serait pas fait.
- 8h, le Japon signe un accord avec le Venezuela pour augmenter ses
importations de pétrole. L'accord porte sur 3 millions de barils par an
pendant cinq ans. Ce pétrole est destiné à des centrales électriques
thermiques.
- 8h, le gouvernement japonais envisage de mettre une taxe de 10 % sur
les revenus des personnes et les bénéfices des entreprises, pendant dix
ans, pour collecter les 300 milliards de dollars qu'auraient déjà coûtés
tsunami et accident nucléaire.
- 9h, début à Cherbourg du procès de 42 militants de Greenpeace ayant
bloqué le chantier de l'EPR à Flamanville le 2 mai 2011. Le procureur a
demandé des peines de prison avec sursis et des amendes pour les militants
ayant occupé les grues et des amendes pour ceux qui ont bloqué l'entrée.
EDF a demandé 155 000 euros de dommages et intérêts, coût estimé d'un jour
d'arrêt du chantier. Jugement mis en délibéré au 27 septembre 2011.
- 12h, NHK, télévision japonaise, rapporte que de nombreuses
municipalités ont mis en place des vérifications de la radioactivité de la
nourriture servie dans les cantines scolaires, de peur de récupérer des
aliments provenant de zones contaminées.
- 17h, le gouvernement français annonce le départ d'Anne Lauvergeon de
la direction d'Areva, au 30 juin 2011. Elle sera remplacée par Luc Oursel,
actuel n°2. Comme d'autres retraités du nucléaire, elle va pouvoir
maintenant aller se sacrifier sur le chantier de Fukushima, elle qui aime
tant défendre le nucléaire.
- 20h, invité pour enregistrer une émission pour Capital qui
devait être diffusé le 19 juin, Eric Besson a refusé de dialoguer avec le
journaliste Guy Lagache après que celui-ci lui ait proposé d'entendre le
témoignage d'un sous-traitant sur les failles de la sûreté dans les
installations nucléaires. Eric Besson s'est levé, à arraché son micro et
est parti en disant "Je vous laisse, je me casse, fais chier".
Encore un journaliste qui ne sera plus invité aux conférences de presse du
Ministre !
- 23h, selon Associated Press, agence de presse
des Etats-Unis, le site de Fukushima contient 4277 tonnes de combustibles.
Par comparaison, il y en avait 30 tonnes à Three Mile Island et 180 tonnes
à Tchernobyl. Le risque de pollution en cas d'amplification de l'accident
— ce que l'on ne peut toujours pas exclure — est donc bien supérieur aux
deux précédents accidents.
17 juin
- 0h, disposant d'une cartographie plus précise, le gouvernement
annonce qu'il va procéder à l'évacuation de personnes se trouvant au-delà
des 20 km déjà évacuées et vivant dans des taches de contamination
importantes (la contamination varie surtout en fonction des pluies). Les
évacuations vont donc se poursuivre au cas par cas. Le gouvernement semble
estimer que la carte de contamination actuelle n'évoluera pas… alors que
la radioactivité continue de s'échapper des trois réacteurs 1,2 et 3 de
Fukushima. The Wall Street journal signale qu'une zone
d'évacuation est prévue dans la préfecture de Kanagawa… dans la banlieue
de Tokyo, à plus de 200 km de Fukushima.
- 0h, des médecins d'Iitate (ville en grande partie évacuée dans la
préfecture de Fukushima), rendent public une circulaire gouvernementale
indiquant que les médecins ne doivent faire des mesures d'irradiation qu'à
la demande des autorités et des sociétés autorisées et doivent refuser les
demandes provenant des personnes ou des associations. Officiellement, il
s'agit d'éviter d'avoir trop de travail. Officieusement, on peut imaginer
que le gouvernement ne souhaite pas voir publier trop d'informations sur
le sujet. Cette circulaire n'a sans doute aucun rapport avec les données
publiées ce même jour par la mairie d'Iitate : les mesures indiquent des
taux de contamination trois fois plus élevés que ce qu'annonce le
gouvernement.
- 0h, les syndicats agricoles dénoncent l'insuffisance des contrôles
alimentaires. Selon eux, le gouvernement ne peut pas contrôler plus de 0,1
% de la nourriture qui circule dans le pays. Il y a donc 99,9 % de
malchance que des lots contaminés échappent aux contrôles !
- 8h, selon des informations provenant des enquêtes de l'AIEA, une
partie de l'accident de Fukushima provient de défauts dans la conception
du réacteur. Ce réacteur produit aux Etats-Unis, équipe de nombreuses
centrales dans ce dernier pays.
- 8h, le gouvernement japonais donne les résultats d'une enquête réalisée
auprès des 47 gouverneurs de préfectures sur la question de la sortie du
nucléaire. 11 se prononcent pour la fermeture des réacteurs nucléaires
aussi vite que possible, 1 pour ralentir l'activité des réacteurs
existants, 4 pour le maintient des centrales existantes en activité, 31 ne
se prononcent pas sur cette question. Interrogés sur la poursuite de la
construction de nouveaux réacteurs, les 47 se prononcent contre.
- 8h, Christopher Busby, spécialiste des faibles doses, expert auprès
du ministère de la Défense britannique publie une étude sur les
conséquences probables sur la santé des populations autour du site de
Fukushima. Il s'appuie sur le modèles mis au point au niveau européen à
partir des expériences de Hiroshima, Nagasaki et Tchernobyl. En prenant
l'hypothèse que 3 millions de personnes vivent encore dans un rayon de
moins de 100 km autour de Fukushima et y resteront pendant au moins un an,
avec les connaissances de pollution radioactive que l'on a, 100 000
devraient commencer un cancer dans les dix ans et 100 000 autres plus
tard. Ce nombre de cancers peut encore beaucoup varier : en mieux, si les
populations sont évacuées plus vite ; en pire, si la pollution continue à
augmenter ou si la contamination alimentaire est mal contrôlée comme c'est
actuellement le cas.
- 12h, la télévision japonaise NHK reprend un appel de médecins qui
demandent au gouvernement ce qui peut faire admettre que les travailleurs
du nucléaire ont maintenant le droit de prendre des doses de 250
millisieverts par an au lieu de 2,5 avant l'accident. Ils s'inquiètent
aussi du fait qu'en trois mois, certains travailleurs ont déjà dépassés
ces 250 millisieverts… et que plusieurs centaines ont déjà dépassé les
100. Ils mettent également en doute la valeur des contrôles effectués par
TEPCO et demandent un contrôle fait par un organisme indépendant.
- 12h, TEPCO et Areva annoncent la mise en place d'un équipement pour
décontaminer l'eau stockée dans les réacteurs. Cinq heures plus tard, le
procédé est arrêté. Selon TEPCO, des éléments de la machine utilisée
dégagent déjà trop de radioactivité ! Le niveau atteint est celui qui
aurait dû être atteint après un mois de fonctionnement : cela semble
signifier que l'on a une eau 140 fois plus radioactive que prévue ! Une
fois de plus, on construit n'importe quoi, on communique… et ça ne marche
pas ! TEPCO annonce que s'il n'est pas possible d'utiliser ce procédé, il
ne voit pas d'autres solutions que de rejeter l'eau à la mer ! Le volume
d'eau actuel représente le volume de 40 piscines olympiques. N'y a-t-il
pas encore quelques pro nucléaires au Japon qui seraient prêts à en
stocker chez eux ?
- 17h, Le Parisien annonce que 162 kilos de thé vert en provenance du Japon, arrivés
à Roissy, ont été mesurés avec un taux de radioactivité de 1038 bq/kg de
césium… soit plus de deux fois la limite autorisée. Le plus grave est que
ce thé a été récolté dans une province à 200 km au sud de Tokyo… Fukushima
étant à 200 km au nord de Tokyo, cela indique que la contamination
alimentaire s'étale déjà sur plus de 400 km vers le sud… alors que les
vents dominants vont dans l'autre sens ! Cela signifie que les 35 millions
d'habitants de la capitale vivent en permanence dans une zone maintenant
hautement contaminée.
- 20h, Le Point révèle qu'Eric Besson, pour le gouvernement français est
intervenu auprès de la Commission européenne pour demander s'il ne serait
pas possible de trouver un biais juridique pour bloquer la décision
allemande de sortie du nucléaire. Prétexte trouvé par le ministre :
l'arrêt des réacteurs allemands risque de provoquer une pénurie
d'électricité en Europe.
18 juin
- 0h, le gouvernement japonais annonce le lancement de l'évacuation de
quatre nouvelles communes trop irradiées. Ces communes sont situées entre
33 et 55 km des réacteurs.
- 7h, dans Le Figaro, Jacques Repissard,
directeur général de l'IRSN appelle à un développement d'une nouvelle
génération de réacteurs nucléaires qui permettrait enfin à la filière
d'arriver à maturité. Sachant que l'EPR actuellement difficilement en
construction a été étudié dans les années 1980 et qu'il produira
(peut-être) un kWh déjà bien plus cher que celui fournit par les centrales
thermiques au gaz ou les éoliennes ; dans combien de temps pourraient
naître une nouvelle génération de réacteurs ? 30 ans ? Et à quel prix ?
Mieux vaut investir dans ce qui coûte le moins cher et qui pollue le moins
: les économies d'énergie.
- 12h30, nouveau séisme au Japon de magnitude 5.9 à 110 km à l'est de
Fukushima.
- 13h, sur Europe 1, Corinne Lepage, ancienne
ministre de l'environnement, revient sur la sortie d'Eric Besson pendant
le tournage de l'émission Capital : «De la part du ministre
qui a l’autorité de tutelle sur la sûreté nucléaire, c’est quand même
extrêmement inquiétant. S’il refuse de s’expliquer et de répondre à des questions
simples et assez banales sur les failles éventuelles de la sécurité (…)
cela veut dire soit qu’il ne sait pas répondre et donc qu’il est
incompétent, ce qui est embêtant à son poste, soit qu’il ne peut pas
répondre car il ne sait pas comment dire les choses et dans les deux cas
c’est très mauvais».
- 13h, à Toulouse, se déroule un procès du nucléaire. A cette occasion,
des représentants du Réseau sortir du nucléaire lancent un appel à sortir
du nucléaire. Cet appel rappelle que la très grande majorité de la
population mondiale souhaite vivre sans nucléaire.
- 15h, à Colmar, le collectif des jeûneurs lance un appel pour l'arrêt
de Fessenheim et la sortie du nucléaire. 124 personnes se sont déjà
relayées pour un total de 600 jours de jeûnes. Intervention d'une élue
allemande venue de Fribourg qui alerte sur le risque que la sortie du
nucléaire en Allemagne ne soit pas encore définitive : la seule solution
sûre, c'est la baisse de la consommation électrique (…) Les énergies
renouvelables n'ont de sens que dans cette perspective-là".
- 22h, deux nouveaux travailleurs du site présentent une trop grande
exposition à la radioactivité (678 et 643 millisieverts, alors que la
nouvelle limite est de 250). Ces deux personnes portent des lunettes. Il
semble que le port de lunettes sous les masques des tenues de protection
augmente le passage des particules radioactives.
19 juin
- 1h, des collectifs japonais indépendants, avec l'aide
d'universitaires, publient une carte des contaminations qu'ils ont réalisées
à partir de 6300 mesures indépendantes. La carte montre bien une forte
contamination dans la direction nord-est comme sur les cartes officielles,
mais aussi une contamination dans la direction sud-est qui est largement
minorée sur les cartes officielles. Or cette deuxième direction est celle
de Tokyo. Les mesures montrent des points de contamination importants
jusque dans les quartiers nord de Tokyo. Dans ces quartiers, on a des
rayonnements qui correspondent à une exposition dix fois supérieures aux
limites fixées par la loi… avant l'accident (1 mSv). L'université de Tokyo
a immédiatement réagi pour contester les résultats de ses propres
scientifiques !
- 3h, cent jours après l'accident de Fukushima, un nouveau sondage
réalisé pour le Tokyo Shimbun,
indique que 82 % des Japonais sont pour l'abandon de l'énergie nucléaire,
9 % pour l'arrêt immédiat de tous les réacteurs.
- 8h, polémique entre spécialistes sur le devenir de l'eau radioactive.
Areva annonce qu'il lui faut revoir ses plans et que cela prendra au moins
une semaine. Pendant ce temps, l'eau risque de déborder. A part continuer
à mettre des cuves sur le site, il n'y a pas de solution !
- 18h, l'AFP présente le premier rapport de l'AIEA sur l'accident.
L'agence de promotion du nucléaire civil critique le fait que le
gouvernement japonais n'ait pas fait suffisamment vite appel à l'aide
étrangère. Sur le reste, rien de nouveau.
20 juin
- 12h, TEPCO n'arrivant pas à intervenir dans le réacteur n°2, la
compagnie annonce son intention de procéder à une "ventilation"
du réacteur. Dit autrement : elle envisage de créer un nouveau nuage
radioactif… sans doute pour éviter encore pire !
- 12h, le ministère de l'environnement japonais envisagerait d'incinérer
certains déchets du tsunami contaminés par le nuage radioactif de
Fukushima… au risque de relâcher une nouvelle fois la radioactivité.
Argument : il s'agirait de déchets contenant moins de 8000 bq/kg de
radioactivité donc peu radioactif. Mais quand on brûle des produits
radioactifs, la fumée devient radioactive ! La seule méthode correcte est
de noyer les déchets dans des blocs de bétons… que l'on surveillera
pendant des centaines ou des milliers d'années selon les radionucléides
présents. Bien sûr, cela coûte plus cher !
- 12h, le gouvernement signale que trois nouveaux ouvriers ont dépassé
les doses autorisés et que TEPCA vient d'annoncer que les doses reçues par
125 ouvriers présents sur le site en mars ne sont pas connus, soit parce
que les dosimètres n'ont pas fonctionné, soit parce qu'ils n'en ont pas porté
tout le temps. La catastrophe sanitaire est en route…
- 15h, Alex, Français résidant au Japon, mettait depuis plusieurs jours
des petites vidéos pour montrer des mesures de radioactivité sur YouTube.
Alors que la dernière a été vue par plus de 68 000 personnes, les vidéos
ont disparus du site. Interrogé YouTube dit que c'est l'utilisateur qui a
supprimé son compte. Alex conteste cela en publiant une vidéo sur
DailyMotion ! Comme quoi la censure essaie aussi de s'exercer sur
internet.
- 23h, pose de la première pierre en Californie d'une future centrale
solaire à Blythe. Ce sera la plus grande au
monde. Elle permettra de fournir de l'électricité à 500 000 personnes. Le
gouvernement des Etats-Unis a annoncé à cette occasion que 24,5 milliards
d'euros ont été investi dans les énergies renouvelables en 2010 et que la
tendance est en forte hausse pour 2011. Les investissements dans le
nucléaire sont au niveau zéro : aucun nouveau chantier de réacteur n'a été
mis en route depuis… 1973 !
21 juin
- 3h, à Berne, la police a interpellé de nuit les 26 personnes qui
campaient devant le siège des Forces Motrices Bernoises depuis plus de
deux mois. Ce camp, lancé après l'accident de Fukushima, demande l'arrêt
de la centrale de Mülheberg. Différents mouvements antinucléaires et
écologistes ont réagi en conseillant au gouvernement de s'occuper plutôt
de nettoyer les dégâts du nucléaire, plutôt que les camps antinucléaires.
- 14h, la préfecture de Kawaguchi, dans la préfecture de Saitama, dans la
banlieue de Tokyo, a décidé d'avoir ses propres normes de radioactivité.
Alors que le gouvernement japonais a fixé un seuil de tolérance à 20 mSv
par an, les autorités de la ville ont fixé la norme à 1,64 mSv. Ce seuil a
été calculé ainsi : 0,30 mSv pour le rayonnement cosmique, 0,34 mSv pour
la radioactivité naturelle, 1 mSv pour la radioactivité artificielle
provenant de l'accident. La commune a annoncé qu'elle allait démarrer en
juillet ses propres mesures et que si les doses horaires (0,31 µSv) sont dépassées,
elle prendrait des mesures de confinement pour les personnes. Selon les
premières mesures, on en serait pour le moment à 0,16 µSv/heure, mais ce
taux augmente du fait de la poursuite des émanations en provenance de
Fukushima.
- 15h, Conférence de presse de l'AIEA : ces très sérieux experts
annoncent qu'ils vont vérifier l'ensemble du parc nucléaire. Ils précisent
qu'ils estiment pouvoir en contrôler une sur dix dans les trois ans… ce
qui signifie qu'il faudra donc 30 ans pour toutes les contrôler ! Combien
auront explosé d'ici là ?
- 18h, Anne Lauvergeon, directrice sortante d'Areva annonce renoncer à
ses indemnités légales soit 1,8 millions d'euros. Elle gagnait 1,07
million par an.
- 19h, Sciences & Avenir publie sur son site les résultats d'analyses du professeur
Masayoshi Yamamoto, de l’université de Kanasawa : le plutonium trouvé à
proximité de la centrale vient bien d'un des réacteurs (pas forcément de
celui qui a du MOX) et non pas des restes de la bombe de Nagasaki en 1945.
Selon l'universitaire, cette pollution, faible, est très gênante car
durable. Toutefois, le plutonium, molécule lourde, ne devrait pas avoir
dépassé 20 à 30 km autour du site.
22 juin
- 8h, TEPCO annonce qu'il cherche à louer de nouvelles citernes pour
stocker l'eau radioactive. L'usine d'Areva ne semble pas en mesure de
résoudre significativement le problème et l'idée de rejeter l'eau en mer a
été interdite par le gouvernement. Selon TEPCO, l'usine d'Areva qui devait
diviser la radioactivité s'avère 25 moins efficace qu'annoncée.
- 8h, TEPCO annonce avoir essayé de diminuer les injections d'eau dans
le réacteur n°3, mais que la température est immédiatement repartie à la
hausse. Ce réacteur nécessite 1 tonne d'eau par heure pour son
refroidissement, le double que pour les réacteurs 1 et 2. La cause au
combustible MOX ? De même TEPCO annonce avoir mesuré des taux de
radioactivité record (430 mSv/heure) à proximité du réacteur n°2.
- 8h, une photo mise en ligne sur internet présente un compteur lors
d'une mesure à Fukushima-ville (60 km de la centrale) : on est à un taux
750 fois supérieur aux limites autorisées. Le gouvernement japonais
conteste l'authenticité de cette photo.
- 10h, selon l'association norvégienne Bellona, un rapport a été remis le 9 juin dernier à la présidence russe par
Rosatom, agence russe nucléaire. Il s'agit d'une série de vérifications
faites sur le parc nucléaire russe après l'accident de Fukushima. Rosatom
révèle de nombreux problèmes. Le plus grave : il n'est pas sûr que les 32
réacteurs nucléaires russes en activité s'arrêtent en cas de séisme
important. Certains réacteurs ne sont plus horizontaux : le socle penche.
Les réacteurs sont vieillissants. Certains circuits de secours, notamment
au niveau des circuits de refroidissement, se sont avérés déficients. Des problèmes
d'hydrogène pourraient provoquer une amorce d'accident, certaines soudures
n'étant plus étanches. Enfin, le personnel n'est pas formé pour réagir en
cas d'accident. Rosatom indique que nombre de normes internationales ne
sont pas respectées et que ces manquements n'ont pas été signalés jusqu'à
maintenant au niveau international.
- 11h, selon La Tribune.fr, TEPCO aurait fait encore
une perte de 1 milliard d'euros rien que pour le mois de mai 2011 qui s'ajoute
au 10,9 milliards d'euros annoncés pour l'année précédente. Un milliard
d'euros par mois, ce pourrait être le coût de l'accident (à comparer avec
le prix de la construction d'un réacteur : 5 milliards). Ce déficit ne
couvre que les activités sur la centrale. Il faut y ajouter 765 millions
d'euros pour l'aide psychologiques aux populations évacuées.
- 17h, Challenges publie les résultats d'un sondage réalisé auprès de 19000
personnes de 24 pays industrialisés. Globalement, 62 % des sondés sont
contre le nucléaire. Seuls pays majoritairement pour : l'Inde, la Pologne
et les Etats-Unis. Globalement, à la question de savoir ce qu'il faut
utiliser comme énergie, arrive en premier le solaire puis l'éolien, puis
l'hydraulique, puis le gaz naturel, puis le charbon… et en dernier choix
le nucléaire. Selon l'institut de sondage, c'est la première fois que le
nucléaire passe derrière les solutions thermiques (gaz et charbon).
- 17h, l'association internationale pour la protection contre les
rayonnements ionisants estime que les relâchements de radioactivité
pourraient atteindre 621 millions de curies (23 millions de
TeraBecquerels) pour l'ensemble des trois réacteurs accidentés. Cela
ferait 25 fois les émissions de Tchernobyl. Ces chiffres affolants
s'appuient sur un rapport britannique publié ce jour par The Gardian qui
annonce que 684 kg de césium-137 ont été envoyés dans l'atmosphère (contre
26 kg pour Tchernobyl et 350 kg pour l'ensemble des essais atomiques
aériens).
23 juin
- 0h, la saison des pluies commencent sur Fukushima. Pour éviter que le
ruissellement de la pluie n'entraîne trop de radioactivité à la mer,
différentes mesures ont été prises : collecte des déchets projetés par
l'explosion, résines sur les poussières, bâches au-dessus des réacteurs…
Mais globalement, TEPCO estime que cela ne suffira pas et qu'il faut
s'attendre à une nouvelle pollution maritime.
- 7h, Le Figaro annonce que l'ASN va donner
son feu vert pour une prolongation de dix ans du réacteur n°1 de
Fessenheim. La rapport rappelle pourtant que Fessenheim a été construit
sur une dalle en béton de seulement 1 m d'épaisseur (contre 3 à 4 m à
Fukushima) et qu'en cas de fusion du cœur, celui-ci pourrait rapidement
passer à travers et toucher alors la nappe phréatique du Rhin située juste
en dessous. Le renforcement de cette dalle pourrait coûter 100 millions
d'euros. L'ASN précise toutefois que le résultat des
"stress-tests" pourrait remettre cette autorisation en cause.
- 9h, Associated press publie
une enquête portant sur 48 des 65 sites nucléaires du pays (104 réacteurs)
: trois quart des réacteurs ont eu des fuites radioactives plus ou moins
graves dans leur existence, plusieurs nappes phréatiques ont été
contaminées. Le pire est à venir : les fuites sont difficiles à détecter
et les réacteurs ont tous plus de 30 ans.
- 10h, à l'invitation d'Yves Cochet, le Réseau Sortir du nucléaire, Agir
pour l'environnement, le Réseau Action-Climat ont organisé un colloque à
Paris "Nucléaire, le droit de choisir". Bien que cela se passe
dans l'Assemblée nationale, outre Yves cochet (EELV), seuls deux
parlementaires sont présentes : Martine Billard (Parti de Gauche) et
Laurence Rossignol (PS). Trois députés européens participent au débat :
Michèle Rivasi (EELV), Corinne Lepage (Cap 21) et Jean-Luc Benhamias
(Modem). Il y a 200 personnes… essentiellement des militants écologistes
et quelques élus EELV régionaux. Michèle Rivasi, de retour d'une semaine
au Japon, témoigne du sentiment de colère dans la zone d'évacuation
volontaire (entre 20 et 60 km de Fukushima) et comment les gens ne
commencent qu'à comprendre maintenant que leur départ est définitif.
- 12h, débat au parlement européen sur une directive portant sur la
gestion des déchets nucléaires. Celle-ci envisage la possibilité
d'exporter les déchets en-dehors de l'Union européenne. Cette disposition
est rejetée… mais par seulement une dizaine de voix ! Par contre est
adoptée la possibilité pour les pays de stocker leurs déchets dans un
autre pays de l'Union européenne. Bientôt nos déchets en Roumanie ?
24 juin
- 0h, The Japan Times rapporte que le gouvernement japonais essaie de mettre en place
un budget pour financer le suivi de santé des personnes exposées aux
radiations. Le budget prévoit de suivre 2 millions de personnes ! Donc
bien plus que les 100 000 personnes évacuées à ce jour. Et c'est sans
doute minoré pour ne pas affoler les Japonais !
- 0h, Selon Mainichi Japan, le Ministère de
l'environnement japonais a testé 135 plages de onze préfectures et a
autorisé à se baigner sur toutes les plages sauf une : la plage
d' Iwaki dans la préfecture de Fukushima. Le taux pris en compte pour
l'interdiction de ces plages est plus bas que dans la nourriture… le
gouvernement se justifie en faisant constater qu'il est plus facile de
renoncer à se baigner qu'à boire ou manger.
- 0h, selon le même quotidien, le gouvernement vient d'accorder un prêt
de 2000 milliards de yens (19 milliards d'euros) à TEPCO pour éviter que
celui-ci ne se retrouve en faillite.
- 1h, ouverture d'un procès à Tokyo suite à la plainte d'une personne
évacuée qui demande au tribunal de vérifier la légalité de l'exploitation
de la centrale nucléaire de Fukushima 1.
- 7h, un avion s'écrase sur le réacteur nucléaire n°2 de Fukushima !
Heureusement, il ne s'agit qu'un drône de 7,7 kg utilisé pour mesurer la radioactivité
au-dessus du site.
- 12h, la télévision japonaise NHK présente une simulation réalisée
par le ministère des sciences. Il s'agit de la dispersion de la
radioactivité en mer. Selon cette simulation, en mars 2012, le césium-137
serait détectable dans les eaux de mer à 4000 km de Fukushima avec un taux
de radioactivité non négligeable. En 2014, il atteindrait les îles
d'Hawaï, mais à des doses très faibles. En 2016, le césium toucherait les
côtes du Canada et des Etats-Unis à des niveaux encore plus faibles.
L'étude ne dit rien sur la concentration qui va ensuite se produire le
long des chaînes alimentaires. Autant dire que la pêche dans l'Océan
Pacifique est fortement compromise pour les années à venir.
- 14h, après 24 tentatives (et le suicide du chef de service en janvier
2011), les opérateurs du surgénérateur de Monju (côte ouest du Japon) ont
réussi à récupérer une grue de 3 tonnes qui s'est effondrée sur le
couvercle du réacteur en août 2010. La chute d'une barre de combustible au
plutonium limite les possibilités d'intervention humaine dans le réacteur
du fait de la pollution radioactive. Comme Superphénix en France, ce
réacteur n'a pratiquement jamais réussi à fonctionner !
- 18h, l'ASN, autorité de sûreté nucléaire annonce qu'en 2010, 112
accidents du travail ont eu lieu sur le chantier de l'EPR à Flamanville
dont 36 n'ont pas fait l'objet d'une déclaration au registre des accidents
du travail. L'ASN accuse le groupe Bouygues d'être à l'origine de la
plupart de ces "oublis". Elle dénonce également un "délit
d'obstacle aux missions de l'inspecteur du travail". Les syndicats
dénoncent les pressions de Bouygues sur les salariés.
- 19h, Peter Hufschmied, président de l'Inspection de la sûreté
nucléaire en Suisse, présente sa démission après que les médias aient
révélé des liens financiers avec les Forces motrices bernoises,
propriétaire de la centrale de Mühleberg. Il était membre du conseil
d'administration d'une société d'importation de caviar et de plantes
exotiques, société sponsorisée par FMB et membre d'une société d'énergie
solaire Sol-E Suisse, dont le capital est à 100 % à la FMB.
25 juin
- 0h, selon China Daily, le gouvernement
chinois annonce que le processus d'approbation des nouveaux projets de
réacteurs nucléaires ne reprendra pas au mieux avant mi-2012, au pire
mi-2013, le temps de redéfinir les conditions de sûreté pour les prochains
réacteurs, mais qu'il n'envisage pas de remettre en cause son programme
nucléaire.
- 8h, selon les médias américains, de la radioactivité a été mesurée
dans l'eau de pluie qui tombe actuellement sur Hawaï.
- 10h, le ministère de l'éducation et des sciences du Japon donne les
résultats d'analyses des sédiments revelés en mer à 3 km di site de
Fukushima. On y trouve malheureusement du strontium-89 et -90 et encore
pire : du plutonium.
- 10h, selon Rtb.fr, la réunion des quatre
ministres belges concernés par l'énergie n'a pas débouché sur des
certitudes concernant le nucléaire : la Belgique vise les 100 %
renouvelables d'ici 2050, mais ne se prononce pas sur la part du nucléaire
dans ce processus. toutefois la loi de 2003 sur la sortie du nucléaire ne
sera pas remise en cause.
- 18h, Médiapart publie des photos transmises par des syndicalistes de la centrale
de Penly. Photos représentant une fuite de vapeur radioactive dans un
circuit primaire en janvier 2010. On y voit des tuyaux rouillés, un jet de
vapeur au niveau d'une soudure, des mousses (ou des dépôts calcaires ?)
bref, on se croirait dans une ruine… mais non c'est bien une centrale
nucléaire française.
- 18h, congrès des Verts allemands : la majorité se prononce pour
accepter la sortie du nucléaire en 2022 alors qu'une motion demandait de
continuer à revendiquer une sortie plus rapide (2017).
26 juin
- 2h, la presse japonaise indique que le directeur de TEPCO a touché une
prime de départ de 5 millions d'euros.
- 11h, manifestation des parents d'enfants à Fukushima-ville… sous une
pluie battante (et sûrement radioactive). Ceux-ci demandent la sortie du
nucléaire, mais aussi plus précisément que l'on enlève la couche superficielle
de la terre partout où cela est possible pour décontaminer au maximum, en
commençant par les cours d'école. La mairie de la ville a révélé que la
limite légale est frôlée ou dépassée pour 182 mesures faites dans la
ville. Celle-ci est à 60 km des réacteurs nucléaires.
- 12h, TEPCO annonce qu'une nouvelle technique de traitement des eaux
doit être testée la semaine prochaine. Pour le moment, l'installation
d'Areva n'a permis de traiter que 500 tonnes d'eau, soit moins que ce qui
est utilisé en une journée pour refroidir les réacteurs. Faute de
solution, TEPCO annonce utiliser maintenant l'eau radioactive pour une
nouvelle aspersion sur les réacteurs.
- 16h, après un pique-nique géant, 7000 à 8000 personnes ont fait une chaîne
humaine de plus de 5 km autour de la centrale de Fessenheim… et des
gendarmes. Les manifestants étaient majoritairement allemands, mais aussi
français et suisses. Ils protestaient contre la décision de l'ASN de
vouloir autoriser la centrale à fonctionner dix ans de plus. La ministre
de l’environnement Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé que le
gouvernement ne prendrait pas de décision avant les résultats des tests de
résistance (traduire : avant les élections ?).
- 18h, invité par l'Unesco à Paris, Takuya Tasso, gouverneur de la
préfecture japonaise d'Iwate, au nord de Fukushima, a estimé que pour le
moment aucune radioactivité inquiétante n'a été relevée sur son
territoire, mais que "le Japon devra renoncer au nucléaire et se
tourner vers les énergies renouvelables" même si cela demandera du
temps.
- 20h, la Communauté urbaine de Bordeaux vote un vœu demandant la
fermeture progressive et le démantèlement de la centrale du Blayais,
estimant que cette centrale, en cas d'accident, pourrait contaminer l'agglomération.
Le vœu a été adopté par les groupes socialiste et écologiste. Communistes
et UMP-Modem n'ont pas pris part au vote.
27 juin
- 0h, selon plusieurs médias japonais, le gouvernement doit adopter aujourd'hui le montant de son aide aux
pays en voie de développement. Des fuites venant des ministères indiquent
que le Japon, en crise économique grave, proposerait de donner de la
nourriture invendue à ceux qui ont faim… nourriture invendue car
radioactive ou suspectée de l'être (seule 1 % de la nourriture est
contrôlée). Mieux vaudrait manger radioactif que pas du tout !
- 1h, Le Japon Times rapporte que de la radioactivité a été mesurée dans l'urine de 15
habitants de Fukushima, des personnes habitant entre 30 et 40 km de la
centrale. Les échantillons contiennent 3 mSv… soit autant que ce qu'une
personne reçoit normalement en un an. Preuve que ces personnes sont
soumises à une importante contamination soit par l'air soit par la
nourriture.
- 4h, selon Associated press, malgré le risque de
manque d'électricité, un sondage indique que 70 % des Japonais sont pour
maintenir à l'arrêt les 35 réacteurs arrêtés (sur 54) depuis le 11 mars
2011. 21 % demandent l'arrêt immédiat des 19 encore en route, 47 % sont
pour l'arrêt progressif de ces derniers réacteurs.
- 7h, selon Sankei Shinbun, des taux importants de
radioactivité sont actuellement mesurés dans les cendres des incinérateurs
de la région de Tokyo : 9740 bq/kg en césium pour l'incinérateur
d'Edogawa-ku, à l'est de la capitale. Les analyses dans les autres
incinérateurs donnent : Katsushika: 6610 bq/kg ; Ota: 6030 bq/kg ; Koto:
4850 bq/kg ; Meguro: 4180 bq/kg.
- 8h, Après que Bouygues ait annoncé une rupture de contrat avec le
sous-traitant Atlanco, la CGT dénonce le licenciement des 70 travailleurs
polonais de cette entreprise en grève sur le chantier de l'EPR. La CGT
annonce saisir les Prud'hommes pour protéger ces salariés. Les syndicats
dénoncent aussi une désorganisation du chantier, lequel accuse déjà un
retard de plus de trois ans.
- 8h, le gouvernement français annonce la construction d'une centrale
près de Brest d'ici 2015. Pas de réaction des antinucléaires. Et pour
cause, il s'agira d'une centrale au gaz à cogénération (électricité +
chaleur) de 450 MW qui fournira un kWh a un prix bien plus bas que les
absurdes réacteurs EPR.
- 11h, Sarkozy annonce que le gouvernement débloque un milliard pour
renforcer la recherche sur "le nucléaire du futur", à savoir le
retour à la surgénération, toujours promut par le CEA. il se justifie en
disant qu'autant est consacré aux énergies renouvelables et à la
production décarbonnée… mais sans entrer dans les détails. Par exemple :
la voiture électrique est financée comme "énergie décarbonée",
aidant indirectement le nucléaire.
- 12h, le gouvernement japonais s'enrichit d'un nouveau ministre chargé
de suivre la catastrophe nucléaire. On entre dans la durée…
- 19h, nouvel essai de décontamination de l'eau et nouvel échec. Après
avoir fonctionné 5 h lors du premier essai. Ce coup-ci, l'installation est
tombée en panne au bout d'une heure et demie. Entre les différents essais,
nous en sommes à 1850 tonnes d'eau passée dans l'usine. Eau qui a pu
ensuite être réutilisée. Sachant qu'il faut 2000 tonnes par jour, le
problème n'a guère évolué.
28 juin
- 8h, lors de l'assemblée générale de TEPCO, pour la première fois une
motion demandant l'abandon du nucléaire a été proposée par 402
actionnaires. Cette motion n'a pas obtenu la majorité… mais une autre
motion a été adoptée qui prévoit que les investissements futurs se feront
prioritairement dans les centrales au gaz (importé d'Australie) et enfin
une motion a également adopté le fait que TEPCO cesse ces activités
nucléaires en-dehors du pays (il y avait un accord avec une compagnie au
Viet-Nam). Alors qu'il y a 933 000 actionnaires, 9000 étaient présents à
cette assemblée générale, un record. La valeur en bourse des actions de
TEPCO a baissé de 85 % depuis l'accident, le dépôt de bilan n'est pas
exclu. Certains actionnaires ont demandé aux dirigeants de se faire
hara-kiri si ils ont encore un peu d'honneur. A l'extérieur, les
organisations agricoles ont manifesté : les agriculteurs brandissaient des
légumes interdits à la vente. Lors des assemblées des autres compagnies
d'électricité, des motions ont été également déposée pour demander une
sortie du nucléaire. Elles ont toutes été rejetées… mais la suite du
nucléaire dans le pays parait compromise.
- 8h, l'Agence de sûreté nucléaire japonaise annonce que 15 tonnes
d'eau radioactive ont débordé des réacteurs : les sous-sols sont pleins.
- 8h, Il Fatto quotidien italien rapporte des informations parues dans Tokyo Shimbundu 16 juin : les médecins constateraient
une augmentation des fatigues, diarrhée et saignements de nez chez les
enfants dans la ville de Koiyama, ville de 350 000 habitants, à 50 km des
réacteurs accidentés. Les médecins ont demandé des analyses de sang pour
détecter une éventuelle baisse des globules blancs, premier signe
d'atteinte radiologique.
- 8h, un sondage réalisé en Australie auprès de 14 000 personnes
indique que 86 % souhaitent un avenir énergétique uniquement dépendant des
énergies renouvelables.
- 10h, Japon Times online estime que l'ensemble des actifs accumulés par TEPCO depuis le
lancement du programme nucléaire dans les années 1970 ne suffira pas à
couvrir les frais de la catastrophe actuelle.
- 10h, une étude publiée par le Conseil pour les ressources naturelles
de l'énergie (service officiel du Japon) admet que les chiffres pris en
compte pour le calcul du prix du kWh nucléaire ont été minorés et qu'il
est en fait légèrement supérieur au prix du kWh thermique ou hydraulique.
- 15h, le Conseil général du Haut-Rhin demande à EDF de faire en sorte
que le réacteur de Fessenheim soit à l'abri d'une inondation. La centrale est
en effet construite plus bas que le canal qui l'alimente, lequel est en
aval d'un barrage sur le Rhin qui pourrait céder à l'occasion d'un séisme
ou d'un attentat. EDF répond alors par la négative. Colère de Michel
Habig, président de la CLIS, Commission locale d'information sur la sûreté
: "nous sommes ici pour imaginer l'improbable" et donc EDF doit
prendre ce scénario en considération. Le président de la région de
Fribourg, côté allemand, a fait savoir qu'il appuyait la démarche du
Conseil général.
- 17h, Aux Etats-Unis, le gouverneur de l'Etat de New York a annoncé à
Entergy, l'exploitant de la centrale nucléaire d'Indian Point, que les
autorisations de prélèvements d'eau de l'Hudson ne serait pas renouvelées
en 2013 et que la centrale devra fermer. Cette centrale avait été visée
par les attentats du 11 septembre 2001.
29 juin
- 8h, The Telegraph annonce qu'une fuite d'eau dans le réacteur n°2 de Fukushima
laisse sortir de l'eau avec un taux de contamination d'1 Siviert par heure
(100 000 fois les limites autorisées, un niveau qui n'avait été observé
que les premiers jours de l'accident). Cette eau coule actuellement dans
un bassin de rétention située à 50 m de la mer. Selon le porte-parole de
TEPCO, pour atteindre un tel niveau de radioactivité, il faut que l'eau
soit chargée de particules radioactives de grosse taille. Cela semble
indiquer que le corium (cœur fondu) du réacteur serait maintenant
directement au contact de l'eau… donc que l'enceinte de confinement est en
train de s'ouvrir.
- 8h, les Forces motrices bernoises, FMB, annonce l'arrêt de la
centrale suisse de Mühleberg, avec cinq semaines d'avance sur le
calendrier de maintenance. Il s'agit d'y engager des travaux importants
pour améliorer la prise d'eau et éviter un blocage du refroidissement en
cas de crue. Les travaux sont estimés à 20 millions de FS (16 millions
d'euros).
- 9h, le parlement européen annonce la visite d'une délégation sur le
chantier de l'EPR à Flamanville pour vérifier les conditions de travail et
de logement des ouvriers suite à la publication du rapport de l'ASN qui
pose des questions sur le recours à une sous-traitance maltraitée.
- 10h, polémique à Tokyo. Des associations qui font des mesures au
niveau du sol trouvent des taux de radioactivité bien plus importants que
les taux officiels. Pourquoi ? Après recherche, il s'avère que les
chiffres officiels sont pris à une hauteur de 18 m. La radioactivité étant
fixé au sol, évidemment, cela ne donne pas les même chiffres. Selon
l'organisation internationale Next-up, les taux relevés au niveau
du sol sont jusqu'à 100 fois plus élevés. Au lieu des 0,5 mSv par an
annoncé par les autorités, on serait plutôt autour de 50 mSv par an… alors
que l'évacuation concerne actuellement les zones dépassant 20 mSv par an.
Si ces mesures sont confirmées, il faudrait donc évacuer au-delà de Tokyo
soit plus de 50 millions de personnes.
- 14h, depuis plusieurs jours un feu de forêt encercle le centre de
recherche atomique de Los Alamos, au Nouveau Mexique (USA). Or ce centre
est l'un des principaux sites de stockage des déchets radioactifs (30 000
fûts dont certains riches en plutonium). Alors que les habitants des
villes voisines ont été évacués par précaution, des salariés sont restés
sur le centre pour contrôler ce qui se passe. Si le feu n'a pas atteint le
centre, le risque est que la chaleur provoque une réaction nucléaire.
Depuis deux jours un avion du Ministère de l'environnement fait des
mesures atmosphériques pour détecter un éventuel nuage radioactif.
- 19h, Bruno Chareyron, de retour d'une mission au Japon pour la
CRII-Rad, dénonce à son arrivée les "carences graves" dans la
gestion de la pollution radioactive. Il dénonce la non prise en compte de
l'expérience de l'accident de Tchernobyl sur la santé à long terme, répète
qu'il faut évacuer la population bien plus largement. Il dénonce le peu
d'utilisation qui a été fait des pastilles d'iode qui auraient du, par
exemple, être distribuées à toute la région de Tokyo. Il dénonce le fait
que les gens du Nord du pays mangent des aliments contaminés, pratiquement
sans aucun contrôle. Il dénonce le manque de volonté au niveau économique
: c'est pour éviter de dépenser des sommes folles que le gouvernement
n'agit pas.
30 juin
- 6h, le gouvernement japonais annonce tout un panel de mesure pour
économiser l'électricité : arrêt des escalators, de la climatisation dans
les lieux publics, baisse de l'éclairage public, limitations des
distributeurs de boissons fraîches, diminution de la fréquence de certains
trains, incitation à ce que les fonctionnaires prennent leurs vacances en
juillet août, arrêt des usines automobiles les jeudis et vendredis.
Objectif ; baisser d'au moins 15 % la consommation d'électricité au niveau
du pays.
- 6h, le gouvernement japonais annonce que ce jour seuls 19 réacteurs
(sur 54) sont encore en fonctionnement dans le pays.
- 11h30 selon Associated press, l'incendie
autour de Los Alamos a déjà brûlé plus de 20 000 hectares et pourrait
devenir l'incendie le plus vaste jamais connu dans l'Etat du Nouveau-Mexique.
Le site de Los Alamos, toujours cernés par les flammes, a indiqué que
toutes les expériences en cours ont été arrêtées.
- 14h, selon RTBF.be, de la radioactivité a été détectée dans l'urine de
dix enfants vivant à 62 km de la centrale. C'est l'ACRO, association
française qui a fait les mesures.
- 15h, l'Association européenne de l'énergie éolienne, EWEA, présente
ses objectifs pour répondre aux engagements de l'Union européenne. L'EWEA
prévoit un triplement de la capacité européenne d'éoliennes d'ici 2020
pour atteindre une puissance de 230 GW soit 15,7 % des besoins en
électricité. La France devrait alors disposer de 6 GW loin derrière
d'autres pays comme l'Espagne, l'Allemagne, le Danemark, mais aussi la
Grèce, l'Irlande… Cela pourrait monter à 400 GW en 2030 (28 % de
l'électricité) et 735 GW en 2050 (50 % de l'électricité). En 2010, le
secteur a investi 13 milliards d'euros. Cela devrait doubler d'ici 2020.
Cela représente déjà plus que les investissements dans le nucléaire.
- 16h, selon l'AFP, la centrale nucléaire écossaise de Torness a dû être
arrêtée d'urgence suite au blocage du refroidissement par une accumulation
importante de méduses dans les bouches d'aspiration. La centrale
appartient à EDF-Energy, filiale britannique d'EDF.
- 17h, les députés allemands votent par 513 voix contre 79 en faveur du
plan de sortie du nucléaire proposé le 6 juin dernier par le gouvernement.
- 20h, Le Point.fr publie un résumé du rapport de l'ASN concernant
le site du Tricastin. L'ASN a autorisé le réacteur de 900 MW a fonctionner encore dix ans à condition qu'EDF engage
des travaux pour mieux se protéger en cas de séismes, d'incendie ou
d'inondation. EDF a jusqu'à 2014 pour se mettre en conformité. Rappelons
que l'ASN donne souvent ce genre d'obligation… mais qu'EDF ou le CEA n'en
tiennent pas forcément compte, l'ASN n'ayant pas de moyens pour imposer
ses vues.
Chronologie - Juillet
1er juillet
- Du cesium retrouvé dans les
urines d’enfants de Fukushima à la une du Japan Times et
d’autres quotidiens. De petites quantités de cesium ont été analysées dans
les urines de 10 enfants de Fukushima confirmant leur exposition aux
radiations. L’analyse a été effectuée par le laboratoire français
indépendant ACRO. D’après le test, les plus grandes quantités d’isotopes
sont 1.13 becquerels de cesium 134 par litre d’urine chez une petite fille
de 8 ans pendant et 1.30 becquerels de cesium 137 par litre d’urine chez
un petit garçon de 7 ans. Les associations pressent le gouvernement
japonais d’effectuer des tests auprès de tous les enfants de Fukushima. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110701a2.html
- L’Acro dans son communiqué de
presse déclare : « ces résultats devraient inciter les autorités
japonaises à mesurer systématiquement la contamination interne des
habitants qui ont été exposés aux panaches radioactifs et de ceux qui
vivent dans les territoires contaminés et qui sont donc vraisemblablement
soumis à une contamination chronique. Cela peut se faire sans difficulté
technique (par anthropogammamétrie). »
- Dans le Mainichi, le ministre chargé de l’Education et de la
Science Yoshiaki Takagi, lui répond que les taux de radioactivité présents
dans l’urine des enfants ne posent aucun risque pour la santé. Le total
des expositions au rayonnement interne pour les enfants jusqu'à ce qu'ils
atteignent 70 ans serait 7,8 microsieverts de césium radioactif 134 et 8,9
microsieverts de césium 137, contre la dose annuelle admissible de 1 000
microsieverts pour le public, a dit le ministre.Des contrôles de santé
seraient nécessaires pour une analyse plus détaillée, mais ce n'est pas
quelque chose qui affecte immédiatement la santé des enfants, a dit
Takagi.
- 113 foyers ont été identifiés
comme « zones chaudes » Le gouvernement a désigné 113 résidences
comme « zones chaudes radioactives » et a recommandé aux
personnes vivant dans ces lieux de déménager bien qu’ils ne soient pas
situés dans la zone d’évacuation de la centrale de Fukushima. Les
quartiers concernés dépasseraient la norme d’exposition aux radiations
fixée par le gouvernement à 20 millisieverts annuels. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110701a3.html
- Le nouveau Président de Tepco
et son prédécesseur en visite chez les maires de la préfecture de
Fukushima. Le maire d’Iwaki leur a fait part de la colère de ses
administrés qui auraient dû recevoir l’information de rester cloîtrés à
leur domicile suite à la catastrophe ; mais qui ne l’ont jamais reçu.
Le maire a remis au président une lettre demandant que Tepco gère la crise
aussi rapidement que possible et indemnise correctement les populations
concernées. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110701x2.html
- La barge flottante
« Megafloat » entre en action. Cette barge de 136 mètres de long
et de 46 mètres de large peut contenir jusqu’à 10 000 tonnes d’eau.
8 000 tonnes d’eau « faiblement radioactives » provenant
des réacteurs 5 et 6 vont y être stockées par Tepco, qui avait demandé à
l’origine à l’évacuer en mer. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110701a3.html
2 juillet
- TEPCO a annoncé que les
piscines de combustible nucléaire sont refroidies à un niveau stable. Le
système de refroidissement, qui a commencé à fonctionner dans le réacteur
n° 3 jeudi, a porté la température de la piscine de stockage du
combustible nucléaire du réacteur juste au-dessous de 40 degrés Celsius
par rapport au niveau précédent de 62 degrés. Comme le refroidissement a
progressé plus rapidement que prévu initialement, TEPCO affirme que la
température sera probablement stabilisée autour de 30 degrés dans quelques
jours. La température de la piscine de combustible usé du réacteur n ° 2 a
déjà baissé à ce niveau.
- TEPCO est préoccupée par de
probables difficultés dans l'installation du système de refroidissement du
réacteur n ° 4. L’explosion d'hydrogène en mars a endommagé la tuyauterie
nécessaire pour le système et les débris laissés entravent les travaux de
construction. Il pourrait donc avoir un retard dans son plan
d'installation. NHK, le samedi 02 Juillet, 2011 13:22
0900 (JST)
- De nombreuses villes
japonaises veulent conclure des accords de sécurité avec les opérateurs
des centrales nucléaires avoisinantes. Dans le Mainichi, suite à la
catastrophe de Fukushima, 37 municipalités japonaises ont faire part de
leurs démarches de conclure des plans de sûreté avec les industriels du
nucléaire. Les zones de sûreté sont actuellement de 10 km autour des
centrales mais la catastrophe a démontré que la radioactivité s’étendait
bien plus loin. Les maires veulent donc que ces zones soient revues.
Cependant les industriels ne sont pas enthousiastes à l’idée de revoir ces
plans car cela va augmenter leurs coûts opérationnels. http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110702p2a00m0na015000c.html
- Tepco a communiqué des photos
des digues de fortune qu’il a installé autour de la centrale pour prévenir
d’un éventuel tsunami de 7-8 mètres. http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110702p2a00m0na007000c.html
- Dans un article du Wall Street Journal, Toshiso Kosako, l’ancien
conseiller nucléaire du Premier ministre japonais Naoto Kan, a fustigé la
gestion gouvernementale de la crise, et prédit de nouvelles révélations
sur les menaces de rayonnement auprès du public dans les prochains mois.
Dans sa première interview avec les media depuis sa démission en avril en
signe de protestation, Toshiso Kosako, l’un des principaux experts du pays
sur la sûreté radiologique, a déclaré que le gouvernement de M. Kan a été
lent pour tester les dangers de la contamination marine et aussi à gérer
les menaces de rayonnement, afin de minimiser les coûts de nettoyage. Il a
également déclaré "Le mécanisme de décision du gouvernement est
opaque. Les raisons des décisions ne sont jamais évidentes. Cela ne
ressemble pas à une société démocratique. Le Japon ressemble de plus en
plus à un pays en développement en Asie orientale".http://online.wsj.com/article/SB10001424052702304450604576419560689685524.html
3 juillet
- TEPCO affirme que le système
de refroidissement des réacteurs est désormais entièrement réalisé par
recyclage d’eau. La compagnie a déclaré que le système ne nécessite plus
l'apport d'eau douce. Auparavant, le système nécessitait 2 à 3 tonnes
d'eau fraîche par heure. Le recyclage de l'eau radioactive a repris samedi
soir après avoir été suspendu suite à des fuites. Le dispositif de
décontamination de l'eau a également dû être arrêté en raison d’erreur
humaine. TEPCO a cité un manque de préparation dû à la vitesse de
l'installation du système, qui se compose d'appareils japonais et
étrangers. NHK, Sunday, July 03, 2011 07:56 +0900
(JST)
- Près de 80 personnes âgées
qui ont été évacuées de maisons de retraites à proximité de la centrale
nucléaire de Fukushima 1 sont décédées dans les trois mois de la
catastrophe qui les a forcées à se déplacer, selon un sondage du Yomiuri Shimbun.
4 juillet
- Dans le journal Asahi, Tepco n'a volontairement pas déclaré une possible explosion d'hydrogène.
- D'après un rapport, 300
millisiverts par heure étaient détectés dans le réacteur 3 le 13 mars, un jour
avant l'explosion et un risque d'explosion d'hydrogène était signalé, les
combustibles étant à l'air libre. Mais Tepco n'a pas reporté la situation,
ni à la NISA l'agence étatique, ni au gouvernement local.
- Le Mainichi dénonce
l'attitude d'Areva qui a profité de la catastrophe pour promouvoir ses
réacteurs auprès des politiques américains avec une brochure "Les dossiers Fukushima" où Areva stipulait qu'avec ses
réacteurs, jamais cet évènement ne se serait produit.
http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/national/news/20110704p2a00m0na015000c.html
- Japan Today annonce qu'environ 45% des enfants de la préfecture de Fukushima
sont concernés par une exposition de la glande thyroïde aux radiations.
L'enquête a été menée sur 1080 enfants âgés de 0 à 15 à Iwaki, Kawamata et
Iitate du 26 au 30 Mars. Pourtant l'agence nucléaire japonaise la NISA a
déclaré que cela ne nécessitait pas d'examens complémentaires.
http://www.japantoday.com/category/national/view/45-of-kids-in-fukushima-survey-had-thyroid-exposure-to-radiation
5 juillet
6 juillet
- La ville de Fukushima a
affirmé mercredi que ses 300 000 habitants n'étaient pas menacés par les
radiations provenant de la centrale nucléaire accidentée, malgré des
appels à l'évacuation émanant d'associations locales.
http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Japon-la-ville-de-Fukushima-affirme-que-ses-habitants-sont-en-securite-_6346-1863459-fils-tous_filDMA.Htm
- Sur la télévision NHK le
gouvernement annonce que le strontium, radioélément très cancérigène va
être surveillé attentivement en mer.
http://www3.nhk.or.jp/daily/english/06_08.html
- Des résidents qui avaient
intenté un procès en 2003 réclamant l'arrêt de la centrale de Hamaoka
reviennent au tribunal. Ils citent la forte probabilité d'un accident
nucléaire déclenché par le séisme qui, selon les spécialistes, frappera la
région du Tokaô.
- Les exportations japonaises
de produits agricoles, marins et forestiers de mai ont effectué un
plongeon de plus de 16% par rapport à l'an dernier, en raison de la crise
nucléaire à la centrale de Fukushima annonce NHK.
- Des parents d'élèves ont
adressé une pétition au maire de Tokyo pour prendre des mesures permettant
d'assurer la sécurité alimentaire des écoliers de Tokyo déjeunant à
l'école.
Dans leur lettre de doléances, les parents ont demandé de, non seulement
mettre en place un système de contrôle pour détecter les radiations dans
les légumes, poissons, lait et autres denrées alimentaires utilisées dans
les cantines scolaires, mais aussi de se procurer ces aliments uniquement
à partir de zones limitées.
http://www3.nhk.or.jp/daily/english/06_35.html
7 juillet
- Le gouvernement japonais est
à nouveau sur la sellette après sa décision de soumettre tous les
réacteurs nucléaires du pays à des tests de résistance pourtant destinés à
rassurer l'opinion publique, indique Reuters. L'annonce soudaine de cette
mesure a pris de court les autorités locales. Les tests de résistance
menés au Japon seront calqués sur ceux de l'UE, ce qui signifie qu'il
faudra près d'un an pour les mener à terme.
http://www.lexpress.fr/actualites/2/monde/les-tests-de-resistance-nucleaires-sement-la-confusion-au-japon_1010118.html
- « Fukushima :
emblématique de la faillite des élites ». Le Mainichi Daily News annonce la couleur.
- D’après le Wall Street Journal des
ingénieurs de haut niveau appartenant à la firme Tepco savaient depuis des
années que « cinq des réacteurs de la centrale avait
un défaut de conception qui pouvait se révéler potentiellement dangereux.
La société n’a jamais corrigé ces défauts, entraînant la catastrophe que
l’on connaît au moment du tremblement de terre ».
- Tepco annonce que le système
de traitement de l’eau radioactive a fonctionné à environ 76% de sa
capacité quotidienne maximale de 1 200 tonnes entre le 29 Juin et le 5
Juillet. Tepco prévoit de relever le taux d'utilisation des capacités de
80% en juillet et 90% en août.
- Un article dans le journal Asahi raconte
la peur des parents de Fukushima qui en plein été ne laissent pas leurs
enfants jouer dehors à cause des radiations. Même les habitations sont
touchées, un homme de 43 ans qui vit avec ses trois enfants a trouvé des
niveaux de rayonnement de plus de 1 microsievert dans les chambres de sa
maison.
8 juillet
- Tepco, après avoir échoué à
envoyer un robot injecter de l’azote dans le réacteur 3 pour prévenir
d’une possible explosion d’hydrogène, a envoyé une équipe de 6 hommes. En
9 minutes de travail, ils ont reçu 5,34 millisievert de rayonnement
d’après l’opérateur.
- La centrale nucléaire de
Tokai Daini située dans la préfecture d’Ibaraki ne passe pas les tests de
résistance sismique organisés par l’agence de sécurité nucléaire, annonce
la chaine NHK http://www3.nhk.or.jp/daily/english/08_01.html
- Des révélations démontrent
que Kyushu Electric Power Co. une entreprise nucléaire a demandé à ses
employés et sous-traitants d’envoyer des e-mails lors d’une émission
télévisée pour manipuler l'opinion publique, en réclamant la réouverture
des centrales fermées. Le maire de Genkai, où se situe une centrale de
Kyushu Electric Power Co, a annoncé qu’il revenait sur sa décision de
remettre en marche les réacteurs fermés.
9 juillet
- Reuters rapporte que le premier ministre japonais a déclaré devant des
cadres du parti qu’ «il faudra trois, cinq, voire dix ans pour parvenir à
reprendre le contrôle, et même plusieurs décennies pour remédier aux
conséquences de l’accident de Fukushima».
http://www.20minutes.fr/ledirect/755861/fukushima-nettoyage-pourrait-prendre-annees-selon-premeir-ministre
- Une feuille de route pour la
décontamination de la centrale de Fukushima Daiichi indique que la
suppression des barres de combustible nucléaire fondues pourrait commencer
dans 10 ans, indique de son côté la chaine NHK.
- Le Japan Times publie
un article sur le combat des mères japonaises qui n’avaient auparavant
jamais fait d’activisme politique. Ces mères descendent dans la rue pour
exhorter le gouvernement à protéger leurs enfants des rayonnements.
Frustrées par le manque d'information donné par le gouvernement, les mères
ont formé des groupes sur Facebook, Twitter et des blogs pour partager
leurs connaissances et des données sur l'exposition aux radiations. Ces
femmes pressent le gouvernement d'abaisser le niveau d’exposition fixé à
20 millisieverts par an pour les enfants scolarisés dans la préfecture
de Fukushima. Leur site web :http://mscr2011.jugem.jp/?eid=4
10 juillet
- NHK annonce que Tepco a une fois de plus suspendu le traitement de
l’eau radioactive à cause de fuites dans le système.
- Dans le journal Mainichi, un groupe de scientifiques japonais va
mener une opération « tournesols » en plantant ces fleurs dans
les terres contaminées autour de Fukushima. En effet les fleurs de
tournesol ont la capacité d’absorber le cesium et ont été utilisées près
de Tchernobyl. Les fleurs ne devront pas être répandues dans l’atmosphère
ensuite et devront être traitées comme déchets radioactifs. Une bactérie
pourrait être utilisée pour réduire leur volume. http://mainichi.jp/photo/archive/news/2011/07/03/20110704k0000m040044000c.html
- Un article dans le journal Asahi explique
la problématique des combustibles usés pour l’industrie nucléaire qui ne sait
pas où les stocker et les garde dans des piscines de refroidissement sur
les sites des centrales. La radioactivité de ces combustibles est très
forte et lors de catastrophes comme à Fukushima extrêmement dangereuse.
Par ailleurs pour entreposer plus de combustibles dans les piscines les
industriels réduisent l’espace entre les conteneurs et cela génère des
dangers supplémentaires. La construction d’installations de stockage est
nécessaire mais l’une d’entre elle où Tepco devait stocker 5 000 tonnes
de combustibles usés a été stoppée en raison d’un tremblement de terre…
11 juillet
- Les stress tests sur les
centrales japonaises auront lieu en deux étapes et seront organisés par la
Commission de sûreté nucléaire du Japon, organe « indépendant »
annonce le Secrétaire général du gouvernement Yukio Edano lors d'une
conférence. Ces tests visent à s’assurer que les 54 réacteurs nucléaires
japonais sont capables de supporter le type de tremblement de terre et le
tsunami qui a ravagé le pays au nord-est sur Mars 11, mais surtout à
rassurer l’opinion publique qui s’oppose dans certaines régions à la
réouverture de centrales fermées.
- Dans une dépêche AFP le
gouverneur de Tokyo, Shintaro Ishihara, estime que le Japon ne doit pas
renoncer au nucléaire, malgré les "réactions hystériques" qui ne
manqueront pas de se manifester après l'accident de Fukushima." Tant
qu'elle est gérée correctement, l'énergie nucléaire peut produire de
l'électricité à très bas coût. Je ne pense pas que le Japon doive y
renoncer", a-t-il déclaré à l’agence française.
- Pendant ce temps de la viande
de boeuf contaminé par du cesium est repérée à Tokyo et dans le centre du
Japon d’après NHK.
12 juillet
- Tepco envisage d'injecter de
l'azote dans l'enceinte de confinement du réacteur 3 afin de prévenir le
risque d'une explosion d'hydrogène. L’opérateur s'est donné jusqu'au 17
juillet pour achever cette opération. De l'azote a déjà été injecté dans
les réacteurs 1 et 2 en juin.
- Le journal Asahi détaille
la feuille de route de Tepco qui estime des dizaines d’années pour
stabiliser la situation à la centrale de Fukushima. Tepco commencerait à
retirer les combustibles des piscines en 2014. Le combustible des
réacteurs serait extrait en 2021. Un plan d’action détaillé suivra mais
les délais annoncés seront dépendants de l’évolution de l’état des
réacteurs et des avancées technologiques.
- De son côté Areva annonce
dans les media français qu’il lui faudra 120 jours pour décontaminer
110 000 tonnes d’eau. http://lexpansion.lexpress.fr/economie/il-va-falloir-120-jours-pour-decontaminer-l-eau-stockee-a-fukushima_258628.html
- Dans le Mainichi, le ministre en charge de la crise
nucléaire, a annoncé que la construction d'une barrière souterraine pour
bloquer l'écoulement de l'eau fortement contaminée de la centrale devait
commencer dès que possible.
La construction d'une telle barrière coûtera plus de 100 milliards de
yens, selon certaines estimations. Hosono suggéré que le gouvernement
devrait aider Tepco à la financer.
- Sur NHK, le
ministre japonais de la Santé indique que l'ensemble du cheptel bovin de
plusieurs parties de la préfecture de Fukushima, y compris à Minamisoma,
où du césium radioactif a été détecté à des niveaux 3 fois supérieurs à la
limite de sûreté définie par le gouvernement, pourrait être analysé.
- Dans le Yomiuri 60
% des foyers situés en « zones chaudes » de la préfecture de
Fukushima souhaitent déménager d’après un sondage de la municipalité. Les
personnes avaient une semaine pour prendre leur décision, ce qui est
difficile pour certains d’entre eux. http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T110711003941.htm
- Le Japon n'a pas d'autre
choix que celui de réduire sa dépendance à l'énergie nucléaire, a déclaré
mardi le Premier ministre nippon Naoto Kan, de plus en plus sensible aux
inquiétudes des Japonais face à l'énergie nucléaire. «Nous devons renoncer
au projet d'avoir 53% de notre production d'électricité issue de l'énergie
nucléaire d'ici à 2030 et réduire notre degré de dépendance à l'énergie
nucléaire», a déclaré Kan.
13 juillet
- Le Premier ministre japonais,
Naoto Kan, s'est prononcé mercredi en faveur d'une sortie progressive du
nucléaire, sans donner de calendrier. Le chef du gouvernement juge
nécessaire de revoir de fond en comble la politique énergétique du pays,
qui prévoyait avant la crise de Fukushima une augmentation de la part de
l'électricité nucléaire dans la production totale à plus de 50% d'ici à
2030, contre quelque 30% en 2010.
- Un ancien employé de Tepco,
Katsumi Naganuma, âgé de 70 ans, a déclaré au Japan Times avoir
assisté au rabotage d’une falaise lors de la construction de la centrale,
il y a quarante ans. Ce serait notamment pour réduire les coûts de
transport de l’eau de mer servant au refroidissement de la centrale que
Tepco a écrêté une falaise de 25m.
- Dans le Japan Times la
préfecture Fukushima a admis n’avoir aucun moyen de mesurer
scientifiquement l'exposition au rayonnement interne des vaches, suite aux
informations annonçant que de la viande contaminée par du cesium avait été
commercialisée dans différentes régions.
- L’élevage était une industrie
majeure dans le nord de la côte de Fukushima.
La zone avait environ 20.000 vaches avant la crise nucléaire, mais les
éleveurs ont dû tuer 80% d’entre elles après les avoir abandonné pendant
des mois quand ils ont été forcés d'évacuer.
- Le journal Asahi annonce
que des désaccords entre le Premier ministre Naoto Kan et le ministre de
l'Industrie Banri Kaieda ont contraint à des arbitrages dans le nouveau
régime d'évaluation de la sécurité nucléaire annoncé par le gouvernement
le 11 Juillet. Le système présentera deux séries d'évaluations pour les
centrales nucléaires, chacune reflétant les différentes visions du Premier
ministre et son ministre de l'Industrie. L'évaluation de deuxième étape,
qui sera appliquée à tous les réacteurs, reflète l'insistance de Kan pour
qui les stress tests du Japon devraient être aussi stricts que celles de
l'Union européenne…
- L’IRSN publie une mise à jour
de sa note d’information sur l’impact sur le milieu marin des rejets
radioactifs consécutifs à l’accident.http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20110712_Accident-fukushima_impact-rejets-radioactifs-milieu-marin.aspx
14 juillet
- Le gouvernement n'a pas
annoncé une élimination complète de l'énergie nucléaire, a déclaré
le secrétaire général du gouvernement Yukio Edano en référence aux propos
du Premier ministre Naoto Kan la veille… http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110715a6.html
- Dans le Japan Times de
nouvelles révélations d’anciens ingénieurs ayant travaillé à la centrale
de Fukushima qui expliquent que General Electric n’a pas modifié
l’emplacement des générateurs de secours (dans les caves) malgré de
nombreux avertissements d’ingénieurs sur leur risque d’inondation en cas
de tremblements de terre et tsunami. « Tepco, conservatrice par
nature, n'a pas permis aux entreprises japonaises de construction de
l'usine d'apporter de modifications à la conception de base de GE » a
déclaré Tadaharu Ichiki, un ancien concepteur de centrales nucléaires. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110714a2.html
- Un article du Monde met
l’accent sur l’importance de la tâche de reconstruction du Japon (de 16
000 à 25 000 milliards de yens, soit entre 140 et 217 milliards d'euros)
et souligne « La responsabilité de l'Etat et celle des opérateurs
nucléaires, les carences d'un monde politique incapable d'exiger un peu de
transparence dans la gestion d'une énergie aussi dangereuse devront être
posées. »http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/07/13/japon-fukushima-a-accentue-la-crise-de-confiance_1548292_3232.html
- Dans le Yomiuri Shimbun, la
municipalité de Fukushima prévoit d'élaborer un «plan de
décontamination" début août. Les mesures comprennent l'utilisation
d'eau haute pression pour laver et enlever les bâtiments de surface. Le
gouvernement de la ville estime qu'il faudra au moins plusieurs années -
peut-être 20 -pour décontaminer toute la ville.
Les principales cibles de la décontamination sont les établissements
publics, les terres agricoles, les rivières et les montagnes.
- Dans le journal Asahi une
série d’articles autour du thème du changement de modèle énergétique pour
le Japon SANS énergie nucléaire.http://www.asahi.com/english/TKY201107130354.html
15 juillet
16 Juillet
- Un 36e réacteur arrêté : La
KEPCO (Kansaï Electric Power COmpany) principalement en charge de la
fourniture d’électricité pour les villes d' Osaka Kobé et Kyoto, à annoncé
son intention d’arrêter le Réacteur N° 1 de la centrale de Ohi. Cette
décision fait suite à une chute de pression dans
un réservoir d'acide borique destiné à arrêter le réacteur en cas
d'urgence. Aucune date de redémarrage n'a été avancée. http://www.24heures.ch/depeches/monde/japon-reacteur-stoppe-centre-ouest
- Une cinquantaine d'avocats
représentant 20 préfectures se sont réunis à Tokyo pour plaider l'arrêt
définitif des réacteurs N° 1 de Ohi, N° 1 de Takahama et empêcher à plus
longue échéance la construction de la centrale d' Oma.
- La TEPCO suspecte une fuite
de gaz sur le réacteur N° 3 de Fukushima Daïchi. Après avoir injecté 200
mètres cubes d'azote dans l'enceinte de confinement de la cuve réacteur,
et constaté que la pression n'était pas montée suffisamment.
- Suite à divers incidents
parmi lesquels des joints métalliques corrodés, puis des joints PVC
éclatés le système de décontamination des eaux Kurion/AREVA n'a fonctionné
qu'a 80% de sa capacité. Les arrêts pour réparation on nécessité entre
autres l'intervention de dix employés qui ont reçu 5 milli Siverts en 2
minutes.
- Une source d'eau froide
naturelle a de nouveau due être utilisée pour assurer le refroidissement
des combustibles fondus, venant s'ajouter ainsi à la quantité des eaux à
traiter.
- The Daily Yomiuri : Asakawamachi, préfecture de Fukushima : Suite à la livraison
sur Tokyo de 42 animaux présentant des taux supérieurs à la norme, c'est
jusqu'à 75 000 becquerels de césium par kilo de fourrage qui ont été
détectés dans une ferme prés de la ville de Minamisoma. Tous les déplacements
des bovins ont été suspendus à la demande de la préfecture de Fukushima.
Le prix des nourritures pour le bétail ne cesse d'augmenter au fur et à
mesure que les contrôles révèlent des taux de radiations potentiellement
dangereux.
- La norme de 500 becquerels
par kilo a également été dépassée dans des champignons
"shiitake" cultivés sous serre à 60 kilomètres de la centrale de
Daiichi. Soient jusqu'à 1770 becquerels par kilogramme de césium
radioactif.
17 Juillet
- A Yokohama, Toshiba a
présenté SARRY (Simplified Active water Retrieve and RecoverY system) Le
nouveau système de décontamination des eaux de refroidissement mis au
point par l'industriel nippon qui doit être mis en service début Août et
fonctionner conjointement avec le système installé par Kurion/AREVA. http://www.asahi.com/english/TKY201107150364.html
- Naoto Kan et Goshi Hosono
étudient la possibilité pour les habitants de revenir sur la zone des
20km, une fois les réacteurs stabilisés. Ce même Goshi Hosono ministre en
charge de la crise nucléaire se dit prêt à laisser redémarrer les
réacteurs qui auront passé les tests de sécurité avec succès.
- The Japan Times : Fukushima. Une nouvelle priorité pour la TEPCO et le gouvernement
de Naoto Kan, est donnée au retrait des éléments combustibles des piscines
autour des réacteurs 3 et 4 de Daiichi. Il est désormais question de 3 ans
pour le traitement des eaux radioactives et des autres opérations
initialement prévues à moyen terme.
- The Mainichi daily news et NHK World french repris par le Figaro évoquent les
132 têtes de bétail ayant été nourries à la paille de riz contaminée. Ces
bœufs de Fukushima ont été abattus dans 36 préfectures et leur viande mise
en vente dans 33 préfectures sur les 47 que compte le Japon. The Daily Yomiuri tend
à minimiser le danger de la consommation de cette viande dont le taux de
césium serait toujours inférieur à celui trouvé dans le fourrage, alors
qu'un nouveau record de radioactivité vient d'être battu avec la détection
de 79 000 becquerels de césium par kilo dans de la paille, soit 73 fois la
limite.
- Météo : typhon annoncé
venant du Sud-Est de l'archipel. La menace se précise le typhon arrivant
par le Sud pourrait gagner en intensité et changer de direction pour
longer les cotes Est du pays. En parallèle à Fukushima une toiture prévue
pour protéger le bâtiment N°3 des intempéries serait en cours
d'achèvement.
18 Juillet
- NHK World English : La TEPCO endure de nouveau incidents avec le circuit d'eau de
refroidissement du réacteur N° 1, suite au déclenchement d'une alarme
consécutive à la baisse du débit, passé de 3,8 à 3 mètres cubes /heure.
Ces inconvénients pourraient venir de dépôts dans les tuyauteries
obligeant le fournisseur japonais à réitérer un changement de pompe.
- Reuters : 554 vaches ayant mangé des aliments contaminés ont été livrées
dans d'autres régions du pays, ajoutant à la crise de confiance des
japonais pour leur alimentation.
- Yomiuri : de nouvelles
restrictions pour les livraisons des bovins suspectés de contamination
devraient êtres mises en place à partir de mardi.
- La crise alimentaire
japonaise risque de s'étendre révèle l'IRSN, qui publie des chiffres de
600k et 800k becquerels par mètre carré relevés dans la zone des 20km autour
de Fukushima Daiichi, avec des pointes à 20 000k becquerels par mètre
carré. Les produits de la mer ne sont pas épargnés, la contamination
d'abord recueillie par les animaux filtreurs (huîtres,oursins) va petit à
petit monter dans la chaîne alimentaire et concerner les gros poissons
prédateurs, également très appréciés de la cuisine japonaise.
- Ma-on le typhon précédemment
annoncé, est passé à l'est de Minami Daito une île rattachée à la
préfecture d' Okinawa. Il se déplace à 20 km/h, des vents de 90 km/h
tournent à 170 km de l’œil, qui lui, est animé par des vents allant
jusqu'à 162 km/h. Il est attendu sur les principales îles japonaises entre
mardi et mercredi. A 1300 km de là, le bâtiment turbine de l'unité N° 3 de
Daiichi va être provisoirement couvert, d'après Hajime Motojuku,
porte-parole de la TEPCO.
- Nombreux soutiens américains
au peuple japonais, fonds commémoratif Taylor Anderson et « messages
de gaieté » sont adressés aux enfants, avec à l'origine de ces
initiatives des particuliers touchés par le tsunami du 11 Mars ou le
tremblement de terre de Kobé en 1995.
19 Juillet
- Le Japan Times :
L'opinion publique est hostile aux redémarrages des réacteurs arrêtés pour
contrôles et ce malgré les stress tests annoncés par le gouvernement. La proposition
de Naoto Kan de ne plus utiliser l'énergie nucléaire pour
l'approvisionnement électrique du japon, renforce ce sentiment
d'hostilité. Aussi un scénario d’arrêt de tous les réacteurs pour le
printemps est étudié avec pour conséquences un recours plus importants aux
centrales thermiques classiques au passage de l’hiver. vous trouverez
également par ce lien une carte des réacteurs en activité ceux dont
l'arrêt est programmé pour fin août, et ceux actuellement à l’arrêt. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110719i1.html
- La TEPCO et le gouvernement
japonais devraient annoncer une révision du planning des opérations de
mise sous contrôle du site. Bien que le système de décontamination des
eaux de refroidissement fonctionne encore à 20% en dessous de ses
capacités, et ce malgré de nouvelles opérations ayant entraîné la purge de
l'air de la tuyauterie et le remplacement d'un conduit entre les
réservoirs. http://www3.nhk.or.jp/daily/english/19_05.html
- Ces inconvénients n'ont pas
empêché le premier ministre japonais Naoto Kan d'annoncer que la première phase
des opérations était aujourd'hui terminée dans les délais et d’ajouter que
la deuxième phase allait être engagée. http://www3.nhk.or.jp/daily/english/19_24.html
- Greenpeace dénonce cette
démonstration d’autosatisfaction des autorités japonaises Jan
Beránek responsable de la campagne antinucléaire, a précisé que la TEPCO
et le gouvernement japonais avait échoué sur plusieurs objectifs tout en
voulant donner une impression de normalité. Le traitement de l’eau
contaminé, la stabilisation des réacteurs et la transparence dans la
diffusion des informations sont insatisfaisants. http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/07/19/la-crise-de-fukushima-serait-en-voie-de-stabilisation_1550576_3244.html#ens_id=1493262&xtor=RSS-3208
- Le gouvernement devrait
concentrer ses efforts pour assurer la protection de sa population face
aux radiations dans les zones contaminées, et même au delà de la zone des
20 km comme à Fukushima city. La population a besoin d’informations
claires pour décider de son évacuation ou limiter son exposition aux
radiations, précise l’ONG. Les familles avec enfants et femmes enceintes
devraient être déplacées dans des endroits surs, où leurs aliments peuvent
être contrôlés, même dans des zones éloignées des réacteurs de la centrale
Fukushima Daiichi. http://energie-climat.greenpeace.fr/fukushima-dormez-brave-gens-tepco-veille
- Pour confirmer les
inquiétudes de Greenpeace ont peut également voir et diffuser l’appel à
l’aide d’un membre du conseil de la ville de Minamisoma : Kiochi
Ohyama, qui redoute parmi d’autres problèmes liés à la contamination
directe, les pluies hivernales car les principales sources
d’approvisionnement en eau de la ville proviennent des hauteurs fortement
contaminées prés de Iitate. http://www.youtube.com/watch?v=KSvfro1Hwco&feature=youtu.be
- Quand aux possibilités de
décontamination des sols la revue Politis est claire http://www.politis.fr/Fukushima-la-decontamination,14886.html
- NHK World English : Le gouvernement a décidé la suspension des livraisons de viande
de boeuf de Fukushima. Le nombre d’animaux contaminés originaires de cette
préfecture ayant été livrés dans les 35 autres localités administratives
s’élèveraient maintenant à 648. http://www3.nhk.or.jp/daily/english/19_h21.html
- Le ministre de l'Agriculture
Michihiko Kano étend maintenant la demande de contrôle des fourrages pour
le bétail, aux 47 préfectures japonaises.http://www3.nhk.or.jp/daily/english/19_15.html
- Mainichi Daily News : Un agriculteur d’ Osagi situé à 150 km de Fukushima, n’imaginait
pas que la paille de riz qu’il a produite et vendue pour l’alimentation
des bovins, puisse être contaminée, car le vent soufflait vers une autre
direction au moment ou les enceintes des réacteurs ont explosé.http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/national/news/20110719p2a00m0na011000c.html
- Selon l’agence Reuters les
banques japonaises s’inquiètent de la solvabilité de la société
TEPCO, si celle si ne bénéficiait pas d’un plan de sauvetage voté
par le parlement avant le mois de Septembre, date de clôture du premier
semestre d’exercice. Une évaluation des indemnisations pour dommages liés
au nucléaire, n’est toujours arrêtée. http://www.reuters.com/article/2011/07/14/japan-banking-idUSL3E7IE04N20110714
- Le Typhon Ma-on très puissant
et très étendu, a fait deux victimes et risque de toucher Kyoto et Tokyo,
entre le 19 et le 21 Juillet. Mais il passera trop au Sud pour inquiéter
sérieusement les opérations de stabilisation de la centrale de Fukushima
Daiichi. http://yokosonews.com/news/typhoon-ma-on-1106-may-land-on-july-19-20/http://www.nrlmry.navy.mil/htdocs_dyn_pregen_sat/PUBLIC/tc_pages/pages/tc11/WPAC/08W.MA-ON/ssmi/gif/full/Latest.html
20 Juillet
- Today : Le Gouverneur de Tokyo Shintaro Ishihara
critique les souhaits de Naoto Kan d’abandon du nucléaire, propose de
doter son pays de l’arme atomique et ajoute qu’il n’est pas possible de se
séparer du nucléaire civil, en soulignant l’aspect bon marché de ce mode
de production d’électricité, d’après des propos tirés d’un entretien daté
du 15 Juillet. http://www.todayonline.com/World/EDC110720-0000032/Japan-should-have-nuclear-weapons--Tokyo-Governor
- Les Echos : Une 2e rallonge de budget de 2000 milliards de yens (18 milliards
d’ €) à été voté par la chambre basse du parlement japonais, pour la
reconstruction et la résolution de l’accident nucléaire. Résolution qui
devrait être validée par à la majorité des partis de la chambre haute. Ce
budget comprend déjà :
- 800 milliards de yens pour la reconstruction
- 275 milliards pour le traitement de l'accident nucléaire de la centrale
Fukushima Daiichi, l'indemnisation des victimes et les
contrôles de santé pour les résidents des environs.
- 550 milliards supplémentaires seront versés aux autorités locales des
régions ravagées
- 300 milliards de plus sont prévus pour aider les personnes dont la
maison a été détruite ou gravement endommagée par la catastrophe.
http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/afp_00362572-japon-les-deputes-votent-une-2e-rallonge-budgetaire-pour-la-reconstruction-196073.php?xtor=RSS-2053
- The Japan Times online : Suite à l’arrêt d’un réacteur de la centrale d’Ohi, le
gouvernement Fait appel à la bonne volonté des résidents de la région de
Kansai pour diminuer leur consommation électrique. Cette décision de la
KEPCO cumulée à l’arrêt d’une centrale au charbon de la CEPCO ce lundi
(Chugoku Electric Power Co) aura des incidences sur l’Ouest du Japon,
s’est inquiété le secrétaire général du gouvernement Yukio Edano. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nb20110720a2.html
- Séisme : forte réplique
à 10h28 heure locale de magnitude 5,3 à 16 km de profondeur près des côtes
de Fukushima, après 2 jours de relative accalmiehttp://www.japanquakemap.com/week
- Le Typhon Ma-on a ralenti sa
progression, après être passé dans la préfecture de Wakayama, au
centre-ouest de l'île principale de Honshu, vers 9h locales mercredi (2h
heure de Paris), http://www.20minutes.fr/ledirect/760152/japon-typhon-ma-on-passe-sud-pluies-attendues-fukushima
- Qualifié de fort, son œil ne
devrait pas passer au dessus du secteur de Fukushima, sa trajectoire de
retour par le Sud-est vers le centre de l’océan Pacifique étant confirmée.
Les compagnies aériennes japonaises ont annulé jusqu'à une centaine de
vols intérieurs. Des alertes aux fortes pluies et inondations ont été
lancées pour les villes allant d'Okinawa à Fukushima, c’est pourquoi le
personnel de la TEPCO s’est hâté de couvrir le toit du bâtiment turbine de
l’unité 3. Ce toit aurait été percé par des éléments de combustibles usés
lors de l’explosion du bâtiment réacteur. Le colmatage de ces trous a
été rendu nécessaire par la présence d’eau fortement radioactive
dans les fondations et les tranchées voisines, qui pourraient déborder en
cas de fortes pluies. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110720n1.html
- Pour ce travail de couverture
deux des quatre ouvriers, ont reçu des doses de 11 mSv et 12 mSv dépassant
ainsi la prévision initiale qui était de 10 mSv, cet surdose serait due à
une prolongation du temps d’intervention, dixit la TEPCO. http://ex-skf.blogspot.com/2011/07/fukushima-i-nuke-plant-reactor-3_18.html
- NHK World English : une fois la deuxième phase du plan de stabilisation de Fukushima
Daiichi engagée, le gouvernement renforcera les contrôles de radioactivité
et les travaux de décontamination pour faire une estimation des
possibilités de retour dans les zones évacuées.http://www3.nhk.or.jp/daily/english/20_08.html
- Dans sa dernière vidéo Arnie
Gudersen, confirme les recommandations de la NRC (Nuclear Regulatory
Commission : organisme américain ) proposant
une zone d’évacuation de 80 km autour des réacteurs endommagés.
L’ingénieur en chef de Fairwinds Associates précise également qu’il est
important de relever l’origine de la contamination des végétaux au césium
radioactif, afin de réduire les risques de transmission dans la chaine
alimentaire. http://www.youtube.com/watch?v=CMK3LxeJMXU&feature=player_embedded
- Le seuil de 500K becquerels
qui avait été appliqué à Tchernobyl pour décider de l’évacuation des populations,
n’a pas été retenu dans la plupart des secteurs contaminés après le 11
Mars autour de Fukushima. Plus d’informations sur le site animé par Arnie
Gudersen : http://www.fairewinds.com/updates
- Romandie news : après avoir du laisser mourir leur animaux faute de pouvoir les
alimenter les agriculteurs font la dure expérience des restrictions
sanitaires du fait de la contamination. Certains ont des laissez-passer
spéciaux pour entrer dans la zone radioactive afin de continuer à
entretenir leurs troupeaux, même si ceux sont devenus invendables.http://www.romandie.com/news/n/_La_ruine_et_le_desespoir_des_eleveurs_de_Fukushima200720110807.asp
- D’autres s’inquiètent des
répercussions sur tout les produits alimentaires, et sur le coup porté à
l’image des certaines appellations célèbres comme le boeuf de Kobé, comme
nous en fait part Sanjay Gupta de la CNN.http://www.asianweek.com/2011/07/20/fukushima-beef-now-kobe-beef-next/
- Aussi les producteurs de bovins
souhaiteraient que le gouvernement prenne des mesures pour rassurer les
consommateurs. Une centaine d’entre eux, ainsi que des distributeurs de
viande ont été reçus au ministère de l’agriculture pour une séance
d’information. Un distributeur de la province de Fukuoka a souhaité que le
gouvernement fasse intensifier les contrôles pour assurer que seuls des
boeufs sains soient apportés aux consommateurs.http://www3.nhk.or.jp/daily/english/20_35.html
- Yomiuri : La croix rouge japonaise a la lourde de tâche de répartir 23
Milliards de Yens de dons envoyés par les antennes extérieures de la Croix
Rouge et du Croissant rouge. Ces dons appelés « dons de soulagement
de l’outre mer » destinés aux familles éligibles sont constitués de 6
appareils dont un réfrigérateur de 300 litres, une machine à laver, un
four micro-ondes, un appareil pour cuire le riz, une bouilloire de 2
litres et une télévision à écran plat de 32 pouces (80 cm). En plus d’une aide aux sinistrés c’est un véritable
soutient à l’économie japonaise, difficile après ce choix judicieux d’être
économe en électricité. Un choix plus raisonnable aurait constitué à
oublier la TV et à favoriser l’installation de panneaux photovoltaïques et
d’accumulateurs pour animer tout ce petit monde (ndr). Cette distribution a
commencé en Avril et c’est 59700 foyers qui ont été servis, soient deux
tiers du total des ménages sélectionnés. Certaines des victimes du Tsunami
on avoué s’être rééquipé avant d’avoir eu vent de la mesure
providentielle. Les livraisons d’appareils devraient se terminer à la fin
de Septembre.http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T110719005794.htm
- Après avoir été sauvés par
deux fois par les ostréiculteurs japonais ces 40 dernières années, c’est
au tour des français de renvoyer l’ascenseur. Sept tonnes d’équipements
divers pour ferme ostréicole partis de Bretagne et de Charente Maritime
sont arrivés à l’aéroport Narita de Tokyo.http://www.japantoday.com/category/national/view/french-oyster-farmers-return-favor-to-japan
- Le Japan Times évoque ici les incertitudes quand à l’usure des cuves des
réacteurs et leur résistance aux chocs thermiques infligés en cas d’arrêts
d’urgences. Les matériaux devant résister à l’altération de leurs
structures atomiques par les bombardements neutroniques. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110720f1.html
21 Juillet
- Romandie news : à la surprise des économistes, la balance commerciale japonaise
est de nouveau positive depuis le mois de Juin. Les exportations
n’ont été que faiblement impactées par le Tsunami et la catastrophe
nucléaire consécutive. Toutefois les industries doivent diminuer leur
consommation électrique de 15 % du fait de l’arrêt des deux tiers des
réacteurs du pays.http://www.romandie.com/news/n/Japon_la_balance_commerciale_revient_dans_le_vert_3_mois_apres_le_seisme210720110607.asp
- Une économie qui refleurit et
des petites mains qui bourgeonnent, les gitans du nucléaire ne sont pas
une génération spontanée née des milliers de SDF générés pas le Tsunami du
11/03. Depuis le boom du nucléaire des années 1970, les compagnies comme
la TEPCO font appel à eux pour effectuer les tâches les moins qualifiés et
souvent les plus dangereuses.http://www.globalpost.com/dispatch/news/regions/asia-pacific/japan/110719/japan-tsunami-nuclear-power-radiation-workers
Et pour approfondir en français : http://www.mne-pau.org/IMG/pdf/Les_esclaves_du_nucleaire.pdf
- Le ministère des sciences
japonais publie un certain nombre de données montrant que la radioactivité
aérienne est aussi importante dans les 150km que dans les 50km autour de
la centrale nucléaire accidentée. Ces mesures éloignées présentent des
taux de 0.2 à 0.5 micro sieverts /heure.http://www3.nhk.or.jp/daily/english/21_06.html
- The Mainichi Daily
news : Le gouvernement décide de
mettre en place 200 nouveaux points de contrôle des radiations en dehors
de la zone des 20 km autour de Fukushima Daiichi. Ces mesures sont
nécessaires pour découvrir les points chauds disséminés et procéder en
conséquence à de nouvelles mesures de prévention, voire d’évacuation.http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110630p2a00m0na007000c.html
- NHK Word English : La TEPCO à effectué des tests de radioactivité sur 8338 des ses
travailleurs, et il lui en reste 1500 autres à contrôler. Mais 198 d’entre
eux ayant travaillé entre Mars et Avril restent introuvables, ils auraient
été embauchés sans vérification d’identité ce qui constitue une infraction
aux lois anti-terroristes en vigueur. http://www3.nhk.or.jp/daily/english/21_03.html
- Japan today : 1349 animaux ayant été nourris à la paille de riz contaminé,
auraient été vendus à travers 45 des 47 préfectures du pays.http://www.japantoday.com/category/national/view/over-1300-cattle-suspected-of-radiation-contamination-shipped
NHK surrenchéri : http://www3.nhk.or.jp/daily/english/21_37.html
- Face à ces risques sanitaires
le gouvernement japonais a pris la décision de racheter tous les animaux
contaminés et de les incinérer afin de les soustraire à la
commercialisation. D’autres mesures seront prises en amont afin d’éviter
de telles manoeuvres d’urgence. http://www3.nhk.or.jp/daily/english/21_27.html
- Sur les 18 réacteurs en cours
de fonctionnement, deux vont être arrêtés sans perspective de redémarrage.
Un des ces arrêts concerne le réacteur N°4 de la centrale de Takahama dans
la préfecture de Fukui géré par la KEPCO (Kansai Electric Power COmpany)
pour Jeudi. Un autre pour vendredi à la centrale de Ohi et ce pour
vérifications de routine. http://www3.nhk.or.jp/daily/english/21_02.html
- Le Typhon Ma-on s’est éloigné
mais les inquiétudes du fournisseur d’électricité se sont confirmées car
malgré les travaux de couverture, les eaux de pluies sont venues gonfler
les effluents radioactifs présents dans les sous-sols des bâtiments. Le
niveau d’eau présent sous le bâtiment N°4 se serait élevé de 44
centimètres.http://www3.nhk.or.jp/daily/english/21_19.html
- Après s’être étendu sur les
difficultés de mise en oeuvre du système de refroidissement, cet article
traite de la forte probabilité d’un « MELT OUT ». Le mutisme récent de la TEPCO et
certains préparatifs tendent à faire croire que
la compagnie tente de contenir une fuite du corium, par la construction
d’une enceinte souterraine sous les fondations des réacteurs 1 et 3. C’est
une hypothèse évoquée par Monsieur Hiroaki Koide de l’Université de Kyoto.
Issu de l’hebdomadaire FRIDAY et publié par Kodansha, grande société
d'édition au Japon : http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-apres-le-melt-through-le-melt-out-le-corium-attaque-les-nappes-phreatiques-79905647.html
22 Juillet
- NHK World English : Plus que 17, c’est le nombre de réacteurs encore en service au
Japon, parmi ceux arrêtés, 11 devraient voire leur inspection s’achever d’ici
la fin Aout. Mais leur redémarrage reste incertain du fait des tests de
résistance imposés par le gouvernement. Dans le calendrier des entretiens
périodiques (tout les 13 mois), 5 autres doivent être arrêtés d’ici
l’automne, 6 en hiver et 2 au printemps.http://www3.nhk.or.jp/daily/english/22_06.html
- L’agence de sûreté nucléaire
japonaise a en effet réclamé des tests de résistance supplémentaires aux compagnies
d’électricité. A l’aide de simulations par ordinateur, les capacités de
résistance aux séismes, aux tsunamis, et à la perte d’alimentations
auxiliaires vont être évalués, ainsi que les effets combinés de ces
événements naturels. L’efficacité des précédentes mesures vont également
être mises à l’épreuve, tous ces contrôles constituent des prés-requis
indispensables pour valider la remise en activité des réacteurs. http://www3.nhk.or.jp/daily/english/21_30.html
- The Japan Times : En réponse aux prescriptions de sobriété énergétique, soient 10%
à 15% d’économies, les représentants des patrons de la fédération
économique du Kansaï ont soumis une pétition urgente au gouvernement, pour
réclamer le redémarrage des centrales électronucléaires. Ces leaders ont
critiqué Naoto Kan pour son souhait de réduire la dépendance a l’atome,
prétextant que cette décision créait un climat d’instabilité économique,
qui pourrait favoriser les fermetures, voire les délocalisations
d’entreprises. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nb20110722a1.html
- Et pourtant certains secteurs
ne connaissent pas la crise, les prix des compteurs geiger se sont alignés
sur l’implacable règle de l’offre et de la demande, avec dans leur sillage
une baisse de qualité et la suppression des précieuses notices
d’utilisation. http://www.businessweek.com/magazine/japans-sellers-market-in-geiger-counter-07212011.html
- Satsuki Eda, Le ministre de
l'Environnement, a promis de maintenir les engagements du Japon pour la
réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 25% à l’horizon
2020, malgré la crise que traverse le pays. Cette promesse aurait pu être
remise en question car elle s’appuyait sur le recours important à
l’énergie nucléaire accompagnée de la mise en chantier de nouveaux
réacteurs. Eda précise aussi qu’à la lumière des multiples catastrophes
endurées pas son pays, les appels de ses concitoyens à une réorientation
de la politique énergétique se font de plus en plus pressants. Un sondage
récent de Kyodo news démontre que le public place les énergies
renouvelables en tête des sources à privilégier, et le nucléaire en
dernier.http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110722a6.html
- Faut-il faire perdre espoir à
Katsunobu Sakurai Maire de Minami-Soma, qui veut redonner vie à sa
ville ? L’express relate de façon très bouleversante le combat d’un
acharné indissociable de sa terre natale, rendu mondialement célèbre par
une vidéo diffusée sur la toile, mais qui se serait bien passé de cette
notoriété.http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/japon-le-maire-qui-veut-sauver-sa-ville-apres-fukushima_1014216.html
- The Mainichi daily
news : la TEPCO a reconnu son erreur
quand à la gestion de l’accident sur le réacteur N°1. De nombreux défauts
d’interprétations du positionnement des vannes d’évacuation et de lecture
des instruments de mesure, n’ont pas permis aux équipes d’éviter
l’explosion de la structure supérieure du bâtiment. Un rapport de 247
pages détaille également l’enchaînement des événements sur les 5 autres
unités.http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110722p2a00m0na001000c.html
- Bloomberg : succès à Fukushima Daiichi l’alimentation électrique du système de
refroidissement, de la piscine pour combustibles usagés de l’unité N° 3, à
été rétablie. http://www.bloomberg.com/news/2011-07-22/tepco-restores-power-to-cooling-system-for-fukushima-fuel-pool.html
- Bulletin N° 52 de l’Electron libre (page 7/8) : à noter que le 19
Juillet de nombreuses étapes de la 2e phase du plan d’action, ont été
supprimées. Dont l’entretien du refroidissement des puisards, le colmatage
des fuites dans le tore (sous les réacteurs), oublié aussi l’installation
d’un système continu de refroidissement par eau des réacteurs. http://sites.google.com/site/glasnostsurfukushima/home
- Romandie news : La CEPCO (Chubu Electric Power COmpany) va barricader sa centrale
d’ Hamaoka derrière un mur de 18 mètres de haut, et long de 1,6 kilomètre.
Dans le but de protéger d’un tsunami, les 5 réacteurs actuellement à
l’arrêt. Il existe également une forte probabilité de séisme magnitude 8
dans cette zone, information qui n’avait pas échappé au premier ministre
Naoto Kan qui avait exigé, après le 11 Mars, l’arrêt des unités encore en
fonction.http://www.romandie.com/news/n/_Nucleaire_un_mur_antitsunami_de_18_m_de_haut_autour_d_une_centrale_nippone220720111107.asphttp://www.actu-environnement.com/ae/news/tsunami-nucleaire-surete-fukushima-13111.php4
- The Japan Times : relate une essai de décontamination d’un point chaud. Ce sont
10.000 graines de tournesol qui ont été plantées sur 6000 mètres carrés
par une trentaine d’employés. Le but de réduire les 4.43 micro Sv/heure
d’un champ d’Oguraji du district de Fukushima, doit être atteint pour que
les habitants puissent de nouveau admirer en toute sécurité les cerisiers
en fleurs au printemps prochain. L’article ne dit pas si il faudra
renouveler l’opération, ni ce qui va advenir de ces récoltes, et quelles
sont les chances de succès ? http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110722f3.html
- bulletins-electroniques.com : plus prometteuses, des algues permettant la captation de 20
éléments radioactifs différents, sont déjà à l’essai dans les eaux
radioactives du site de Fukushima. Expérimentée par l'université Toho à
Tokyo et par l'université Yamanashi à Kofu, la « Binos » serait
plus efficace que les roches zéolitiques.http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67410.htm
- Daily Yomiuri online : le scandale des boeufs contaminés par du fourrage radioactif
touche toute l’industrie de la viande. Aussi de nombreuses ventes aux
enchères sont annulées. http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T110722004942.html
Le gouvernement a déclaré s’orienter vers des dépistages à l’aide de
compteurs Geiger moins exigeants, pour contenir la panique générée par ces
contaminations.http://english.kyodonews.jp/news/2011/07/104514.html
- Sécurité alimentaire au
Japon : quelques recommandations
éclairées de votre tour opérator, par Mathilde Chevallier. http://www.japonation.com/actualites-japon/les-aliments-sont-ils-contamines-au-japon-11648
- Japan Today : le record de chaleur dans l’archipel nippon (sans équivalent
depuis 1961), combiné à la coupure des climatisations pour cause d’arrêt
des centrales électronucléaires, ont eu des conséquences humaines non négligeables.
13 000 personnes on du être emmenés vers des hôpitaux et 26 d’entre elles
on succombé à la forte chaleur. http://www.japantoday.com/category/national/view/no-of-heatstroke-cases-continues-to-rise
23 Juillet
- Nouveau de séisme de 6.4,
ressenti au large de Miyagi à 01h 34 locale, n’a fait aucun dégât apparent
et n’a déclenché aucune alerte au tsunami, pas plus à Daiichi d’après la
TEPCO. http://www.europe1.fr/International/Fort-seisme-au-Japon-640205/
http://www3.nhk.or.jp/daily/english/23_23.html
- NHK World English : la TEPCO et 23 des ses filiales, vont se réunir en conseil
vendredi prochain, pour lutter contre les tentatives de récupération de
ses chantiers par des groupes criminels mafieux, les fameux Yakusas japonais.
Le chef du conseil, Satoshi Muto, souhaite collaborer étroitement avec la
police, et échanger des informations sur les compagnies mafieuses
susceptibles de proposer leurs services. Comme l’a précisé Yves Lenoir,
les Yakusas sont implantés depuis longtemps dans la sous-traitance des
travaux dangereux et emploient des « burakumins » les exclus de
la société, qu’ils payent un minimum et revendent leur travail au
prix fort aux compagnies d’électricité. http://www3.nhk.or.jp/daily/english/23_20.html
- Asahi.com : un comité employé par le ministère de la santé du travail et des
affaires sociales va devoir statuer sur les risques d’exposition à vie,
aux radiations internes et externes. Le comité va présenter son rapport au
ministère la semaine prochaine. Basé sur des études reprises par l’ICRP
(International Comission of Radiological Protection) qui prennent en
compte ces deux facteurs, contrairement à la commission de sécurité alimentaire
(Food Safety Commission) focalisé sur la contamination par ingestion. http://www.asahi.com/english/TKY201107220493.html
- Nuclear decommissioning
report : Après une première évaluation
qui faisait état de 10%, une nouvelle prise en compte des données
chiffrent à 15% de Tchernobyl, le total des émissions radioactives
rejetées entre le 11 et le 17 Mars 2011. Le refroidissement des réacteurs
et des piscines nécessite l’emploi de 500 tonnes d’eau par jour, qui
viennent s’ajouter aux eaux de pluie. Certaines fuites d’eau présentent de
tels niveaux de radioactivité qu’elles laissent présager de nombreuses
ruptures dans le confinement, une bonne partie échappe à tout contrôle et
s‘échappe dans l’océan. http://www.ndreport.com/fukushima-the-impact-on-policy-industry-and-people/
- Arnie Gundersen de Fairwinds, explique la forte radioactivité présente
dans les fourrages pour animaux, par la dissémination de pluies
radioactives appelées ici « Pluies noires » issues des rejets de
vapeur provoqués par les coeurs fondus des réacteurs. Les travaux de
couverture des réacteurs effectués avec des matériaux légers
témoigneraient d’une volonté de la TEPCO de venir à bout rapidement de ces
rejets. A voir sur ce lien avec la traduction par Hélios du Bistro Bar
Blog, via L’éveil 2011. http://www.centpapiers.com/veritable-etat-de-la-situation-au-japon-video-arnie-gundersen/76913
La vidéo originale de Arnie Gundersen, qui fait un résumé étendu de la
situation à Fukushima. http://vimeo.com/26651670
- Ex-SKF : Nouvelle tentative de réparation du système Kurion/AREVA de
décontamination des eaux de refroidissement. Une évaluation du niveau de
radioactivité doit être menée, avant toute opération pour l’élimination
des boues qui seraient à l’origine de la baisse de débit. La solution va
consister à brancher un tuyau de dérivation pour éviter la section
obstruée. Vous trouverez également par ce lien une photo édifiante de la
fuite évoquée précédemment. http://ex-skf.blogspot.com/2011/07/contaminated-water-treatment-system.html
- France 24 : le festival de Samouraïs de Fukushima est maintenu, avec une
prière particulière dédiée aux disparus des catastrophes de Mars. Les
organisateurs qui ont d’abord pensé annuler le festival, ont malgré tout
supprimé des animations guerrières de la présentation. Chacun des
cavaliers portait un insigne noir de deuil et seulement 80 chevaux on été
présentés au lieu des 500 de l’année précédente.http://www.france24.com/en/20110723-japans-quake-region-holds-samurai-festival
24 Juillet
- Daily Yomiuri Online : Bilan optimiste d’une première série de tests de contamination.http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T110724002608.htm
- NHK World French : la municipalité de Fukushima a mobilisé plus de 3500 employés et
habitants, pour effectuer une expérience de nettoyage sur une voie d’accès
fortement contaminée, proche de maternelles et de collèges, ainsi que sur
une maison. Equipés de nettoyeur haute pression et de brosses, ils ont
également enterré la végétation et retiré la boue des fossés.
- The Mainichi daily
news : les événements ont finalement
donné raison à Sanzo Onoda et aux 400 autres plaignants contre la
construction de la centrale de Fukushima Daiichi. Contrairement à la
décision de la première cour de justice qui les a déboutés en 1984, même
conclusion en appel à la haute cour de Sendaï, et à la cour suprême en
1992. Après 18 ans de lutte devant les tribunaux, quelles devaient être
les pensées d’Onoda quand réfugié dans sa voiture après le tsunami du 11
Mars, les alarmes de la ville de Minamisoma ont retenti, exhortant la
population à évacuer suite à l’explosion du batiment N°1.http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/national/news/20110724p2a00m0na009000c.html
- NHK World English : La TEPCO annonce un record dans le contrôle de la température du
réacteur, une mesure en fond de cuve indique en effet que la température
serait tombée en dessous de 100 degrés, et ce, grâce à l'augmentation de
la quantité d’eau injectée.
- Japan Times : la TEPCO va devoir se joindre à l’état pour verser des indemnités
aux éleveurs pour compenser les pertes liées à la distribution de bœuf
contaminé. Le ministre de l’industrie Banri Kaeida révèle que Naoto Kan a
remis en cause les données fournies par les ministères du commerce, de
l’économie et de l’industrie (METI) sur les capacités de fournitures
électrique. Il a soumis cette réclamation à la «National Policy
Unit », l’équivalent de l’inspection générale des services (?).
Il apparaîtrait que des ressources en électricité d’au moins 1.6 Millions
de kilowattheures, auraient été inexploitées. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110724a4.html
- Ouest-France : témoignage de Kotoé Makino : japonaise installée en France
qui partage l’angoisse de sa famille restée au pays. http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Kotoe-a-vecu-Fukushima-comme-un-tremblement-interieur-_22138-avd-20110722-60947601_actuLocale.Htm
- 20 Minutes : 70 % des japonais favorables à une sortie du nucléaire, suite à
l’accident de Fukushima Daiichi commencé le 11 Mars, et en soutien à
l’appel lancé par Naoto Kan, proposant une sortie progressive du nucléaire.http://www.20minutes.fr/ledirect/761646/70-japonais-sortie-nucleaire
- Destinée à la formation aux
procédures d’urgence, cette animation a été réalisée à la demande du
ministère de l'économie, du commerce et l'industrie à une société d’état,
pour les REB. Réalisée avant le 11 Mars et après 2003 sans précision de
date, prophétique ! http://www.gen4.fr/blog/fukushima/
- Daily Yomiuri Online : un nouveau moyen pour prévoir les tremblements de terre,
supposé par le professeur Kosuke Heki de l’université d’Hokkaido,
chercheur en géophysique qui étudie les variations de densité des
électrons dans l’ionosphère située à 80 000 mètres d’altitude, en
relation avec les variations du champ magnétique terrestre. Ces phénomènes
en haute altitude, détectées par ondes radio, se produiraient 5 à 7 jours
avant les tremblements de terre majeurs.http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T110724002351.htm
25 Juillet
- Deux nouveaux séismes
répertoriés dans la région de Fukushima ce lundi matin (heure JPN)
- 5.1M, profondeur 60km le 25/7/2011 à 00:07 à Miyagi
- 6.2M, profondeur 36km le 25/7/2011 à 03:51 à Fukushima
http://www.jma.go.jp/en/quake/2/20110725040123391-250351.html
Secousses perceptibles sur la vidéo de la centrale à partir de 12’48
http://www.youtube.com/watch?v=Qi_0H4-_iEs&feature=youtu.be
Aucune anomalie constaté après ces nouveaux séismes comme on peu le lire
au bas de ce bulletin d’informations publié par la TEPCO.
http://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/11072503-e.html
- Kyodo news / NHK World
English : La TEPCO toujours sur la
brèche avec le système de décontamination Kurion/AREVA. Dimanche, c’est le
système se trouvant en début de chaîne, dédié au dessalement de l’eau qui
a été stoppé pour plusieurs heures. Pendant ces arrêts de l’eau douce
venant d’un barrage a été utilisée pour le refroidissement, s’ajoutant à
la quantité toujours croissante des eaux à traiter, quand celles-ci ne
s’échappent pas dans l’océan.
http://english.kyodonews.jp/news/2011/07/104810.html
http://www3.nhk.or.jp/daily/english/25_03.html
http://www3.nhk.or.jp/daily/english/25_22.html
- Au regard du désastre que la
population a subit, ils ne s’étaient jusqu’a
présent pas plaint. Mais suite aux montants des rémunérations non
respectées et du fait de conditions de restauration et d’hébergement
précaires (40 par pièces), quelques 1500 ouvriers du bâtiment se sont
réunis dimanche à Tokyo. Certains autres travaillant dans les zones
fortement contaminées ont également fait remarquer qu’ils n’étaient pas
formé au risques liés au travail en zone contaminée.http://www3.nhk.or.jp/daily/english/25_12.html
- Japan Focus : même constat dans ce rapport très complet sur les conditions de
travail en milieu radioactif, et en chaleur extrême rencontré autour de la
centrale de Fukushima. Basé sur des études japonaises et internationales,
ce document délivre de précieuses recommandations pour protéger une main
d’oeuvre mise en avant pour préserver du pire tout une population, déjà
meurtrie par le tsunami.http://japanfocus.org/-Cara-O_Connell/3576
- BBC News Asia Pacific : c’est revêtus de combinaisons, coiffe, gants et masques de
protection que quelques uns des 80 000 évacués de la zone des 20
kilomètres autour de Fukushima on pu commémorer leurs morts pendant près
d’une heure et demi tout au plus. Rassemblés dans des bus, franchissant
les barrages de police et organisés en groupes en fonction de leur
localité d’origine, ils ont pu assister à un office religieux bouddhiste
ou seul le prêtre ne portait pas de protection. Le maire d’Okuma, Toshiami
Watanabe, qui a présidé la cérémonie, songe à sa ville désertée qu’il
espère reconstruire d’ici quelques années quand tout aura été nettoyé...http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-14270736
- Katsunobu Sakurai, maire de
la ville de Minamisoma s’était rendu célèbre par son appel à l’aide sur
youtube. Quatre mois plus tard croyant la centrale de Daiichi maitrisée,
ce dernier appelle ses concitoyens au retour, initiative que dénonce un de
ses conseillers. En effet pour Koichi Ohyama, dont nous avons déjà parlé,
la situation est loin d’être saine et traduit l’inquiétude des autres
résidents : abris temporaires installés dans des zones à forte doses,
bâtiments scolaires provisoires dont le sol n’a pas été traité, pas de
vérification des taux d’irradiation des puits et des produits de
consommation cultivés sur place. Pour Koichi il n’y a pas de retour
envisageable avant qu’ai été établie une
cartographie des radiations de la région, et pris des mesures sérieuses
pour protéger ses concitoyens les plus jeunes.http://fukushima.over-blog.fr/article-i-ll-send-an-sos-to-the-world-i-hope-that-someone-gets-my-message-in-a-bottle-80133024.html
- 20 Minutes : Yukiya Amano directeur de l’AIEA, vêtu d’une combinaison de
protection, est venu sur site, jauger la situation et les employés, pour
estimer dans quelles mesures son organisme pourrait assister l’opérateur
japonais dans ses travaux. Dans un rapport daté de Juin, l’AIEA a critiqué
le japon pour n’avoir pas mis en œuvre la convention d'assistance prévue
en cas d’accident nucléaire. Mais elle a qualifié d’«exemplaire» la
réaction de la TEPCO dans sa gestion de la crise.http://www.20minutes.fr/ledirect/761948/chef-aiea-inspecte-centrale-nucleaire-fukushima
- Europe 1 : conformément au communiqué de vendredi, Yukiya Amano à réitérer
ses déclarations se disant satisfait des progrès réalisés et de
l’enthousiasme des employés à œuvrer pour la mise en sécurité du site.http://www.europe1.fr/International/Fukushima-l-AIEA-satisfaite-du-nettoyage-642751/
- Daily Yomiuri online : la préfecture de Fukushima a décidé d’effectuer des contrôles
réguliers de thyroïdes sur les résidents âgés de moins de 18 ans, soient
360 000 personnes concernées. Ces contrôles auront lieu d’octobre
jusqu'à Mars 2014. Des examens complémentaires de sang et d’urine seront
pratiqués si une anomalie était détectée. Une des personnes faisant
partie de l’équipe chargée des tests a déclaré que «connaitre l’état
(des enfants) de leurs thyroïdes est un élément fondamental pour préserver
leur santé et pour les rassurer». http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T110725003823.htm
- Akio Matsumara :
professeur à l'Université Nihon de Tokyo, diplômé de l’université de Kwansei
Gakuin près de Kobe, Toshio Nishi à également obtenu une maîtrise et un
doctorat de l'Université de Washington à Seattle. Vivant entre Fukushima
et Tokyo, à Palo Alto Chiba, Toshio dresse un bilan sur l’état de son pays
et des mentalités après la catastrophe. Il compare l’étendue des
dispersions radioactives aux discours rassurants et condescendants des
élites de son pays, pour tenter de préserver l’esprit de soumission des
temps féodaux. Toshio renvoie aux dirigeants une image de leurs
compromissions, quand ceux-ci tentent de culpabiliser les populations pour
avoir bénéficié d’une énergie électrique abondante. Il dénonce également
l’absence total de pouvoir de décision des citoyens dans les choix qui on
été fait et qui vont durablement impacter leurs conditions de vie future.http://akiomatsumura.com/2011/07/one-japanese-citizens-view-of-fukushima-anarchy.html
- Dans une vidéo édifiante les
habitants de Fukushima city mettent leur gouvernement local au pied du
mur, et démontrent la manière honteuse avec laquelle ils sont considérés. http://www.youtube.com/watch?v=rVuGwc9dlhQ&feature=player_embedded
- Traités d’hystériques les
parents inquiets se voient imposer la nourriture des cantines que l’on
sait contaminée à la place des paniers repas qu’ils préparent pour leurs
enfants. Les agences officielles japonaises parlent de «catastrophe
médiatique» l’heure est à la censure des médias internet comme facebook et
tweeter, de faux profils diffusent des informations erronées et livrent
une véritable guerre à tout les lanceurs d’alerte. Mais la colère d’un
peuple pourtant discret monte, le courage l’emporte contre le mépris, des
voix s’élèvent, des gens témoignent à visage découvert, plaintes et
pétitions affluent.http://www.bloc.com/article/societe/sujets-d-actualite/fukushima-gouvernement-jap-assassine-sa-population-2011-07-25.html
- The Mainichi daily
news : revient sur les hésitations de
début de crise, quand le gouvernement à proposé de relever les limites
d’exposition à 500 milli sieverts. Cette limite ne sera pas adoptée mais
les hésitations entre ministères révèlent l’état d’anxiété dans lequel les
décisions ont été prises.http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/national/news/20110725p2a00m0na009000c.html
26 Juillet
- Romandie news : échange
de points de vue entre Yukiya Amano directeur de l’AIEA et Naoto Kan
premier ministre japonais.http://www.romandie.com/news/n/_L_electricite_d_origine_nucleaire_va_croitre_malgre_Fukushima_260720110707.asp
http://www3.nhk.or.jp/nhkworld/french/top/news01.html
- The Independent Asia : Mr “Watanabee” le pseudonyme d’un jeune célibataire, employé de
la TEPCO est prêt à se sacrifier pour permettre de terminer les travaux
sur Fukushima, qu’importent pour lui les risques il se considère comme un
Kamikaze des temps modernes. Tim Mousseau un biologiste de l’université de
Caroline du Sud, ayant déjà dix ans de recherches dans la zone irradiée de
Tchernobyl, est arrivé dans la préfecture de Fukushima. Tim a déclaré que
dans cette préfecture peuplée de 2 millions d’âmes il y aura des impacts
significatifs à long terme sur la santé des habitants du fait d’une
exposition prolongée.http://www.independent.co.uk/news/world/asia/a-young-man-sacrificing-his-future-to-shut-down-fukushima-2325952.html
- Un groupe de travail de la
Commission de la sûreté alimentaire, affirme dans son rapport publié mardi
qu’une dose cumulée de radiations externes ou par ingestion, pendant une
vie ne doit pas dépasser 100 milli sieverts, sous peine d’accroître les
risques de cancer ou d’autres maladies radio induites. Il est également
question, dans ce document de la vulnérabilité des enfants, toutefois ce
groupe se décharge de fixer des normes par manque de recherches sur les
sujets jeunes.http://www3.nhk.or.jp/nhkworld/french/top/news03.html
- Bloomberg : 2600 bovins auraient été, à ce jour contaminés par le fourrage.
Michihiko Kano Ministre de l'Agriculture, tente de se justifier en notant
que le cas de ces expéditions de fourrage depuis les secteurs irradiés,
n’avait pas été envisagé. Aeon Co une grande chaîne de supermarchés,
aurait distribué par mégarde 4108 kilos de boeuf suspecté de
contamination, dans 174 de ses magasins à travers le pays. Les produits de
la mer sont aussi source d’inquiétude après que des tests, effectués par la
compagnie TEPCO on révélés des taux de 30 fois la norme admise, en césium
134. Les tests se font sur la base du volontariat, et sont laissés aux
bons soins des responsables locaux. Des épinards, des champignons, des
pousses de bambou, du thé, du lait, des prunes et des poissons ont été
trouvés contaminés en césium et en iode jusqu’a
360 km de Daiichi. http://www.bloomberg.com/news/2011-07-24/threat-to-japanese-food-chain-multiplies-as-cesium-contamination-spreads.html
- NHK World English : Après que sa réparation ait été terminée, le célèbre marché aux
enchères de thon de Tsukiji à Tokyo a rouvert ses portes aux touristes.
Fonctionnaires du gouvernement et touristes se réjouissent de cette
réouverture. Quid des taux de césium évoqués dans l’article
précédent ?http://www3.nhk.or.jp/daily/english/26_14.html
- The Citizen : inquiétudes à Dar es Salaam, le gouvernement a alerté les
consommateurs sur les risques concernant les poissons provenant du Japon,
un échantillon de maquereaux à été saisi pour tests par un organisme
tanzanien (TDFA), qui va poursuivre ses investigations en collaboration
avec un organisme japonais de réfrigération de produits de la pêche
(JFFIC)http://thecitizen.co.tz/component/content/article/37-tanzania-top-news-story/13151-fear-as-suspect-japan-fish-enters-dar-market.html
- Bloomberg : un groupe de 1860 scientifiques de la société océanographique
japonaise demande au gouvernement la publication de données plus ténues
sur les taux de contamination enregistrés en mer. 68 espèces de poissons
et d’animaux marins examinés présentent des taux excessifs de
contamination.http://www.bloomberg.com/news/2011-07-26/japanese-scientists-push-for-more-radiation-tests-to-assess-seafood-risks.html
- NHK World English : les premiers éléments du système SARRY (Simplified Active water
Retrieve and RecoverY system) mis au point par Toshiba, et qui doit
fonctionner dés le début du mois d’août, sont arrivés à la centrale de
Fukushima Daiichi. Deux autres cargaisons sont attendues prochainement. Ce
système doit épauler l’équipement Kurion/AREVA déficient. http://www3.nhk.or.jp/daily/english/26_05.html
- NHK : Vidéo du 5 juillet montrant la couverture d’un réacteur en cours
de construction dans un site portuaire à 50 km de la centrale, et sa
future installation en 3D. http://www.youtube.com/watch?v=apRSEwJJLt8&feature=related
- Reuters : des images des travaux autour et à l’intérieur de la centrale de
F-Daiichi.http://www.reuters.com/news/pictures/slideshow?articleId=USRTR2KAAL#a=1
- Agora Vox : commence par expliquer clairement ce qu’est un corium et les
périls que les trois cœurs en
fusion de Fukushima Daiichi peuvent encore nous réserver. Puis le média
fait un bilan des événements depuis le 11 Mars.http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/on-a-retrouve-le-corium-de-98117
- Los Angeles Times : Lady Gaga et pléthores de célébrités volent au secours du
tourisme Tokyoïte et de la saison estivale déjà bien entamée. Des voyages
de promotion ont déjà été organisés ainsi que des campagnes
d’ «informations» pour rassurer les touristes. http://www.latimes.com/business/la-fi-0726-japan-tourism-20110726,0,4135634.story
- Jersey City, NJ : une loi aurait été promulguée autorisant la police et les
fournisseurs d’accès internet et de télécommunications, à supprimer toute
information contraire aux informations officielles et à révéler les
coordonnées des clients susceptibles d’avoir transmis ces messages. http://www.examiner.com/civil-rights-in-jersey-city/japan-passes-law-to-cleanse-internet-of-bad-fukushima-radiation-news
- The Mainichi daily
news : Un colloque avec pour thème les
centrales nucléaires et les médias, s’est tenu à
Tokyo le 19 Juillet. La question des réactions du public face aux
événements liés à la centrale électronucléaire de Fukushima Daiichi a été
abordée, ainsi que celle du libre arbitre des journalistes. Si la
population souhaite un retour rapide à la normale, et tend à oublier ce
désastre, il est tout de même acquis que pour la majorité le recours à
l’énergie nucléaire est devenu beaucoup trop risqué, et souhaite que le
gouvernement change d’orientation. Public qui pourrait se montrer méfiant
à l’égard des médias, qui n’ont pas relaté les faits avec une totale
impartialité, et se seraient montrés complaisant avec annonceurs et
industriels.http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/national/news/20110726p2a00m0na003000c.html
- Remerciements des habitants
de Miyagi aux militaires américains qui ont déployé les gros moyens pour
venir en aide aux sinistrés et leur apporter des produits de première
nécessité.http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/national/news/20110726p2g00m0dm001000c.html
30 Juillet
- Des pluies torrentielles
s’abattent sur le Nord du Japon, les préfectures de Niigata Fukushima sont
fortement touchées, avec des niveaux de précipitations de 650 mm dans
certaines parties de Fukushima et jusqu’a plus de 1 m dans Niigata. Des
ordres d’évacuation ont été diffusés dans 21 municipalités, pour au moins
400 000 habitants. Inondations, vents violents et éboulements sont le
nouveau lot des japonais, avec pour conséquences des coupures de courant,
des destructions de logements, de voies de communication, et déjà
plusieurs disparus.
http://www.tdg.ch/actu/monde/inondations-japon-premier-mort-300000-deplaces-2011-07-30
http://mdn.mainichi.jp/photojournal/graph/photojournal/2.html
http://www.lefigaro.fr/international/2011/07/30/01003-20110730DIMWWW00323-la-region-de-fukushima-frappee-par-des-inondations.php
http://www.vosflux.tv/id/tsr_le_journal_en_continu___sequences_choisies___pluies_diluviennes_au_japon_4831846
- SMH.com AU : Rapporte aussi que Tokyo est touchée par les inondations, et 180
000 personnes sont appelées à évacuer la capitale et ses environs, les
forces d’auto défense sont mobilisées pour la recherche des disparus et le
secours au personnes piégées par les eaux. http://www.smh.com.au/environment/water-issues/japan-feels-another-cruel-blow-of-nature-20110730-1i5ci.html
- Ce tableau bien sombre ne
serait pas complet sans un nouveau séisme de 6.4 à 3h 54mn, proche de Fukushima,
ressenti dans les provinces voisines d'Hokkaido, Tohoku, Chubu, et Kanto.
Son épicentre devait se trouver à 40 km des côtes, pas de tsunami annoncé. http://www.lematin.ch/actu/monde/seisme-de-magnitude-64-dans-la-prefecture-de-fukushima
- Japan Times : Le président de l’AIEA,
Yukiya Amano réprimande la TEPCO pour l’absence de réponse à ses dernières
demandes d’informations. Alors que l’AIEA avait offert sa collaboration
pour les travaux à Daiichi, le TEPCO est restée muette à ses injonctions. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110730a9.html
- Asahi.com : contrairement à ses premiers résultats d’analyse, la TEPCO
insiste sur le fait que le séisme du 11 Mars n’a pas endommagé les tuyaux
du système de refroidissement d’urgence du réacteur N°3. Le système HPCI
doit assurer le noyage des barres de combustible en cas d’accident, après
la récente analyse sur site aucune rupture de tuyauterie n’a été
constatée.http://www.asahi.com/english/TKY201107290339.html
- La TEPCO présente un compte
rendu du rapport de la dosimétrie de son personnel qu’elle a déjà fournit
au ministère de la santé et du travail. Les doses sont présentées par
catégories d’exposition : interne ou externe, et par tranche de
niveaux d’exposition. Ce qui donne : pour plus de 100mS (milli
Sieverts) : 1 personne ; entre 50mS et 100mS : 15 personnes ; entre
50mS et 20mS : 17 personnes. Ce sont seulement les données de Mars et
Avril, et 440 travailleurs restent encore à contrôler. http://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/11072917-e.html
- ENENews : les relevés atmosphériques effectués dans les bâtiments 1, 2 et
3, par la compagnie TEPCO devrait lui permettre de localiser les éléments
combustibles fondus à l’intérieur des réacteurs. Chaque heure ce serait
près de 1 Milliard de Becquerels qui s’échappent dans l’environnement. http://enenews.com/nhk-tepco-doesnt-melted-fuel-reactors-actual-level-radioactive-particles-being-released-about-start-checking
- Ecologie blog Le Monde : Franck Bigot de l’IRSN dresse un bilan d’étape sur la situation
de la centrale accidentée. Le refroidissement des réacteurs est assuré en
circuit fermé, ce qui n’est pas le cas de la piscine du bâtiment N°4. Le
système de décontamination des eaux traiterait 1000 m3 d’eau par jour,
mais il reste jusqu'a 100 000 tonnes d’eau radioactive sous les bâtiments.
Couverture des toits éventrés, injection d’azote et saupoudrage de
produits fixant, décontamination et stockage des boues... soit encore 10
ou 20 ans de travaux.http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/07/29/a-fukushima-encore-100-000-tonnes-deau-contaminee-a-traiter/#xtor=RSS-3208
- Daily Yomiyuri online : un total de120 000 tonnes de boues et de cendres radioactives ont
été recueillies dans les stations d’épuration des préfectures de Tokyo,
Miyagi, Yamagata, Fukushima et Shizuoka. Le gouvernement central prévoit
de traiter ces résidus en trois catégories distinctes. Confinement dans
des enceintes étanches pour ceux dont le taux est supérieur à 100k
Becquerels par kilo en césium, ceux entre 100k et 8k Bq /kilo en césium
devront être traités par des installations spécialisées, ceux en dessous
de 8k Bq /kilo en césium pourront être enterrés. Ces directives ne
résolvent pas les problèmes de stockage dans certaines municipalités en
manque d’espace, il a par ailleurs été détecté des niveaux records de 446k
Bq /kilo. Le gouvernement et le Parti démocrate du Japon s’apprêtent à
donner un cadre légal aux initiatives de traitement de ces résidus.
http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T110729006250.htm
http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T110731002898.htm
http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T110731002780.htm
- Asahi.com : lors d’un symposium en août 2007, l’agence de sûreté nucléaire
japonaise, La NISA, (Nuclear & Industrial Safety Agency) aurait
sollicité la CEPCO (Chubu Electric Power Co) pour rassembler les
participants favorables au nucléaire, afin d’influer sur les décisions. Mais
la CEPCO dément toute implication dans cette tentative de prise d’intérêt,
et précise que les choix ont été définis avec réserve et sans pression sur
les participants. L’approbation du chargement en MOX du réacteur N°4 de la
centrale d’Hamaoka était en jeu.http://www.asahi.com/english/TKY201107290330.html
- Safecast : depuis le 11 Mars de nombreuses heures de vidéos Youtube et des comptes
Twitter traitant de la catastrophe nucléaire à Fukushima, de manière
défavorable à la TEPCO auraient été supprimées. Le ministère de la justice
a fait passer une loi pour le contrôle des médias Internet. Pour se donner
les moyens des ses ambitions le METI (ministère de l’économie, du commerce
et de l’industrie) à lancé un appel d’offres. Le cahier des charges
demande un contrôle 24h/24 des comptes Twitter traitant des questions du
nucléaire et des radiations, afin de corriger les informations «erronées
ou inappropriées», et de tenir un registre des comptes Internet et mots
clés utilisés pendant ces communications.http://blog.safecast.org/2011/07/japan-govt/
- De nombreux producteurs et
transformateurs de produits bio de Fukushima
s’inquiètent des conséquences des contaminations, un boulanger doit se
fournir en farine à l’extérieur de la préfecture, un riziculteur espère
éliminer la contamination de ses parcelles en plantant des tournesols. Un
éleveur espère aussi sauver de l’incinération ses 300 vaches laitières. http://www.youtube.com/watch?v=BvIhzKlDLgo&feature=youtu.be
- Clubic.com : les dessins de Jean-Paul Nishi évoquent de manière humoristique
les sujets brûlants de l’actualité japonaise. Il est aussi question ici de
l’arrivée sur le marché d’un modèle de dosimètre compact et moins onéreux
répondant à la demande croissante. Les inquiétudes de la population quand
à l’alimentation amènent le narrateur à faire la promotion de systèmes de
traçabilité. Technique qui ne résout pas globalement le problème des
aliments contaminés, qu’a cela ne tienne on nous propose aussi de nous
nourrir grâce aux cultures hydroponiques, encore appelées usines à légumes
ou tout est propre car sous contrôle.http://www.clubic.com/humour-informatique-geek/live-japon/actualite-438116-live-japon-radioactivite-stimule-recherche.html
- Daily Yomiyuri online : le tourisme est en chute libre à Fukushima, plus de 687 000
réservations ont été annulées dans la préfecture abritant la centrale
endommagée. En revanche les voyages scolaires vers l’extérieur ont
considérablement augmentés par rapport aux autres années, passant de 1% à
5% des visiteurs. le «Comité de Conciliation des différents pour
l'indemnisation des dommages nucléaires» à décider d’indemniser ces
annulations, gageant qu’elle étaient la cause de la désinformation. Mais
le montant n’a pas été établi...http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T110728007246.htm
- Nikkei.com / Mainichi daily
news : la ville de Soma se voit
offrir 250 000 US dollars de dons pour l’implantation d’une station
photovoltaïque par Tesla Motors Inc. C’est Elon Musk le fondateur de
PayPal, et défenseur des énergies renouvelables face au nucléaire, qui est
a l’origine de cette offre. Musk dénonce également le manque de soutien
financier du gouvernement envers de tels projets.
http://e.nikkei.com/e/fr/tnks/Nni20110729D29JFA05.htm
http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110730p2g00m0dm011000c.html
- Ouest France : une délégation d’élus rennais se sont rendus au Japon et on fait
les 350km qui séparent Tokyo de Sendaï en Shikansen (TGV nippon) pour
manifester et apporter leur soutien concret à la ville meurtrie et boudée
par les officiels. La municipalité se Sendaï, jumelée à Rennes, s’est vu
offrir 247 000 € de dons recueillis par des associations bretonnes, pour
la réhabilitation de ses installations scolaires et sociales. Nous avions
aussi déjà parlé des ostréiculteurs qui ont envoyé 7 tonnes de matériel
professionnel pour relancer un projet de transplantation de naissains (cf
notre chronique du mercredi 20 juillet et le lien ci-dessous) *, d’autres
échanges entre les deux villes sont également prévus pour les prochains
mois.http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-De-retour-de-Sendai-des-Rennais-temoignent-_-1886485------35238-aud_actu.Htm
* http://www.japantoday.com/category/national/view/french-oyster-farmers-return-favor-to-japan
31 juillet
- RTB.be info : 1700 personnes se sont rassemblées, ce dimanche, dans la capitale
régionale de Fukushima pour réclamer la fin de l’énergie nucléaire. C’est
le Congrès du Japon Contre les Bombes Atomiques et à Hydrogènes, qui a
initié cette action. Habitué à protester contre les armes nucléaires,
Koichi Kawano, survivant de la bombe qui a touché Nagasaki, avoue la
faiblesse passée de son mouvement à dénoncer les dangers du nucléaire
civil.http://www.rtbf.be/info/monde/detail_manifestations-pour-exiger-la-fin-du-nucleaire-a-fukushima?id=6531313
- NHK World french : Le premier ministre Naoto Kan, reproche à l'Agence japonaise de
sûreté nucléaire et industrielle (NISA) d’avoir tenter de faire pression,
par l’intermédiaire de la compagnie CEPCO, sur les décisions pour
promouvoir le nucléaire plutôt que de prendre des mesures pour en assurer
la sécurité. Cf l’article de Asahi.com au 30 Juillet. http://www.asahi.com/english/TKY201107290330.html
- NHK World english : environ une centaine d’avocats vont être assignés aux médiations,
entre parties civiles et gouvernement pour régler les différents liés à la
catastrophe nucléaire. Une trentaine de juristes supplémentaires vont être
chargés d’analyser les demandes d’indemnisation et les points de
désaccord. Pour Yuichi Kaido, le secrétaire général de la fédération,
c’est une organisation sans précédent pour traiter rapidement et
équitablement un nombre aussi important de demandes.http://www3.nhk.or.jp/daily/english/31_05.html
- NHK World english : la TEPCO va effectuer un test de fonctionnement du système
refroidissement en circuit fermé, dans la piscine de combustibles usagés
du bâtiment N°4. Cette piscine contenant 1535 barres de combustibles,
avait vu un de ses murs de soutènement endommagé par l’explosion
d’hydrogène du 15 Mars dernier. Ce mur a depuis été renforcé avec des
pilasses en acier. Un système similaire fonctionne sur les piscines des
réacteurs N°2 et N°3, et la TEPCO projette de faire également un test du
système refroidissement sur le réacteur N°1 pour début août.http://www3.nhk.or.jp/daily/english/31_03.html
Facebook : Quelques photos des travaux de consolidation du mur
endommagéhttp://www.facebook.com/photo.php?fbid=263126250367827&set=a.248704061810046.80074.232255093454943&type=1&theater
- L’électron libre : la lettre d’information évoque les conséquences du déluge qui
vient de frapper la région de Fukushima. Une coupure d’électricité a
également interrompu les systèmes de refroidissement dans les unités
3 et 4, à cause d’une erreur de montage... Les niveaux d’eau dans les
sous-sols, les conditions des décisions d’évacuation, et la crédibilité
des remèdes à la contamination sont également au menu. http://sites.google.com/site/glasnostsurfukushima/home
- CRI Online : d ‘après une publication du bureau national des affaires
océaniques de Chine les eaux situés à l’est et au sud-est de Fukushima
présentent des traces de Césium 137, 134 et de strontium 90 dans tout les
échantillons relevés, avec taux atteignant jusqu’a 300 fois pour le césium
et 10 fois pour le strontium celui des niveaux naturels. Cette mission à
surveillé 25km2 d’eau et va poursuive la publication des
résultats de ses tests.http://french.cri.cn/781/2011/07/31/302s249813.htm
- Safecast : Un bénévole témoigne, après l’avoir attendu pendant un mois il
est satisfait de son nouveau compteur Geiger, l’Inspector un appareil made
in USA est plus précis et plus fiable que ceux importés de Chine.
Embarqué, ce compteur lui permet de dresser des cartes de contamination
autour de Fukushima, les relevés sont enregistrés, ce qui lui permet
d’éviter les secteurs déjà contrôlés. Finalement les officiels de
Fukushima ont employé la même méthode embarquée pour effectuer ces
relevés, même si elles tardent à être publiées ses informations sont
vitales pour une population qui vit dans l’incertitude et a besoin de
prendre des décisions en toute connaissance de cause. http://blog.safecast.org/2011/07/report-by-a-safecast-volunteer-ms-s-h-in-fukushima-city/
- Asahi.com : vivant à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima,
Hisayuki Sakagami a du longtemps passer pour un marginal. Générant
l’électricité de son foyer avec de petites éoliennes et des panneaux
photovoltaïques, il passe désormais pour un précurseur éclairé et a assuré
bénévolement l’installation de panneaux solaires dans un centre
d’hébergement. Après le 11 Mars il avait du quitter sa maison, construite
en forêt, il est maintenant à la recherche d’un nouvel endroit sain pour
élever ses deux enfants de 2 et 4 ans.http://www.asahi.com/english/TKY201107300235.html
- Daily Yomiyuri online : le gouvernement va devoir faire face à une forte demande en
électricité cet hiver, mais confirme sa ligne de dénucléarisation et
n’autorisera les redémarrages de réacteurs que sous les conditions de
sécurité validée par les stress tests. Ces redémarrages devront aussi
faire face aux réticences locales. Le gouvernement compte principalement
sur la sobriété des particuliers et sur la fourniture d’électricité par
des installations privées. Même si certains organismes brandissent des
risques de délocalisations d’entreprises et de chômage.http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T110730003257.htm
- Japan Today : du boeuf contaminé à été servi dans 52 écoles à travers la ville
de Gifu, situé au Sud-ouest de Tokyo. Ce sont 23000 boulettes de
viandes distribuées, faites à partir de 14 bêtes, dont une répertorié comme
contaminée. Les parents d’élèves ont été assurés par le conseil de la
santé scolaire, du niveau faible de la contamination présente dans ces
aliments.http://www.japantoday.com/category/national/view/contaminated-beef-served-in-gifu-school-lunches
- Daily Yomiyuri online : dans la préfecture de Miyagi, ce sont 900 éleveurs ayant en
charge 47000 têtes de bétail qui s’inquiètent pour leur avenir. Dans
l’immédiat ils ne savent que faire de leurs animaux engraissés et qui
auraient déjà dû être commercialisés, certains pensent abandonner
l’élevage.http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T110731002904.htm
Chronologie - Août
1er Aout
- Actualité météoconsult : C’est un super typhon qui a frappé le Japon ce dimanche. De
catégorie 5 sur une échelle de 5, «Muifa» a soufflé à 300 km/h levant une
houle importante, il se dirigerait maintenant au Sud vers Okinawa, mais sa
trajectoire reste encore imprévisible.http://actualite.meteoconsult.fr/actualite/meteo/muifa---super-typhon-au-large-du-japon_13234_2011-07-31.php
- Kyodo news : nouveau séisme de magnitude 6,4 prés de Shizuoka, légère montée
des eaux attendue par l’agence météorologique. Rectifié à 5,9 le séisme à
été évalué à 7 prés des municipalités de Higashiizu, Shizuoka et Yaizu, et
à 4 prés des préfectures de Kanagawa, Yamanashi, Nagano et Shizuoka.http://english.kyodonews.jp/news/2011/08/106540.html
- 10 Sv /h -Dix Sieverts par
heure entre les bâtiments 1 et 2
dans des débris, c’est le relevé qui a été effectué récemment sans plus
d’explication pour l’instant sur l’origine du «hot spot». De tels niveaux
n’ont été atteints qu’à proximité réacteurs quelques temps après le début
de la catastrophe, quand les barres combustibles venaient de commencer à
fondre.
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/08/01/niveau-record-de-radiations-mesure-a-fukushima_1555109_3216.html
http://www.facebook.com/photo.php?fbid=263536033660182&set=a.263535960326856.82993.232255093454943&type=1&theater
- Le petit journal de la TEPCO
présente le détail des opérations du jour avec des travaux de transfert
d’eau à l’unité No 6, ses résultats d’analyse de l’air, et l’eau de mer en
divers endroits du site. Mais aussi l’arrivée du système SARRY qui devrait
palier aux défaillances du système de décontamination Kurion/AREVA.
http://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/11080101-e.html
http://bit.ly/p3NFQH
http://bit.ly/omAqpy
http://bit.ly/ngUTcw
- NHK World english : les niveaux de césium relevés dans l’eau de mer près du réacteur
No 3 n’ont pas augmenté, le niveaux en césium 134 et 137 dépassent
respectivement la norme 22 et 17 fois. Ce qui confirme une décrue, le
césium 134 atteignait 20000 fois la norme en mai. Prés du No 2 l’iode 131
n’est plus détectée alors qu’elle dépassait 7,5
millions de fois la limite en Avril. Au vu de ces résultats la TEPCO
conclut que les fuites d’eau radioactive diminuent.http://www3.nhk.or.jp/daily/english/01_01.html
- La TEPCO a également prévu
dans son plan de mise en sécurité, la construction d’un mur bouclier pour
empêcher les eaux radioactives de se déverser dans l’océan. Sur cette
ébauche il est prévu que ce mur face front aux quatre bâtiments réacteurs
et descende à trente mètres de profondeur pour atteindre une couche de
terrain imperméable. http://www.facebook.com/photo.php?fbid=263677413646044&set=a.263336700346782.82950.232255093454943&type=1&theater
- NHK World english : les préfectures de Chiba et Tochigi vont procéder à des tests de
radiations sur leurs riz avant commercialisation. Situées entre Tokyo et
Fukushima ces préfectures sont les premières à annoncer des tests sur
leurs récoltes. La préfecture de Tochigi souhaite contrôler toutes ses
parcelles avant la récolte qui commence en Septembre. http://www3.nhk.or.jp/daily/english/01_12.html
- Japan Times : les interdictions de commercialisation de boeuf s’étendent
désormais à la préfecture d’Iwate, située sur la cote Nord-est, avant
dernière préfecture avant la septentrionale Hokkaido. Cette mesure a été
prise suite au contrôle positif de six bovins, soient plus de 500
Becquerels par kilo. Toutefois cette interdiction pourrait être suspendue
si de nouvelles mesures étaient conformes à la norme sanitaire en vigueur. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110801x1.html
- The Mainichi daily news : peu de perspectives s’offrent aux pêcheurs sinistrés, sur les 12
ports que comptait Onagawa, seuls 7 on été proposés pour un plan de
reconstruction. Les fermes d’algues wakamé font l’objet de plus
d’attention et ont bénéficié de plus de levées de fond pour assurer leur
redémarrage et de bonnes récoltes la saison venue.http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/national/news/20110801p2a00m0na009000c.html
- Japan today : Yoshitaka Narita est le mieux placé pour parler de la crise de
confiance envers le sushi, le marché à diminué de 50% après l’accident de
Fukushima, actuellement il est encore de 30% inférieur à avant.
L’entrepreneur de 54 ans fait confiance au gouvernement pour effectuer les
contrôles nécessaires sur tout les poissons vendus au marché de Tsukiji.
Pour David Brenner, directeur au Centre de l'Université de Columbia pour
la recherche radiologique à New York, les risques sont faibles car dilués
dans l’immensité des océans, c’est plutôt près de la côte et dans les
rivières qu’il y a danger immédiat. Mais ces risques vont s’exprimer sur
le long terme avec des doses qui mêmes faibles vont s’accumuler d’années
en années dans les organismes, difficiles à appréhender pour les invétérés
gourmets de poissons du marché de Tsukiji. http://www.japantoday.com/category/national/view/sushi-industry-hurting-from-radiation-scare
- TFRinfo.ch : présente un reportage d’investigation sur la zone chaude de
Fukushima, suivant des agriculteurs qui viennent ravitailler leurs
troupeaux dont l’abattage avait été programmé, les journalistes suisses
s’aventurent dans le village de Namié qui a été abandonné sans même
attendre l’ordre des autorités, plus loin on aperçoit les cheminées de la
centrale à 3 km. http://www.tsr.ch/video/info/journal-19h30/3300320-le-grand-format-reportage-dans-la-zone-interdite-de-la-centrale-nucleaire-accidentee-de-fukushima.html#id=3300320
- The Mainichi daily news : le parti democrate japonais (DPJ) veut clarifier la législation
en matière de responsabilités partagées entre l’état et les fournisseurs
d’électricité, initiative qui fait l’unanimité au sein des autre partis approuvant
la révision de textes vieux de 50 ans basés sur le mythe d’un nucléaire
sûr. Seul le président du DPJ et également premier ministre Naoto Kan
désapprouve, expédie ces révisions en voulant rejeter toute la faute sur
la TEPCO, contrairement au projet de loi qui inclut des conditions de
sauvegarde de l’opérateur.http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/national/news/20110801p2a00m0na019000c.html
- Asahi.com : en 1984 le ministère des affaires étrangères avait imaginé une
attaque sur les centrales nucléaires, et simulé les pires scénarios. De la
perte d’alimentation du circuit de refroidissement à la rupture de
l’enceinte de confinement par une bombe guidée directement vers le coeur
du réacteur. Une estimation fait état de 18000 morts, d’un rayon rendu
inhabitable allant de 30 à 87 km autour de l’installation endommagée. Ce
rapport est resté confidentiel et n’a pas été transmis au premier
ministre, par crainte de fuites susceptibles de réveiller les velléités
anti-nucléaires. http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201108015118
2 Aout
- Les journalistes Takashi
Hirose and Shojiro Akashi ont déclaré avoir engagé des poursuites pénales
contre 32 personnes, incluant des cadres de la TEPCO, les ministres de
l'éducation, des sports, des sciences et technologies, et les conseillers
à Fukushima, en gestion de santé et risques radiologiques, dont Mr
Shunichi Yamashita. Ils les accusent d’avoir désinformé leurs concitoyens
et fait prendre de gros risques aux enfants. En réponse à une question
d’un participant, l'un des journalistes rappelle également que les mesures
des taux de Strontium 90 rejetés en mer ne sont pas effectuées par la
TEPCO, contrairement au césium 134 et 137.
- Le poisson péché au large de
Fukushima est vendu à l’ouest du pays à l’insu des acheteurs. http://www.youtube.com/watch?v=wt1p-tftdaU
- Actualités news environnement
: suite à la découverte d’une émanation
radioactive à 10 Sieverts /heure sur une conduite entre les bâtiments 1 et
2, le fournisseur d’électricité s’est mis en quête d’autres points chauds
susceptibles de mettre en danger ses employés. Cette conduite aurait
permis à des gaz hautement radioactifs de s’échapper du coeur du réacteur
après que celui-ci ai commencé à fondre, dès les premières heures qui ont
suivi le tremblement de terre et le tsunami du 11 Mars dernier. http://www.actualites-news-environnement.com/26926-radiation-Fukushima.html
- NHK World english : une source de radiation à 5 Sieverts par heure a également été
détectée dans une pièce au deuxième étage du bâtiment réacteur N°1. La
TEPCO explique ce niveau par le fait que des tuyaux traversant cette
pièce, ont servi à la ventilation de matières
radioactives du réacteur le 12 Mars.http://www3.nhk.or.jp/daily/english/02_32.html
- Toujours à Fukushima Daiichi,
la TEPCO a également déclaré avoir trouvé, samedi, 700 tonnes d’eau
fortement radioactive dans les sous-sols, près de l’installation de
stockage d’eau contaminée. Des niveaux élevés de césium 134 et 137,
atteignant respectivement 19k Becquerels et 22k Bq ont été mesurés dans
cette eau.
- NewScientist : le récent séisme de 6,1, ressentit lundi près de Shizuoka a
rappelé les craintes de l’opérateur de la centrale d’Hamaoka situé à 40km
de l’épicentre. Lors de ce séisme la centrale n’a bougé que de 40 à 50cm
par seconde (Gal), hors elle ne s’arrête automatiquement qu’à partir de
120 Gal et est construite pour supporter jusqu'a 300 Gal. Situé sur deux
importantes failles sismiques, Naoto Kan premier ministre, avait exigé
l’arrêt de cette centrale après le 11 Mars dernier, alors qu’après un
séisme de 6,4 en août 2009, des équipements ont été endommagés et les
réacteurs 4 et 5 arrêtés.http://www.newscientist.com/blogs/shortsharpscience/2011/08/japan-earthquake-gently-rocks.html
- NHK World french : la NISA (agence de sûreté de l’industrie et du nucléaire) est une
nouvelle fois mise en cause dans une affaire de trafic d’influence, lors
d’un moratoire public sur le nucléaire dans la préfecture d’Ehime. C’est
un ex-chef de département de la NISA qui a fait cette révélation,
impliquant la compagnie d’électricité du Shikoku qui a mobilisé pour la
cause ses retraités et des employés des ses filiales, auxquels ont été
fournis des questionnaires et des arguments types.
- The Mainichi daily
news : la NISA réprimande la TEPCO
pour des négligences dans la gestion de son personnel. Incapable de
retrouver 180 employés pour effectuer des contrôles de dosimétrie,
l’opérateur s’est également vu reprocher d’avoir engagé des employés avec
une simple photocopie du permis de conduire en guise de contrôle.
Dangereuse brèche dans les règles de sécurité encadrant le nucléaire
permettant principalement d’éviter les vols de matières sensibles telles
l’uranium ou le plutonium.http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/national/news/20110802p2g00m0dm012000c.html
- The Mainichi daily
news : le ministre chargé de la
crise nucléaire Goshi Hosono, a annoncé que d’importants travaux de
décontamination allaient commencer, en Septembre, à l’intérieur de la zone
d’exclusion des 20 km, pour préparer le retour des personnes évacuées. Le
ministre a ajouté que le savoir-faire acquis lors de tests permettait de
lancer ces opérations sur une plus grande échelle.http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/national/news/20110802p2g00m0dm010000c.html
- The Mainichi daily news : une station de mesure de la radioactivité à été implanté à
Fukushima par une organisation indépendante, elle draine de nombreuses
personnes insatisfaites des contrôles effectués par le gouvernement, quand
il y en a. C’est en réaction aux informations de Mr Shunichi Yamashita,
spécialiste patenté du gouvernement, défendant l’innocuité de doses
inférieures à 100 milli Sieverts, que le groupe de volontaires à l’origine
de cette initiative ont pour objectif de former désormais un organisme à
l’image de la CRIIRAD française. Ils ont également diffusé des journaux
dans 35 sites différents de Fukushima, tirés à 100 000 exemplaires, ils
renseignent sur les moyens de se prémunir des radiations et
contaminations.http://mdn.mainichi.jp/features/news/20110802p2g00m0fe093000c.html
- la Croix.com : la contestation monte au Japon, «82 % des Japonais, toutes
générations confondues, ont déclaré dans un sondage pour le Tokyo Shimbun
souhaiter sortir du nucléaire», des critiques contre le gouvernement
s’expriment de façon plus ouvertes et plus violentes. Les japonais ont
réalisé grâce aux médias étrangers l’ampleur de la catastrophe nucléaire
et les taux réels de contamination d’une partie de leur territoire. Le
commencement de la fin d’année de lobbying pour tenter d’annihiler tout
pensée contestataire. http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/La-defiance-du-nucleaire-prend-de-l-ampleur-au-Japon-_EG_-2011-08-02-695165
- NHK World english : l’université d’ Hiroshima va créer un comité d’une quarantaine de
chercheurs pour effectuer une étude centrée sur les effets des faibles
doses de radioactivité sur la santé. Ce comité va étudier trois thèmes,
effets de l’exposition aux faibles doses sur les gènes, réponses médicales
aux expositions internes et expositions en cas d’urgences, et soutien à
une enquête de santé menée par la préfecture de Fukushima. l’université
déclare ne pas avoir de données sur les expositions en dessous de 100
milli Sieverts.http://www3.nhk.or.jp/daily/english/03_02.html
- Yves Lenoir par un contact en
Suisse, nous rapporte les vidéos du professeur Kodama, avec des
sous-titres en Anglais, première traduction des originaux en japonais. Note: en cliquant sur CC en bas à droite du lecteur on peut
choisir une traduction en français. Sans discréditer pour
autant l’initiative de l’université d’Hiroshima, ne devrait-elle pas
écouter les invectives du professeur Kodama, nées de ses longues
années passées à étudier les faibles doses en question ? (ndr).
1re partie : http://www.youtube.com/watch?v=Dlf4gOvzxYc&feature=share
2e partie : http://www.youtube.com/watch?v=mDlEOmcALwQ
Ou textes en français sur bistro bar blog, transmis par Sabin Li.
http://bistrobarblog.blogspot.com/2011/07/politiciens-du-japon-que-faites-vous-13.html
http://bistrobarblog.blogspot.com/2011/07/politiciens-du-japon-que-faites-vous-23.html
http://bistrobarblog.blogspot.com/2011/07/politiciens-du-japon-que-faites-vous-33.html
- EX-SKF : dans la région du Tôhoku (nord du Japon comprenant Fukushima)
certaines petites annonces paraissent bien énigmatiques. Le tarif horaire
attractif, l’absence de précisions sur les compétences requises, sur le
lieu de travail, et la petite formation de 2 jours, laissent à penser à un
recrutement sauvage de la sous traitance à plusieurs degrés, des
dangereuses besognes pratiquées par le TEPCO. Avis aux amateurs. http://ex-skf.blogspot.com/2011/08/wanted-20-healthy-males-who-want-over.html
- The Japan Times online : les objectifs d’économie d’énergies ont été atteints pour le mois
de Juillet. A la demande du gouvernement, les particuliers et les
industries étaient sollicités pour réduire leur consommation électrique de
15% pour éviter un éventuel «black-out » dans la région de Tokyo (le
Kanto). la TEPCO à précisé que cela à été rendu
possible grâce à un mois de Juillet plus frais et aux initiatives des
constructeurs automobiles qui ont déplacé les planning de leurs activités
vers les jours où la consommation était plus faible. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110802a7.html
- Asahi.com : les estimations de consommation d’électricité commandés par le
gouvernement, pour la région couverte par la TEPCO, auraient été
surestimées de 20%. En conséquences les demandes d’économie d’énergies de
l’ordre de 15% faites aux usagers auraient été trop importantes voire
inutiles. La TEPCO base ses chiffres sur la consommation des ménages dans
des maisons individuelles plutôt que sur des habitations collectives moins
gourmandes, et conserverait le secret sur ses données par peur de la
concurrence.http://www.asahi.com/english/TKY201108010185.html
3 août
- La Grande-Bretagne ferme son usine de Mox à
Sellefield. Cette usine avait comme principal client les compagnies d'électricité
japonaises. Le Mox (mélange uranium-plutonium) était présent dans le
réacteur n°3 de Fukushima a titre expérimental. Il provoque une pollution
pire que le combustible uranium en cas d'accident.
4 août
- TEPCO annonce vouloir couler une chape de plomb là où
la radioactivité a été mesurée à plus de 10 Sv/h. Seuls des robots peuvent
effectuer ce travail.
- Trois hauts responsables du nucléaire sont remerciés
par le gouvernement japonais.
- L'Autorité de Sûreté nucléaire française autorise la
centrale de Cruas à relâcher de l'eau dans le Rhône à une température plus
élevée que normale, sécheresse oblige. Normalement, si le débit du Rhône
descend en-dessous du 500 m3/s, la centrale devrait être arrêtée. La
dérogation baisse le seuil à 350 m3/s.
5 août
- Le gouvernement allemand lance un appel d'offres pour
la construction de 10 000 MW en éolien offshore dans la mer Baltique. Ces
éoliennes fonctionneront avant 2020.
6 août
- A l'occasion de la commémoration des bombardements
d'Hiroshima et Nagasaki, les discours au Japon ont
tous fait le lien avec Fukushima pour demander le renoncement au nucléaire
militaire et civil. Naoto Kan, le premier ministre, a une nouvelle fois
demandé une sortie du nucléaire tout comme les maires d'Hiroshima et de
Nagasaki. La plupart des quotidiens japonais titrent sur la sortie du
nucléaire.
8 août
- La Chine annonce la mise en route d'un réacteur à
Lingao. La propagande se vante que cela équivaut à économiser en charbon
l'équivalent C02 de 300 000 hectares de forêt. Le Réseau Sortir du
nucléaire rappelle que la zone interdire autour de Tchernobyl a détruit 66
fois plus de surfaces en forêt !
- TEPCO annonce une perte record de 5 milliards d'euros pour
le 2e trimestre 2011. Un quart de cette somme a été utilisé sur le site de
Fukushima, le reste du déficit provient des dédommagements versés aux
victimes.
- L'ONU vole au secours du nucléaire : Ban Ki-Moon,
secrétaire national de l'ONU, en visite au Japon, a estimé sur la chaîne
de télévision NHK que la sortie du nucléaire pour le Japon n'est pas
évidente. Il a cru bon d'affirmer que le nucléaire restait un moyen
efficace de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.
9 août
- Areva voit sa note baisser à BBB+ par les agences de
notation en bourse.
- Selon les autorités de la ville de Fukushima, seuls
300 enfants ont quitté les écoles depuis l'accident… ce qui indique que
seulement un millier de personnes (sur 300 000) ont quitté la ville… alors
que plus de 60 % souhaitent le faire.
10 août
- 19h22 : nouveau tremblement de terre de magnitude 6,0
à quelques kilomètres de la centrale de Fukushima.
11 août
- Cela fait maintenant cinq mois que les réacteurs 1, 2
et 3 de Fukushima échappent à tout contrôle, que la piscine du réacteur
n°4 est refroidie sans cesse. La radioactivité sur le site est toujours
intense et s'amplifie. A défaut de pouvoir arrêter quoi que ce soit, TEPCO
annonce la mise en place de chapiteaux sur les réacteurs pour confiner la
radioactivité sur place. Le gouvernement japonais n'a toujours pas pris la
mesure de l'accident. Des millions de personnes vivent en zone hautement
contaminée. Le gouvernement a publié une carte avec 500 000 mesures. Les
associations indépendants publient aussi leurs
propres mesures… qui presque systématiquement sont plus élevées que les
officielles. La pollution maritime a maintenant touché les côtes de Chine
et de Russie…
12 août
- La préfecture de Fukushima annonce que les cours de recréation
de 584 écoles maternelles, primaires ou secondaires ont été nettoyées en
profondeur… mais se demande que faire des 180 000 m3 de sols contaminés
ainsi récupérés.
- Le gouvernement veut dresser une carte précise de la
contamination pour connaître les zones évacuées qui pourraient être
décontaminées et réoccupées et les zones éloignées qu'il faudrait évacuer.
La gestion de ce travail serait confié… à TEPCO !
Un conflit d'intérêt évident.
13 août
- Le Monde rappelle
que les interdictions de produits alimentaires sont nombreuses au Japon et
que certaines interdictions de cueillette de champignons vont jusqu'à 360
km de la centrale.
- En France, le Ministère de la Santé annonce le
renouvellement des stocks de comprimés d'iode. La France en dispose de 110
millions… au cas où. Mais, en cas d'accident, l'iode ne protège (au mieux)
que de l'iode radioactif, pas des autres radionucléides libérés.
14 août
- La télévision NHK annonce qu'une étude
rendue publique par une équipe de l'Université d'Hiroshima sur 1149 enfants
vivant dans la préfecture de Fukushima montre que la moitié d'entre eux
avaient fixé de l'iode radioactive dans leur thyroïde fin mars 2011, dans
les jours qui ont suivi l'accident. Les taux seraient toutefois restés
inférieurs à ce qui est estimé nécessaire pour déclencher un cancer.
16 août
- Le gouvernement japonais annonce la création de silos
géants dans la zone contaminée pour y stocker les sols contaminés au fur
et à mesure qu'ils seront collectés. Ces silos devront ensuite être
surveillés jusqu'à la fin de la radioactivité (donc dans quelques milliers
d'années).
- Le gouvernement japonais annonce la mise en place
d'une étude épidémiologique portant sur 20 000 femmes enceintes au moment
de l'accident et sur la santé de leurs bébés.
- Après de nombreuses défaillances, TEPCO annonce la
suspension du système de recyclage des eaux radioactives mis en place
depuis le 17 juin, le temps de mettre en place une nouvelle technique.
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